09.02.2010
don't fuck with me
Ce concours est génial.
Excellente idée qui va aussi faire découvrir plein de nouvelles intéressantes sur le thème Rock.
Bravo !
Philippe MARCADE à propos du concours de nouvelles ROCK
Ici, Philippe MARCADE avec son groupe Les Senders:
21:46 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : senders, philippe marcade, rock
04.02.2010
Luc Baranger, écrivain rock
S'il existe un écrivain qui parle de rock et dont les romans sont immergés dans cette musique, c'est bien Luc BARANGER.
Pour Café Castor, il a accepté de répondre de chez lui, au Québec.

Dans Backstage, on retrouve Stevie Ray Vaughan, Johnny Winter, John Fogerty, Alvin Lee ou encore Rory Gallagher. Si c'est pas du rock, qu'est-ce qu'il vous faut ?
Dans A l'est d'Eddy, je revisite la mort de Presley.
Le personnage principal de Tupelo Mississippi Flash (Gallimard), c'est Chuck Berry ! (Les dialogues sont en cajun, car j'ai longtemps vécu en Louisiane.)
J'ai été le parolier de Paul Personne et j'ai travaillé sur le 7ème album de Nico Wayne Toussaint sorti fin 2009.
Chaque mois j'écris une nouvelle rock pour l'émission de mon chum Dan Behrman sur Radio Canada, parce que suis canadien, mais dans une vie antérieure j'étais français, et même mineur de fond dans les mines d'ardoise de Trélazé, dans le Maine & Loire. Bosser à 16 ans par 500 mètres de fond, ça vous aide à comprendre l'âme du blues.
J'ai traduit une quarantaine de romans américains et tout dernièrement (c'est sorti en France il y a 15 jours) le superbe Edson, du guitariste compositeur Bill Morrissey, dont Dylan dit qu'il est l'un de ses compositeurs préférés. J'ai aussi traduit Les Roses du Pardon de Steve Earle, grosse pointure du rock U.S. et écrivain très talentueux.
Dans mon roman En Données corrigées des Variations saisonnières, on retrouve tout le gratin du rock des années 60 à 80.
C.C : Pourquoi est-ce important que dans tes romans, les musiciens apparaissent sous leur propre identité ?
L.B: On ne sait parler que de ce qu'on connaît. J'ai découvert le blues à l'âge de 7 ou 8 ans, au cinéma, à cause de l'illustration musicale d'un documentaire sur la Louisiane. J'ai eu une espèce de révélation. J'avais trouvé mon rythme, celui de toute une vie. Du blues au rock, le pas était facile à franchir. The blues had a baby and they called him rock'n'roll. En Angleterre j'étais roadie du Steve Gibbons Band, à mon sens le meilleur band de blues rock de tous les temps. Puis il a eu la rencontre avec Cale (que personne ne connaissait alors, mais preuve qu'à 21 ans j'avais pas des goûts de chiotte vu qu'il est devenu culte). Quand on a baigné dans cet univers, c'est assez facile d'en parler. Mais je n'ai jamais voulu mettre l'accent sur l'aspect "rock star défoncée et déglinguée du matin au soir", celui des étoiles filantes qui se shootent à l'année longue. Moi je n'ai connu que des besogneux, que des gars qui travaillaient leur instrument 6 heures par jour. Parce qu'il n'y a pas de secret pour devenir bon et le rester. C'est d'eux que je parle, des gars comme Fogerty ou Johnny Winter (que je vais revoir le mois prochain à Montréal).
C.C: Qui pourrait-être ton « fantôme du présent » comme pour Henri-John Lemesurier, le personnage de ton roman « En données corrigées des Variations saisonnières » ?
L.B: Ce roman, ce fantôme est tout simplement un jeune gars qui ressemble physiquement comme deux gouttes à Lemesurier, mais avec 25 ans de moins au compteur. Même Lemesurier voit la ressemblance. Et comme ce jeune gars tourne autour de sa blonde, Lemesurier devient jaloux. Il connaît la fin de l'histoire. Il choisit de disparaître à la manière du chanteur de Joy Division, c'est-à-dire en transformant son suicide en meurtre.
C.C: C'est quoi écrire rock pour toi ?
L.B: Ce sont les autres qui disent que j'ai une écriture rock'n'roll, moi j'ai la prétention de faire de la littérature (j'ai jamais dit que j'y arrivais), j'écris des romans où l'histoire n'a aucune importance. On en met une pour faire plaisir au lecteur. La littérature, c'est la musique des mots et rien d'autre. Le plus grand des écrivains rock, Céline, disait : "Des histoires, vous voulez des histoires ? Eh ben achetez le journal !" Le plus grand des auteurs qui savent écrire sur l'univers du rock, c'est mon chum Michel Embareck, l'ex rédac-chef de Best, le gars qu'a organisé le premier concert des Sex Pistols à Paris, un soir de Noël, chez Marc Zermati. Michel aurait pu faire préfet, il est sorti major de promo de Sciences Po, mais il a préféré le rock et le blues. Personne ne lui arrive à la cheville, question littérature, en France. C'est un immense écrivain. Je vous mets au défi de trouver quelqu'un qui écrit mieux que lui, tous genres confondus. Son dernier roman, Les Anges Sauvages, est une pure merveille. Là, vous allez découvrir une foule de musiciens américains qui remplissent les salles, ici, chez moi, en Amérique du Nord, mais dont personne ne parle en France.
Pour répondre à ta question, je crois que ça consiste quand même à faire tomber le lecteur dans un univers en moins de trois phrases. Illustration par l'exemple, quelques intros de certaines de mes nouvelles ou romans :
Elvis ? Je l'ai connu. Surtout après sa mort, quand il se baguenaudait au petit bonheur la chance, du Rio Grande aux Grands Lacs, au volant d'une Cadillac Deville à vitres teintées, en compagnie de cette blonde peroxydée de Linda Kurtovitch. (tu vois ? ça swingue et ça dépayse en moins de deux, tu comprends ce que je veux dire par "venir chercher le lecteur et l'emmener dans mon monde" ?)
* * *
À droite comme à gauche, à perte de vue, la route 466 n'offrait que l'image d'un long ruban rectiligne, anthracite et fumant, qui équatoriait l'infini désertique. Vers l'ouest, drapée d'un dégradé de bleus, la sierra flageolait mollement dans la touffeur que reflétaient le sable et la caillasse. L'air était si suffocant que les crotales y regardaient à deux fois avant d'aller serpenter à leurs petites affaires.
* * *
Il y a une semaine, dans la blancheur cadavérique d'une chambre d'hôpital réservée aux VIP's, mon patron est mort des suites d'un suicide carabiné. (c'est une nouvelle sur la mort de Lowel George, l'ex leader de Little Feat)
* * *
Avez-vous remarqué comment un simple mot de trois lettres : oui, non, peut radicalement modifier la trajectoire d'une vie ? Celle de Théodore Berneix par exemple, dont la destinée, un certain jour, ne tint qu'au maigre fil d'une réponse à peine réfléchie.
* * *
Tout a commencé il y a quelques années, à la manière d'un cancer jubilatoire dont on apprend qu'il s'est généralisé lorsque les sourcils du mandarin, décoré de l'ordre du stéthoscope, prennent la forme d'un accent circonflexe en découvrant toute l'étendue du mal.
* * *
Mes rapports avec les femmes ont été faussés dès ma naissance, à commencer par ceux avec celle qui m'a donné la vie. Et par ricochet la mort, car c'est là un aspect implacable des choses qu'on oublie trop souvent.
C.C:Quels conseils donnerez- tu aux jeunes générations d'écrivains souhaitant écrire une nouvelle rock ?
L.B: Aucun. J'ai déjà de la misère à faire ce que je fais, faudrait être ben ben prétentieux pour donner des conseils
15:07 Publié dans Le café lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luc, baranger, luc baranger
03.02.2010
Au fait, c'est quoi écrire sur le Rock ?
Au fait, c'est quoi écrire sur le Rock ?
Ci- joint un extrait du livre de François Bon "Bob Dylan, une biographie"
Écrire sur le rock n'induit pas de particularité obligatoire pour l'écriture : complexité d'autant plus rude à saisir qu'elle paraît abrupte, doit être traitée dans son mouvement, son surgissement, ses à-peu-près. Juste, qu'on autorise l'écriture : par exemple, à intégrer en elle du bruit. Aimer qu'une syntaxe affleure disloquée, aimer qu'une phrase soit en distorsion. Puis rupture rapide. Prendre temps d'accumuler de la lourdeur.

22:07 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : définition de l'écriture rock selon f.bon
01.02.2010
François Bon évoque Bob Dylan
22:34 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois bon, bob dylan
29.01.2010
Salinger Vs Lennon
Salinger (1919-2010) est mort à 91 ans. Le fantôme s'est évaporé.

Son oeuvre phare, Catchers in the Rye, traduit en français par L'attrape coeur, a accompagné des générations d'ex adolescents tout particulièrement après guerre.
Une fois de plus, les liens entre rock et littérature se croisent.
Mark David Chapman l'a lu et relu, toute la journée du 8 décembre 1980 lorsqu'il attendait John Lennon. Celui-ci venait de dédicacer le livre de Salinger quelques heures plus tôt lorsqu'il fut assasiné.
Selon l'auteur du crime, Mark David Chapman, la plus grande partie de lui "est Holden Caulfield. L'autre doit être le diable."
C'est le nom du personnage de ce livre qui a inspiré le groupe Holden pour choisir son nom.
13:58 Publié dans Le café lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salinger, lennon, john, attrape coeur
27.01.2010
1er salon du livre de musique en Bretagne
L'équipe du Café Castor participe à la première édition du Salon de Livre de Musique les 28, 29 et 30 mai 2010 à Lorient (56).
Au programme cafés-littéraires, conférences, dîners-concerts, lectures accompagnées, concert.
Seront présents entre autres écrivains, Pierre Mikailoff, Philippe Manoeuvre, Olivier Cachin ou Gilles Verlant.
Pensez à réservez la date sur vos agendas !
Lien vers le site du salon pour y découvrir programme et invités
13:50 Publié dans Le café lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lorient, salon, livre, musique, salon du livre de musique, larmor plage, rock, philippe manoeuvre, manoeuvre, philippe
18.01.2010
Pourquoi je n’arrive pas à écrire une nouvelle rock ?
Depuis 20 ans, la commune de Voisins-le-Bretonneux, dans les Yvelines, a souhaité qu’un service de prévention municipale accompagne des jeunes dans leur adolescence : le service Accueil Jeunes intervient auprès 10/ 25 ans soit individuellement, soit collectivement.
Après un démarrage, lent pour certaines, fulgurent pour une autre (elle a déjà écrit 3 textes), elles commencent à trouver leur rythme. Nous avons eu aussi recours à l’aide des médiathèques du Pavé du Canal et J. Rousselot, qui nous ont concocté des listes de livres, de BD, de musique…
Afin de mieux comprendre les obstacles qu’elles ont rencontrés, certaines ont pris leur plume pour vous l’expliquer.
20:10 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voisins-le-bretonneux, yvelines, écriture, rock
16.01.2010
Au delà de l'Avenue D
Un nouvel encouragement qui fait chaud au coeur à propos du concours de nouvelles ROCK:
Ce concours est génial.
Excellente idée qui va aussi faire découvrir plein de nouvelles intéressantes sur le thème Rock.
Bravo !
Philippe MARCADE
20:09 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, rock, nouvelles, livre, livres, philippe, marcade
07.11.2009
Affiche du concours de nouvelles ROCK 2009/2010
Xavier Guillaumin est né le 11/04/1977 à Paris, vit et travaille à Brest depuis 1998.
La peinture de cet artiste est très liée à la pratique de la vidéo et de la photographie. Fasciné par le pouvoir et ses codes de représentation, l'autoritarisme et les mécanismes d'aliénation, il détourne volontiers des images d'actualités en brouillant les sens d'interprétations et y projette avec humour une vision personnelle dans des séries telles que "la réponse sociale" ou "combat industriel".
Bassiste au sein du groupe Mnemotechnic, programmé aux Transmusicales 2009, il en assurera la tournée avec un passage le 13 novembre 2009 à Brest (La Carène).
21:08 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : affiche, concours, nouvelles, rock
05.10.2009
Ecrire pourquoi ?
Ce matin, à propos d'un procès et d'un témoin (le général Rondot), le journaliste a employé le terme "graphomane" décrivant la facheuse manie d'un gradé du renseignement de tout noter, compulsivement. Et de m'interroger sur l'intérêt de tout ça. Ecrire pour quoi ? Pour soi? Pour les autres? Etre lu ? Se relire ? Témoigner ? Exister ?

Et si l'écriture se suffisait à elle-même, comme un moyen de coucher sur le papier, de manière ordonnée ou non, le moment. Le figer, l'enfermer entre des pages ou une clef USB. Si le simple plaisir des crépitements du clavier, du crissement de la plume sur le papier blanc n'appelait pas de suite: une publication, une mise en ligne. Ecrire comme on collectionne les moments. Comme un collectionneur qui n'a de plaisir que dans la quête et qui, une fois son butin amassé, n'en a que faire.
Chaque année, le vide-grenier de ma ville permet de se recueillir sur les livres en fin de vie, les best-sellers qui n'interessent plus personne, les livres pour enfants qui vieillissent, les auteurs démodés, les couvertures aux couleurs passées, les tranches jaunies, les bords cornés. Est-ce cela le destin de ces paroles qui ne veulent pas s'envoler et qui encombrent nos étagères et prennent la poussière du temps ? L'éternité des mots couchés sur papier blanc n'existe plus. Pas plus que celle des pages qui encombrent Internet, tous ces écrivains qui discourent comme moi, à longueur de blogs, et qui au final, sous une apparence communautaire, ne s'interesse qu'à eux. C'est à dire à personne.
Alors, une fois balayées les notions de partage, de gloire et d'éternité, la question se pose de nouveau: écrire pourquoi ? Et finalement, se dire qu'on ne se pose pas la question du pourquoi nous respirons, du pourquoi nous mangeons. C'est naturel. A moins que cela ne soit qu'une facheuse et perverse manie de ... graphomane.
16:50 Publié dans Discussions de comptoir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ecrire pourquoi ?
26.09.2009
Vincent Message, les veilleurs

Vincent Message est né en 1983. Il est normalien et enseigne la littérature comparée à Paris 8. Il propose avec les Veilleurs (Seuil) son premier roman: un pavé de plus de 600 pages qui nous entraîne dans les dérives psychologiques d'un assassin, Oscar Nexus.
Son crime ? Avoir abattu froidement et à bout portant, dans la rue, 3 personnes puis s'être endormi à leur côté. Qui est-il ? Quels sont les mobiles de son crime ? Est-ce un crime politique comme le soupçonne le gouverneur Drake ?
Alors que Nexus est resté muet durant son procès, l'association d'un officier de police, Rilviero, et d'un médecin, Tramfreud, va reprendre l'enquête et tenter de comprendre l'assassin.
Etait-il conscient ? A-t-il été manipulé ? Pour cela, ils s'enferment dans un bâtiment de pierre à l'architecture audacieuse, perdu dans les hauteurs montagneuses. Rilviero et Tamfreud observent Nexus, l'isolent puis l'écoutent et découvrent un monde parallèle, celui des rêves, de Seabra. Le récit est alors fait de méandres. La psychanalyse, l'investigation et le rêve se mélangent. Et rendent cette lecture parfois ardue.
L'intrigue progressivement devient secondaire et on se perd dans la description d'un monde parallèle. Nexus est-il un affabulateur, un manipulateur ? Les chapitres composés de ses monologues intérieurs sont à la fois dérangeants et fascinants. C’est sans doute un moyen pour l’auteur d’inciter le lecteur à s’identifier à l’assassin et d’ainsi l’impliquer dans le récit.
Jusqu'où le policier et le médecin sont-ils prêts à aller pour mener à bien leur mission ?
J’ai erré dans ce livre, m’y suis perdu, parfois ennuyé tout en reconnaissant l’érudition de son auteur et la maîtrise d’une intrigue qui n’a pas peur de dévier sans cesse. Il m’a fallu me concentrer, relire certaines phrases dont le sens m’avait échappé à la première lecture, me motiver à continuer d’avancer dans ce récit. Et au final, le sentiment bizarre d’être entré dans un univers, d’avoir partagé avec l’auteur ses visions, déliré avec lui sans trop savoir pourquoi, le simple plaisir de la lecture s’était perdu dans les méandres du récit. Ce sentiment bizarre est peut être celui du rêve.
Les librairies Virgin et le magazine Lire ont primés ce livre à l'atmosphère parfois proche d'un film de David Lynch.
Extrait :
À en croire la très bonne parole, il faut que je sois fou. Ils ont réfléchi toute la nuit derrière des portes closes, et maintenant que la fatigue a fini par les mettre d'accord, ils peuvent le dire sans aucun risque de se tromper: c'est ça. L'un d'eux monte au créneau pour défendre cette position. Le pauvre est mal barré. Pour rien au monde je n'échangerais nos places. Il se racle la gorge, toussote d'un air qu'il voudrait compétent. Moi je regarde l'auditoire et les filets de salive suspendus à ses lèvres. Du coup le diagnostic m'échappe, ou peut-être je n'y comprends rien, et la Juge doit lui demander d'articuler encore une fois. Alors, en détachant mieux les syllabes : perpétuité. Après qu'il a lâché ce mot, son visage pris de vertige se décompose ; il se retourne vers ses collègues, guettant un signe d'approbation, mais les autres ont disparu dans leurs cols de chemise et ne sont plus en état de hocher la tête. Il se met à chercher un appui dans la salle, un point quelconque où fixer son regard ; il ne trouve pas ; partout le bois travaille et bouge, les lattes craquent sous le poids de ceux qui sont morts. Il s'égare plusieurs heures, puis ajoute d'une voix qui me paraît manquer de conviction : «Car s'il est difficile de juger de la personnalité de l'accusé ou des raisons de son acte, étant donné sa mauvaise volonté évidente et son refus de coopérer avec la justice, les faits du moins sont clairement établis. »
On en revient donc aux faits : je me suis trouvé mêlé à une affaire de meurtre. Par un beau matin de février, un peu froid mais lumineux, je suis descendu dans la rue armé d'un pistolet et j'ai tué trois personnes. C'étaient apparemment des gens que je ne connaissais pas, et qui ne m'avaient rien demandé. Ils étaient des êtres humains, moi aussi peut-être, et ça ne se passait pas trop mal.
18:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vincent message, les veilleurs, critique, livre
21.09.2009
Jon Krakauer – into the wild

Sous-titré « voyage au bout de la solitude », ce récit tente de comprendre pourquoi Christopher Mac Candless, jeune étudiant talentueux, quitte son entourage, change de nom, fait don de ses 24 000 dollars d’économie et prend la route un beau matin. Après des mois d’errance à travers les grands espaces américains, il abandonne sa voiture, brule ses derniers dollars, fait du stop et s’enfonce dans une région vierge et inhabitée d’Alaska où il vivra quatre mois de solitude et de survie avant de s’éteindre d’inanition.
Etait-ce un geste fou, une bravade naïve contre un avenir tracé et des parents conformistes ? Quelles étaient ses motivations ? Krakauer puise dans sa propre expérience d’aventurier de l’extrême pour tenter d’apporter quelques lumières.
L’extrait suivant résume sa philosophie.
Le « super clochard » comme il se surnomme, écrit à un compagnon de route de 81 ans rencontré au hasard de son périple.
Salut Ron,
Ici Alex. Ça fait maintenant presque deux semaines que je travaille ici, à Carthage, dans le Dakota du Sud. Je suis arrivé trois jours après que nous nous sommes quittés à Grand Junction dans le Colorado. J'espère que tu as pu retourner à Salton City sans trop de problèmes. J'aime beaucoup travailler ici et tout se passe bien. Le temps n 'est pas mauvais, beaucoup de journées sont étonnamment douces. Certains fermiers vont même déjà sur leurs champs. Il doit commencer à faire plutôt chaud actuellement dans le sud de la Californie. Je me demande s'il y a une chance que tu sois sorti pour aller voir combien de gens se sont rassemblés pour l’Arc-en-ciel du 20 mars aux sources chaudes. Ils ont dû bien s'amuser, mais je ne pense pas que tu comprennes vraiment ce genre de personnes
Je ne vais pas rester très longtemps dans le Dakota du Sud. Mon ami Wayne veut que je continu à travailler sur le silo à céréales pendant tout le mois de mai et qu’ensuite je parte moissonner avec lui tout l'été. Mais mon âme est tournée toute entière vers mon odyssée en Alaska et j'espère me mettre en route avant le 15 avril. Cela veut dire que je vais partit bientôt. Il faudrait que tu réexpédies le courrier que j'ai pu recevoir à l'adresse indiquée plus bas.
Ron, j'ai vraiment apprécié l'aide que tu m'as apportée et le temps que nous avons passé ensemble J'espère que tu ne seras pas trop déprimé par notre séparation. Il peut s'écouler beaucoup de temps avant que nous nous revoyions. Mais si je sors en un seul morceau de ce pari en Alaska, tu auras de mes nouvelles. J'aimerais te redonner ce conseil encore une fois : je pense que tu devrais changer radicalement ton style de vie et te mettre à faire courageusement des choses que tu n’aurais jamais pensé faire, ou que tu as trop hésité à essayer. Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l'initiative de changer leur situation parce qu'ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme et le conservatisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l'esprit, mais rien n'est plus nuisible à l'esprit aventureux d'un homme qu'un avenir assuré. Le noyau central de l'esprit vivant d'un homme, c'est sa passion pour l'aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n'y a pas de plus grande joie qu'un horizon éternellement changeant, qu'un soleil chaque jour nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie, Ron, il faut perdre ton inclination à la sécurité monotone et adopter un mode de vie désordonné qui dans un premier temps te paraîtra insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté. En bref, Ron, quitte Salton City et prends la route. Je l'assure que tu seras très content de l'avoir fait. Mais j'ai bien peur que tu ne tiennes pas compte de mon conseil. Tu me crois têtu mais tu l'es encore plus que moi. Tu avais la chance merveilleuse pendant ton voyage de retour de voir l'un des plus beaux sites du monde, le Grand Canyon, que chaque Américain devrait voir au moins une fois dans sa vie. Mais, pour quelque raison qui m'est incompréhensible, tu ne désirais qu'une chose : te précipiter chez toi aussi vite que possible et retrouver la même situation que tu vois quotidiennement, jour après jour. J'ai bien peur qu'à l'avenir tu suives cette même tendance et qu'ainsi tu ne découvres pas toutes les choses merveilleuses que Dieu a disposées à notre intention autour de nous. Ne t'établis pas à un seul endroit. Déplace-toi, sois un nomade, que chaque jour t'offre un nouvel horizon. Tu as encore beaucoup de temps à vivre, Ron, et ce serait une honte de ne pas saisir l'occasion de révolutionner ta vie pour entrer dans un champ d'expérience entièrement nouveau.
Si tu penses que la joie vient seulement ou principalement des relations humaines, tu te trompes. Dieu l'a disposée tout autour de nous. Elle est dans toute chose que nous pouvons connaître. Il faut seulement que nous ayons le courage de tourner le dos à nos habitudes et de nous engager dans une façon de vivre non conventionnelle.
L’adaptation cinéma de Sean Penn est fidèle à l’esprit du livre qui reprend les thèmes de liberté et d’errance de « sur la route » de Kerouak mais en proposant une version plus accessible, plus contemporaine et moins opiacée.
« Into the wild » avec ses citations préférées des livres de chevet du « super clochard » ravive l’idéalisme de la jeunesse, la soif de pureté, d’absolu, de nature et de solitude.
A lire dans le métro en écoutant Karen Dalton.
23:23 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jon krakauer, into the wild, kren dalton, christopher mac candless
10.09.2009
Concours de nouvelles Rock: 2ème édition
La seconde édition du concours de nouvelles ROCK est lancée.

Participez et gagnez une guitare électrique Squier by Fender et un ampli.
Pour tout savoir: http://mycafecastor.googlepages.com/
21:26 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.08.2009
Quizz
Qui est-ce ?
Il a :
- joué avec 4 artistes différents au festival de Monterey,
- joué de la basse pour Elvis Presley lors de son « 'Comeback' TV special »,
- joué de l’orgue Hammond sur l’album Pet sounds des Beach Boys,
- joué de la basse sur le premier album des Byrds et des Doors,
- arrangé et joué sur le morceau « Bridge over Troubled Water » de Simon and Garfunkel.
- Joué sur l’album « Mighty Like a Rose” d’Elvis Costello
- Accompagné les Dixie Chicks sur « Taking The Long Way »
Réponse :
Larry Knechtel qui vient de s’éteindre le 20/08/09.
19:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.06.2009
Blog, liberté & rock'n roll
Quand la réalité rejoint la fiction ...
En angleterre, un type a été pousuivi pour avoir mis en scène le kidnapping et le meurtre du groupe Girls Aloud sur son blog. Il vient d'être relaxé (source: NME).

Cela va bientôt devenir périlleux de s'exprimer sur le net. The Internet Watch Foundation veille. Si on dit que ces filles sont des "bombes", on se fait repérer ?
Difficile de ne pas faire le parrallèle avec l'une des 3 nouvelles lauréates du concours de nouvelles Rock: " la naissance de Bobby Love Garrett" de Renaud Cerqueux. Dans ce texte, l'auteur tente de percer le mystère de ce qu'est le rock et le rapport avec la célébrité (et l'apparition d'un Johnny Hallyday en bout de route).
Voilà qui fait peur.
22:32 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, johnny, hallyday, rock, définition, brest, girls aloud, kidnapping, blog
23.06.2009
Palmarès concours nouvelles Rock
A l'occasion du week-end de la fête de la musique, l'équipe du Café Castor a dressé le portrait des grands noms du rock et littérature devant une assemblée de lecteurs et de rockeurs brestois, au café littéraire de la librairie Dialogues. Ce fut l'occasion d'annoncer le palmarès du 1er concours de nouvelles Rock.

Pour cette première édition, nous avons été particulièrement sensibles au fait que :
* 16 jeunes (de moins de 18 ans) se donnent la peine d'écrire.
* Daria, une jeune femme russe nous a transmis un texte parfois laborieux à lire mais dont on devinait l'application à le rédiger.
* 11 textes nous sont arrivés de Belgique
* que beaucoup participent pour la première fois à un concours de nouvelles, pour certains c'est même la première fois qu'ils rédigeaient une nouvelle.
* que des écrivains connus et reconnus ont accepté de se prêter au jeu du concours de nouvelles
* que de Juliette (13 ans), Agathe et Marie (14 ans) à Amar (60 ans) et Chantal (64 ans), que d'un batteur, un avocat, un psychologue, un retraité cheminot, un professeur d'allemand à un ingénieur informaticien, le rock est un sujet fédérateur.
Quelque soit la manière, l'âge, l'origine géographique ou sociale, chacun à une histoire à raconter sur le sujet.
Et puisque c’est la règle, voici le palmarès 2009 :
La nouvelle gagnante dans la catégorie adulte est:
I live by the river de Jean-Philippe BLONDEL
2ème cat. adulte: Television de François MOLLA
3ème : Naissance de Bobby Love Garret de Renaud CERQUEUX
Nouvelle gagnante catégorie jeune:
We were young darling de Angèle CHEVALIER
A propos de la nouvelle gagnante, I live by the river ...
Malgré la quantité de textes reçus, ce texte a été comme une évidence. Comme c'était le jeu, chaque membre du jury a noté dans son coin les nouvelles. Et, malgré les directives, on s'est tous passé un coup de fil spontané pour partager notre enthousiasme après voir lu cette nouvelle.
Franck Darcel, président du jury de cette première édition a apprécié la distance avec le sujet. Pour la plupart jeunes quadras, nous nous sommes totalement retrouvés à la lecture de ces lignes, dans les références citées, l'évocation de ces années lycées. D'autant que pour l'équipe du Café Castor, notre plus grand souvenir de concert reste ... les Clash au festival Elixir.
Et puis, il y a l'écriture. Vendredi, à la remise des prix, à la lecture d'un long passage d' "I live by the river" et avant les applaudissements, il y a eu un silence d'émotion. Un moment rare.
On dit de Nick Kent qu'avec sa plume, il fait du rock. On peux également évoquer cette formule à propos de cette nouvelle.
Son auteur, jean-Philippe BLONDEL commente sa nouvelle:
Bon alors merci, évidemment - vous ne pouvez pas savoir à quel point. Il y a bien évidemment des traces d'autobiographie dans ce roman - dans mes années lycée, je participais à ce journal de lycéens ... La suite
Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont participé à cette belle aventure, aux écrivains, à leurs lecteurs, au jury, aux partenaires et à tous ceux qui nous ont encouragé.
L'équipe du Café Castor
18:31 Publié dans Concours écriture nouvelles "rock" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litrock, rock, littérature, jean-philippe blondel, nouvelles, ecriture
23.05.2009
Michka Assayas, Nick Kent, conversation
Captés à l'occasion du salon "rock et littérature" à Deauville, ce dialogue entre Nick Kent, figure emblématique de la rock critique et Michka Assayas, ancien critique rock et écrivain.
" Imaginez un personnage improbable et gauche, long comme un jour sans pain, arpentant d'un pas peu sûr les trottoirs de Londres ou de Los Angeles telle une mante religieuse immense et raide, dans son éternelle panoplie loqueteuse de flingueur à guitare, velours et cuir noir en toute saison, d'une maigreur maladive, toujours la goutte au nez perpetueIlement rouge et luisant, toujours à cause d'un manque de substance» (...) Voilà Nick Kent dans les années 1970 et 1980. En bref, un vrai rocker : quelqu'un pour qui ça comptait".
(Iggy Pop in Prologue L'envers du Rock, Nick Kent, Éditions Naïve, 2006).
Comme l'écrit Denis Roulleau: "Tel est le portrait de Nick Kent selon Iggy Pop, figure légendaire de la Rock-Critique britannique qui joua avec les London SS (futurs Damned et Clash), les Swankers (futurs Sex Pistols), qui sauva la vie de Keith Richards en pleine OD et qui éclaira avec humour, cynisme et érudition la face cachée des rock stars dans de longues et précieuses enquêtes quasi-romanesques".

Nick Kent : « J’ai demandé à son manager de trouver Iggy Pop. J’étais venu en Angleterre, à Londres pour faire quelque chose avec lui. Je voulais être un membre des Stooges. Je suis allé sonner chez lui, à son domicile. Mais il avait déjà ses guitaristes, James Williamson et Asheton. En fait, je n’avais joué de guitare électrique, juste de la guitare acoustique. C’est vrai que les Stooges n’ont pas beaucoup de guitare acoustique. En même temps, j’ai commencé à écrire pour le magasine Friends en 1971. Ma carrière de journaliste est allée vite car trois mois après avoir commencé à écrire pour Friends, le New Musical Express (le concurrent du Melody Maker) m’a engagé en freelance. J’ai décidé de partir à Détroit. Et pendant 4 mois, j’ai eu l’opportunité de faire une tournée avec Led Zeppelin. A cette époque, le groupe était énorme. 4 mois pour suivre une tournée … Maintenant, une interview de Jimmy page par un journaliste, c’est seulement vingt minutes. A cette époque, on pouvait rester longtemps, dans les tournées, les back stages. Il n’y avait pas les mêmes barrages pour rencontrer les personnalités ».
Michka Assayas : « J’ai grandi dans la région parisienne. C’était très calme. Et tout, ce qui participait au monde du rock était très éloigné, très magique. J’étais admiratif et envieux de gens comme lui qui avait l’avantage d’être sur place, de parler la langue ce qui lui garantissait un accès immédiat. Et puis, à l’époque, le rock était très mal vu. Il était minoritaire. Il y avait Best et Rock&Folk. C’était la Pléiade, Gallimard. Ecrire dans Rock&Folk, c’était prestigieux. J’étais très impressionné par les gens qui avaient quelques années de plus que moi et qui avaient vécu des choses que je n’avais pas vécues. Ceux qui avaient connu Woodstock, qui avaient vu les Stones à la grande époque, qui avaient vu Jimi Hendrix. J’avais l’impression d’arriver après. ».
Nick Kent : « Tout a commencé avec l’arrivée d’Elvis Presley et peut être cela finit-il avec la mort de Jimi Hendrix, à l’extrême la fin des Sex Pistols. Après, il y a eu des bons groupes. Mais pour moi, ce sont les années 60, les années d’or. A l’époque, j’étais teenager. Lorsque les années 70 ont commencé, les mauvais aspects sont apparus. Les mauvaises drogues, … Il y avait une pause de décadence. Pas toujours réelle, juste une pause. Comme autour de David Bowie.
Michka Assayas : « j’ai eu l’impression d’arriver trop tard par rapport à l’âge d’or que décrit Nick. J’ai lu dans le texte lorsque j’étais gamin, à 15, 16 et 17 ans, ses articles qui m’ont frappé, ceux sur Syd Barret par exemple. J’avais le sentiment qu’il y avait un âge magique et comme par hasard, les figures dont parlait Nick étaient celles qui se détruisaient, celles qui avaient disparu.
Nick Kent : « En 1964, je me souviens d’avoir parlé avec le manager de Syd Barrett. Il avait dans un sac toutes les photos qui n’avaient jamais été publiées. Celles du début du groupe Pink Floyd, le début de sa carrière solo ; Il me les a donné en voyant que cela m’intéressait. En fait, cela n’intéressait personne. Il ne comprenait pas que je m’intéresse à ce looser. Je suis allé à Los-Angeles en 1975. J’étais intéressé par Jim Morrison. J’étais un grand fan. Mais chaque fois que je parlais avec un type qui connaissait Jim Morrison, il me demandait : « mais pourquoi tu t’intéresses à un looser. Tu perds ton temps avec ce perdant. Ce mec est venu dans ma maison, il a pissé sur mon tapis ». Même juste après sa mort, il n’intéressait personne. Il y a les gagnants et les perdants. Et si tu es perdant, tu oublies la célébrité.
Moi, ce sont les perdants qui m’intéressent car ils ont une histoire. Paul Mc Cartney est juste un gagnant. Il rend les choses heureuses.
J’ai rencontré Lester Bangs. J’avais pris beaucoup de tranquillisants. Lester était un peu défoncé, comme moi. Et, il m’a invité à rester avec lui. Il avait un problème d’alcool et de cachets. Donc, il conduisait sa voiture et avait besoin de quelqu'un pour tenir son volant et éviter de s’envoyer contre un mur. J’ai appris beaucoup de lui. Pour lui, l’histoire du rock est celle de mecs qui sont perdus. Et, j’ai retenu cela de lui.

Michka Assayas : « Je lisais le Melody Maker et le NME. C’est là que j’ai découvert que l’on peut écrire et être une star. Ça me fascinait. Nick avait une approche à la fois critique, il pouvait expliquer ce qu’il aimait, ce qu’il n’aimait pas et pourquoi, et journalistique. Il allait enquêter, voir les gens et racontait une histoire. Au fond, qu’était la litrock en France à mes débuts, c’était des mecs qui, pardonnez-moi l’expression, se branlaient en écoutant des disques. Ils se prenaient pour Jim Morrison, écrivaient des longs poèmes rock. Il y avait du bon, du moins bon. Mais, j’avais envie d’être plus humble, ne pas me mettre en avant et mettre en avant les artistes et transmettre ma passion pour eux et ma certitude qu’ils faisaient avancer la musique.
Nick Kent : « A l’époque, le rock n’avait pas encore envahi les arts. Pour la littérature, il y avait Nik Cohn. En général, les musiciens portent des masques lorsqu’ils voient des journalistes ».
Michka Assayas : « le film « almost famous » (presque célèbre) est un des témoignages les plus justes, fidèles à ce que représente la présence d’un critique rock dans l’entourage d’un groupe. C’est vraiment un parcours initiatique. Dans le film, un garçon d’une quinzaine d’année commence à écrire pour Rolling Stones. On l’a envoyé suivre en tournée un groupe anglais de blues rock qui devait être Stillwaters, Bad Company ou un truc comme ça. Et, il abandonne le lycée, fugue, ment à sa mère. Le film qu’il a écrit et tourné lui-même une trentaine d’années plus tard raconte très précisément cette espèce de fascination pour ce monde dans lequel on voulait entrer et où l’on finit par voir tout ce que l’on ne voulait pas voir. La face sombre de la nature humaine. C’est une histoire exemplaire. J’aurai rêvé de vivre un truc comme ça. Je ne l’ai pas vécu mais métaphoriquement, j’ai vécu ce que Cameron Crowe raconte.
Michka Assayas : « à l’origine j’étais un étudiant. J’ai essayé de refaire les enquêtes proches de l’esprit de celles de Nick (Kent) comme pour Syd Barrett, pour la France, huit ans après. Dans Actuel, en 1982, on s’est approché du mythe. J’ai rencontré sa mère, nous avons échangé un dialogue assez bref sur le pas de sa porte. Et Thomas Johnson, un journaliste franco australien avec qui j’ai réalisé cette enquête, avait trouvé un stratagème tout à fait délirant. Il était allé à Chelsea Cloisters, une résidence médicalisée et comme il avait un parfait accent anglais, il a prétendu avoir connu Barrett à la fin des années 60, à Londres. Il était tellement sincère et convaincant que l’employé de la résidence à la réception lui a déclaré : « nous connaissons bien ce malade. Il y a des mois et des mois que nous avons ce sac de linge sale qui est là. Il a oublié de le prendre. Si vous le connaissez, prenez-le et ça nous en débarrassera. Thomas Johnson l’a pris et nous sommes allés ensemble à Cambridge avec ce sac de linge. C’est lui qui a parlé, moi, j’avais trop peur ».
Cette interview de Syd Barrett est parue à l'origine dans la revue espagnole Rock Espezial en Février 1983. La version française ci-dessous est une traduction de L. Espain publiée dans le livre Welcome to the Machine de Jordi Bianciotto (1998).
Selon le site seedfloyd.fr, « dans cette monographie consacrée à Pink Floyd, en couverture de laquelle figure une tête vaguement reconnaissable (Syd Barrett frisant la quarantaine, photographié pour la première fois depuis 1971), l’ancien leader de Pink Floyd fait preuve de facultés mentales pour le moins chancelantes, ainsi que l'expliquent les journalistes Michka Assayas et Thomas Johnson ».
Voici donc les propos échangés lors de cette rencontre avec Syd Barrett, sur le seuil de sa maison.
Et me voilà devant cette vieille maison de Cambridge, essayant de n'avoir pas l'air trop nerveux, tandis que j'attends que l'on réponde à mon coup de sonnette. Rien. Je sonne à nouveau. Dans le jardin, une vieille dame coupe des roses. Une ombre se profile au fond du couloir, s'avançant lentement jusqu'à la porte.
Syd Barrett : « Salut. »
Nous sommes aussi surpris l'un que l'autre et nos deux voix se superposent.
Rock Espezial : « Je viens t'apporter ça, ce sont tes vêtements, tu t'en souviens? (NB: l'auteur fait allusion à des vêtements que Barrett avait oublié dans l'appartement londonien qu'il occupait peut de temps auparavant). »
Syd Barrett : « Ah oui ! À Chelsea ! Oui… »
C'est un homme prématurément vieilli, usé. Les cheveux coupés très courts, les traits durcis, les épaules tombantes. Il a grossi. Sa mère ne m'a pas entendu arriver, elle est toujours au fond du jardin. De temps en temps, Syd lance un regard furtif dans sa direction.
Je lui explique que cela fait des jours que je suis à sa recherche et que j'ai été à Chelsea où l'on m'a donné ses vêtements.
Syd Barrett : « Merci, me répond-t-il. Tu as dû payer quelque chose ? Qu'est ce que je te dois pour les vêtements ? »
Rock Espezial : « Non, rien du tout. Je lui demande ce qu'il fait actuellement, est ce qu'il peint ? »
Syd Barrett : « Non, on vient juste de m'opérer, rien de grave. Je souhaite revenir à Londres mais je dois patienter, il y a une grève des trains en ce moment. Non…Non…Je regardais la télé, c'est tout. »
Rock Espezial : « Tu n'as plus envie de faire de la musique ? »
Syd Barrett : « Non. Je n'ai pas le temps de faire grand-chose. Je dois trouver un appart à Londres mais ce n'est pas facile, il faut que j'attende… »
De temps en temps il jette un coup d'œil sur le sac de vêtements et sourit. Il essaie continuellement de mettre fin à notre conversation, tout en surveillant sa vieille mère, comme s'il craignait qu'elle ne nous découvre en train de bavarder.
Rock Espezial : « Tu te souviens encore de Duggie ? »
Syd Barrett : « Euh…Oui…Je ne l'ai jamais revu…Je n'ai jamais revu qui que ce soit à Londres. »
Rock Espezial : « Tes amis me chargent de te saluer. »
Syd Barrett : « Ah… Bien… Merci… »
Il s'exprime et réagit comme tous ceux qui ont subi des traitements psychiatriques prolongés. La contemplation semble être devenu son seul passe-temps. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la télévision soit sa principale activité.
Rock Espezial : « Je peux te prendre en photo ? »
Syd Barrett : « Oui, bien sûr… »
Il sourit pendant que je prends la photo, mais tout de suite après…
Syd Barrett : « Ça suffit comme ça. Je n'aime pas qu'on me voie…C'est dur pour moi…Salut. »
Il regarde fixement l'arbre qui se dresse devant la maison. Je ne sais pas quoi dire.
Syd Barrett : « Il est beau cet arbre… Oui mais plus maintenant… On vient de le tailler… Avant, je l'aimais bien… »
On entend la voix de sa mère. Syd Barrett se tourne vers moi. Il semble terrorisé.
Syd Barrett : « Eh bien…On se reverra peut-être à Londres. Au revoir. »
Sur le chemin du retour, je croise un hippy illuminé, qui se cache derrière un journal. Je me sens pris d'un vide angoissant. Tout est fini.

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05.05.2009
Le concert du jour
Le concert du jour, c'est Jim Jones Revue (UK) + Dolhouse (SW) le 5 mai à 20h au Mondo Bizarro de Rennes
The Jim Jones Revue, c’est l’évènement rock’n’roll pur et dur du moment ! Ce quatuor londonien, c’est la rencontre explosive des MC5 et de Little Richard sur fond de rock’n’roll baveux inspiré de The Killer,Sonics, Penthouse, le tout revu à la sauce Jon Spencer. The Jim Jone Revue délivre une énergie rock salace à grands renforts d’orgue Hammond et de distorsions qui raviront les fans de rock/blues/punk. Annoncé par la presse comme étant « le meilleur groupe de rock'n'roll puriste (et néanmoins orgiaque) du moment ! », The Jim Jones Revue est définitivement le groupe à ne pas rater !
Dollhouse, c’est « le groupe le plus chaud en provenance de Suède depuis des lunes : le tumulte de la révolution qui frappe à votre porte, épaulé de pédales Wah-Wah, un esprit implacable et une dose de psychedelia suffisante pour envoyer le plus sceptique sur orbite. » Du pur 70's outrageusement rock et soul !
08:53 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mondo bizarro, rennes, jim jones revue
04.05.2009
Rock et littérature, rencontres à Deauville
Le salon « livres & musique » a pour thème « rock et littérature ». D’emblée, on est frappé par le thème abordé, les invités et le lieu de ces rencontres. Deauville, ville rock ? Pas vraiment. Sur les planches, on peut croiser quelques dandys au look savamment étudié mais l’esprit rock a déserté les lieux. Reste quelques bonnes pages et leurs auteurs. Et le public qui répond présent puisque ce sont 8 000 visiteurs (contre 6000 l’année dernière) qui ont poussé ce que l’on peut appeler, le temps d’un week-end, la plus grande bibliothèque rock de France.

Très sollicité dans les conférences du dimanche, Patrick Eudeline, impérial derrière ses lunettes noires, cigarette à la main et veste noire, souligne qu’il a joué à Deauville à l’époque de son groupe Asphalt Jungle, en pleine explosion punk.
Il précise que le punk rock, c’était les New-York Dolls, Marc Bollan, des groupes comme le Velvet qui le fascinaient. C’était différent . Parmi ses souvenirs, en 1973, « je me baladais dans la rue en blouson de cuir avec lunettes noires, tu te faisais emmerder et traiter de nazi. C’était de ce niveau là. Simplement, parce que tu étais habillé en cuir noir. C’était la fin du trip hippie.
Les gens qui ont fait le punk rock à Londres, les Clash, les Pistols, Génération X et tout ça correspondaient à notre génération, on avait tous le même âge. On avait raté la grande révolution des années 60, nous étions arrivés juste après.
Ensuite les Metal Urbain, Asphalt Jungle, Stinky Toys, c’est vraiment la même bande. C’était une des premières fois où ça se passait en même temps à Paris et à Londres. Marc Zermati, on doit lui reconnaître ça, avait créé le pivot de toute cette génération avec l’Open market.
Quand j’ai commencé à écrire en 1973, le mot punk était utilisé à toutes les sauces. On le mettait dans l’attitude, dans le rock’n roll et tout ça. Dès 1975, je m’en souviens, avec Kent, on disait le mot punk, c’est un mot de l’année dernière. Et puis, le mot est revenu 2 ans après et là, ça a vraiment explosé. On s’est tout pris dans la gueule et ce fut une divine surprise. L’explosion du punk rock, c’était comme un pétard mouillé qui met longtemps à exploser en fait. Les prémices, c’était 1973 ».
Selon P. Mikaïloff, « en 1977, le punk, c’était déjà presque « débranché ». On raconte que les hippies se coupaient les cheveux et s’inscrivaient sur leur t-shirt le mot punk. A Mont de Marsan, en 1976, on raconte qu’il y avait plein de gens sur les trottoirs. C’étaient des hippies qui s’étaient coupés les cheveux. Ils avaient acheté tous les ciseaux de la ville de Mont de Marsan pour se couper les cheveux avant d’entrer dans le festival. C’était donc un truc qui devenait très populaire en 1976, 1977. »
P. Eudeline intervient pour signaler « les cheveux longs, c’était un truc important. C’était un truc violent, un signe de reconnaissance évident. Un mec qui avait les cheveux longs, on savait que c’était avant tout un copain. A partir de 1974, même les types qui travaillaient à la poste avaient les cheveux longs alors qu’avant, tu te faisais virer. Finies les pattes d’eph. On remettait les baskets, utilisait les codes rock des années 50, les perfecto. Et tu te faisais taper la gueule, on te traitait de PD ou de je ne sais quoi, ou de fasciste. D’ailleurs, les concerts, c’était des bains de sang. Lors des tournées qu’on a fait en 1977, il n’y a pas un concert où ça ne s’est pas fini par des bagarres. J’ai vécu trois séjours à l’hôpital en un an et demi parce que c’était des bagarres tous les jours ! On ne pouvait pas sortir seul. C’était hors de question. Lorsque ce n’était pas des hippies, tout le monde en avait après nous. C’était vraiment violent et sauvage. Mais la vie est violente. C’est un vieux débat politique, tu vois. Est-ce que la révolution doit être violente ?
Le débat, c’est aussi : est-ce qu’il faut échapper aux choses, rêver ou au contraire, mettre la tête dedans. C’est le débat entre Montesquieu et Alembert. L’art est-il fait pour faire rêver et échapper à la réalité ou est-il fait pour te faire prendre conscience des choses ? C’est un exorcisme, une catharsis (NDR : représentation dramatique antique destinée à purifier les spectateurs ou en psychologie, une méthode de traitement fondée sur la décharge émotionnelle résultant du sentiment de revivre des événements traumatiques).
Il n’y a pas eu une génération spontanée de génies qui ont eu 20 ans en 66 et depuis, il n’y a plus personne. Les gens sont là. Mais le système est tellement coercitif, tellement fermé … On vit dans une période de rock non fumeur ! C’est un drôle de concept. Le public est là mais le système ne permet pas d’exploser.
Il ne suffit pas de critiquer bêtement sur Internet (« les majors se gavent … ») mais il convient de réfléchir sur le pouvoir de Google. Peut-être que cela n’a rien à voir. Mais tu ne peux pas faire la révolution seul dans ton coin en surfant dans ta chambre. Ça ne fonctionne pas. Il faut t’en donner les moyens. Il faut le faire sur une scène et après, c’est le monde autour de toi qui changera. Ça passe par la radio, ça passe par le pouvoir. Déjà en 1977, ce qu’on appelle l’underground rêvait de gloire. Si les Beatles, Bob Dylan et les Stones ont changé le monde, c’est aussi parce qu’ils sont passés à la radio. On est dans un système que tu peux pervertir que de l’intérieur.
A l’époque quand Pathé Marconi est venu me voir, j’ai dit : on y va, bien sûr. Plus ça marchait, plus on était content.
Les gamins qui forment des groupes aujourd’hui, ceux qu’on appelait les baby rockeurs, au début, c’était les meilleurs amis du monde et évidemment après, ça devient difficile. C’est la vie.
A propos des Sex Pistols, c’était juste avant que Johnny Rotten arrive. Malcom leur a donné 3 t-shirts et leur a fait payer les autres C’était culotté ! L’autre a piqué un perfecto dans la boutique de Macolm. Celui-ci voulait être le chanteur du groupe. Il se sentait déjà trop vieux et il n’avait jamais vraiment travaillé ça.
Et aujourd’hui, qu’est-ce qui est rock ?
Ce qui est important, c’est la force intérieure. La force artistique comme chez les surréalistes ou les écrivains et poètes décadents du siècle dernier. Baudelaire n’était pas rock car le rock n’existait pas. Ça n’empêche que c’est le plus grand poète français.
Si l’on partage pour beaucoup, les mêmes influences, celles qui ont marqué beaucoup de gens, je crois qu’il faut se méfier des clichés. Je crois être plus influencé par Huysmans que par n’importe qui finalement.
Qu’est-ce qu’une écriture rock ? Quand est-ce qu’un livre est rock ?
C’est une question qui me gonfle. Le mot rock me fait penser à des trucs comme Metallica qui n’ont rien à voir avec ça. Je me sens plus d’affinités avec Michel Delpech qu’avec du n’importe quoi qui se prétend rock et porte du pantacourt.
21:42 Publié dans Le café lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, littérature
22.04.2009
Rock & Littérature à Deauville

Ce week-end à Deauville se tient le salon "livres & musiques" dont le thème est ROCK et LITTERATURE.
Le programme est passionnant.
Seront entre autres présents François BON, Pierre LESCURE, Antoine DECAUNES, Nick KENT,, Michak ASSAYAS, Patrick EUDELINE, Serge CLERC.
L'occasion de recruter quelques jurés pour l'édition 2009/2010 du concours de nouvelles ROCK ?
13:39 Publié dans Le café lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : deauville, rock, littérature, programme






















