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24.04.2007
Burns, stunks, dust et Sex Pistols, …un pur moment de rock’n roll
Le spectacle « en rock et en roll » de Thomas VDB est un one man show sur le rock’n & roll très drôle, tout particulièrement ce passage :
« pour moi, n’est pas rock, ce genre de musique que j’appelle le « rockquoi ».
- Qu’est-ce que t’écoutes toi comme musique ?
- j’écoute plein de truc : Dire Straits, Jean-Louis Aubert… du rock quoi !
Tu vois ? Très bien. (…)
- ah oui, mais j’aime bien Blankass quand même …
- Non, viens là quand même. Tout ce qui est « rockquoi », pas rock !
Alors, les 24 heures du Mans moto, c’est du Rockquoi ?
Pas sûr. Il ya la course officielle qui est, au final, peut être moins spectaculaire que les abords du circuit Buggati. 90 000 spectateurs, motards pour l’essentiel, s’imbibent durant 48 heures en hordes toute de cuir vêtues. Si l’objectif est de se détruire la tête à grandes lampées houblonnées, on peut estimer qu’il est atteint avec brio.
Sur les hectares de parking environnant le circuit officiel, certains motards font tourner les moteurs de leur grosse cylindrée pour produire ces claquements sonores et ainsi fusiller leur belle mécanique. De longs jets de feu s’échappent des pots d’échappement chromés déchirant la pénombre nocturne.
Autre variante très appréciée : le burn. On fait frotter la gomme de ses pneus sur le bitume et s’échappe ainsi une fumée blanche malodorante. Dès que résonnent ces vrombissements, c’est le signe de ralliement. De partout on se précipite, on s’attroupe autour de la machine, la bière à la main, en produisant de grands cris gutturaux pour accompagner la destruction du pneu ou de la belle mécanique. Le propriétaire, tout affairé à pousser les gaz, bombe le torse, fier de son éphémère gloire.
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Il y a les plus assidus qui errent autour du circuit pour admirer les bolides qui s’activent, se couchent dans les virages et nous gâtent parfois avec des chutes spectaculaires. De partout, des haut-parleurs permettent de suivre les faits de course, d’entendre le rappel du classement ou des interviews des équipes techniques. Que de l’indispensable !
D’autres se pressent sur des gradins, grimpent des tas de pneus pour tenter d’apercevoir les figures acrobatiques des « stunts » (roues arrières, figures acrobatiques sur deux roues). Ici, il s’agit de spectacle officiel avec participation d’amateurs jugés par le public. On ne retrouve pas le côté sauvage (rock, quoi !) des stunts pirates, l’excitation de participer à un jeu dangereux. « Tout ça va mal se finir ».
Je devine une armée de motards en colère (pas bon ça, un motard en colère) prête à en découdre pour laver cet affront fait à leurs mœurs dépravés. Alors au-delà de l’ironie de mes propos sur ces coutumes barbares, je vous estime pour votre liberté à braver la bienséance, à foutre le bordel dans un monde trop lice, trop policé. Que c’est bon de revenir à une fraternité éthylique, à oublier les conventions pour se fondre dans ce bordel poussiéreux et bruyant.
La preuve ? En arrivant, lorsqu’on me bousculait, je m’excusais platement « heu, pardon … ». Quelques heures plus tard, les tympans explosés par le bruit des moteurs et envahi par cette atmosphère primitive, je beugle à mon tour en poussant l’importun qui se met sur mon passage « bbbeeeeuuu ».
Voilà, c’est fait. Oui, je suis des vôtres, camarades de boisson à quéquettes. Oui, très important ça la virilité sous-jacente à l’exposition de ces belles mécaniques (là, je parle des motos uniquement). Nous sommes des hommes, des vrais, des durs et on a des grosses motos.
Mais avouons-le. Ma virilité et mon intérêt pour cette manifestation s’expriment d’avantage sur le terrain du rock (non, pas du rockquoi, du ROCK).
Il y a une scène aux abords de la piste et cette année est programmé le groupe de Glen Matlock, premier bassiste des Sex Pistols. Il fut viré du groupe en pleine explosion punk (février 1977) car il ne s’entendait pas avec Johnny Rotten, le chanteur. Il fut remplacé par le célèbre enfant terrible, Sid Vicious. Sid, soupçonné du meurtre de sa petite amie Nancy est mort d'une overdose en 1979 et devint une icône rock malgré qu’il fût incapable de jouer correctement de la basse.
C’est pour cela que la légende raconte que c’est Glen Matlock qui assure les parties de basse sur l’album « never mind the bollocks » en tant que musicien de studio payé au cachet. C’est ce qu’il fit également pour Iggy Pop sur l’album « Soldier ». Il participa aux tristes et inutiles reformations des Sex Pistols.
Tout cela ne doit pas faire oublier que les Sex Pistols sont avec les Damned et les Clash, le groupe le plus représentatif du grand mouvement punk qui balaya tout sur son passage. Le message était « on ne sait pas jouer, on ne sait pas chanter » mais on le fait nous-mêmes (selon la philosophie du Do it yourself ) avec de l’énergie à revendre. Ce mouvement marqua durablement toute la jeunesse de l’époque en Angleterre bien sûr mais dans le monde entier où l’on délaissa les cheveux longs et les guitares en bois pour les crêtes iroquoises et l’électricité. Des accords basiques, des paroles provocantes ou qui incitent à la révolte.
Glen Matlock est donc présent sur la scène des 24 heures du Mans Moto, grand témoin et petit acteur de la grande histoire du rock. Son répertoire oscille entre de nouvelles chansons, celles de ses albums avec son groupe les Philistines et deux reprises des Sex Pistols : God Save the Queen et Pretty Vacant.
Derrière nous, les motards pogotent et une poussière s’élève au dessus d’eux. On se pousse, se repousse, certains tombent, on les ramasse. D’autres restent à terre et mordent la poussière. Derrière nous, la masse sombre du célèbre pneu Dunlop sous lequel les motos n’en finissent pas de rouler, à toute allure.
Non, pas du rockquoi, du rock tout simplement qui tutoie la légende et réactive la foi.
19:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 24 heures, le mans, moto, sex pistols, rock, glen matlock, burn























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