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20.09.2007

Philip Roth – la bête qui meurt

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L’histoire contée dans ce livre peut se résumer ainsi : un vieux monsieur aime une très jeune fille ou un professeur succombe aux charmes d’une de ses étudiantes, une belle cubaine à la peau mate. C’est à la fois aussi simple et plein de nuances, de détours. Les personnages sont à la fois limpides et complexes. Avec une très grande liberté de ton, l’auteur décrit cette attirance d’un homme au crépuscule de sa vie pour une jeune beauté libre qu’il idéalise, dont il devient totalement dépendant, lui le tombeur qui a choisi de vivre libre et sans attache. Son exaltation sexuelle s’amplifie de jour en jour, devient dévotion, fétichisme et cette violente passion le détourne de l’imminence de sa mort.

Le sexe est ici abordé avec une totale liberté de ton et le talent de ce grand auteur aide à vivre pleinement cette histoire loin du politiquement correct, de la morale puritaine de l’Amérique de Bush et de la bienséance.

Extraits:

«On aura beau tout savoir, tout manigancer, tout organiser, tout manipuler, penser à tout, le sexe nous déborde.»

« L'art du flirt à la française me laisse froid. Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'impératif sauvage. Non, il ne s'agit pas de séduction. On se joue une comédie. Une comédie qui consiste à fabriquer un lien factice, et tristement inférieur à celui que crée sans le moindre artifice le désir érotique. Retour en force des conventions, on se décrète des affinités, on maquille le désir en phénomène socialement acceptable. Or justement, c'est son côté inacceptable qui rend le désir désir. Il jalonne la voie, mais à rebours, pour retourner à l'instinct de base. Il ne faut pas confondre le voilage avec l'affaire dont il est question ».

A propos de la vieillesse :
« Tu l’imagines la vieillesse ? Non, bien sûr. Moi non plus, je ne l’imaginais pas. Je n’avais pas idée de ce que ça pouvait être. Je ne m’en faisais même pas une image fausse, je ne m’en faisais pas d’image du tout. (…) La seule chose qu’on comprenne chez les vieux quand on ne l’est pas soi-même, c’est qu’ils ont été marqués par leur temps. Mais comme on ne comprends que ça, on les fige dans leur temps, ce qui revient à ne rien comprendre du tout. Pour ceux qui n’ont pas encore atteint la vieillesse, elle signifie qu’on a été. Seulement la vieillesse, ça veut aussi dire que malgré son avoir-été, ou en plus de lui, en prime de lui, on est encore. L’avoir été est vivace. Figures-toi la vieillesse en ces termes : tu risques ta vie au quotidien. (…) A part ça, on est immortel tant qu’on est vivant ».

Commentaires

Comme c'est bien écrit.... Ce livre me plairait ! Merci Castor et pour ton commentaire également. Bonne nuit.

Ecrit par : elisabeth | 20.09.2007

Les mots de cet homme-là m'intéressent aussi .... livre de cheveet du week-end ! Merci à vous . :-))

Ecrit par : liseuse de blogs | 21.09.2007

D'accord avec Elisabeth, je ne connaissais que La Tâche de cet auteur mais ta crtique me pousse à découvrir aussi ce livre.

Ecrit par : alice | 22.09.2007

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