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20.10.2007

Hearn Lian - Le Clan des Otori Tome 1 : Le Silence du Rossignol

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Ce livre, premier tome d’une trilogie, plonge le lecteur dans le japon des samouraïs. Toutefois, il s’agit d’une œuvre d’imagination et le pays et les personnages sont imaginaires. Ils font écho à une époque féodale se situant au Japon vers 900 où « régnait un climat de guerre quasi permanent et qui a vu la naissance de la caste des samouraïs ». Pour défendre leurs terres, les riches propriétaires entraînèrent et armèrent des troupes de guerriers à qui ils donnèrent des privilèges particuliers : les Bushis (ou samouraïs). Ils obéissaient à un code de l’honneur stricte : le bushido, la « voie du guerrier ». L’usage voulait par exemple que l’on décapite son ennemi vaincu avec un sabre dont la lame, par sa pureté, symbolisait l’âme du guerrier.
Lian Hearn nous transporte au cœur de ce japon féodal, d’alliances sulfureuses, de guerres entre les trois clans (Otori, Tohan et Seishuu). On suit les aventures du jeune Takeo qui découvre sa tribu et sa famille massacrée par les hommes d’Iilda, chef du clan des Tohan. Ce guerrier découvre qu’il est doté de pouvoirs prodigieux et ne sait pas en attribuer la provenance. D’où vient-il ? Quelles sont ses origines ? L’intrigue est parfois complexe et la multitude des personnages n’en facilite pas la lecture. Reste un beau roman qui mélange les genres (épique, héroïque, fantasy, récit de guerre) et réussit à surprendre. Il emmène loin et peut se lire à tout âge de l’adolescent à l’adulte. 2,5 millions de livres de la trilogie ont été vendu poussant l’auteur a ajouté un 4ème tome en ce début d’année.

Extrait :
Le seigneur essuya le sabre et le remit dans le fourreau fixé à sa ceinture.
“ Viens ”, me dit-il.
Je restai là, tremblant, incapable de bouger. Cet homme avait surgi de nulle part. Il venait de tuer, sous mes yeux, pour sauver ma vie. Je me jetai à ses pieds en essayant de trouver des mots pour exprimer ma reconnaissance.
“ Lève-toi, dit-il. Le reste de la bande sera à nos trousses dans un instant. ”
Je parvins à articuler : “ Il faut que je retrouve ma mère.
- Pas maintenant. Tout ce que nous devons faire, c'est filer ! ” Il me força à me relever et commença à me presser de monter plus haut : “ Que s'est-il passé là-bas ?
- Ils ont incendié le village et tué… ” Le souvenir de mon beau-père s'imposa de nouveau à moi et je fus incapable de poursuivre.
“ Les Invisibles ? ”
Je chuchotai : “ Oui.
- C'est la même chose dans toute la province. Iida attise partout la haine à leur égard. J'imagine que tu es des leurs ?
- Oui. ”
Je grelottais. On était encore en été et la pluie était tiède, cependant je n'avais jamais eu aussi froid de ma vie. “ Mais ce n'était pas uniquement pour ça qu'ils me pourchassaient. J'ai fait tomber sire Iida de son cheval. ”

À mon grand étonnement, le seigneur éclata de rire. “ Voilà un spectacle qui devait en valoir la peine ! Mais du coup, tu es doublement menacé. Il va devoir laver un tel affront. Enfin, maintenant tu es sous ma protection. Je ne laisserai pas Iida remettre la main sur toi.
- Vous avez sauvé ma vie, dis-je. A partir de ce jour, elle vous appartient. ”

Pour une raison ou pour une autre, ma remarque le fit rire de nouveau. “ Nous avons une longue marche devant nous, et nos estomacs sont vides et nos vêtements trempés. Il faut que nous ayons franchi la montagne avant que le jour soit levé et qu'ils se soient lancés à nos trousses. ”

Il s'éloigna à grands pas et je courus à sa suite, en faisant de mon mieux pour empêcher mes jambes de trembler et mes dents de claquer. Je ne connaissais même pas son nom, mais je voulais qu'il soit fier de moi et n'ait jamais à regretter de m'avoir sauvé la vie.

“ Je suis Otori Shigeru, dit-il quand nous commençâmes l'ascension du col. Du Clan des Otori, de Hagi. ”

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