21.10.2007

Desarthe Agnès – Mangez-moi

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Myriam est une jeune femme fragile, un peu fantasque, ne sachant pas toujours faire la part du réel et de l’imaginaire, vivant dans ses songes et terriblement peu sûre d’elle. Alors lorsqu’elle ouvre un restaurant, elle ne sait pas trop par où commencer. Fixer le tarifs, choisir les recettes, embaucher du personnel, toutes ces taches lui semblent insurmontables. Elle souhaite un établissement hors norme et très vite atteint son but. Le bruit se répand à travers le voisinage qui va bientôt investir les lieux. Heureusement, elle trouvera en la personne de Ben, un allié précieux qui l’aidera à surmonter toutes ses difficultés. Myriam est une boule de doute, sujette aux crises d’angoisse qui parvient à créer autour d’elle, par sa chaleur et sa générosité, une communauté d’habitués, des personnages attachants et pleins d’humanité prêts à la soutenir dans son beau projet.
C’est un magnifique roman, plein de vie, de colère, de doute et à l’image de la narratrice, on quitte parfois le réel pour s’aventurer sur le chemin du conte. Ainsi, le titre est inspiré d’Alice aux pays des merveilles et comme l’héroïne de Lewis Carroll, Myriam va rencontrer de multiples personnages hauts en couleur qui l’aideront chacun à leur façon. Un livre à savourer comme un bon petit plat.

Extrait :
Cette nuit, j’ai rêvé que le Beatles venaient dîner dans mon restaurant. Tous les quatre. Paul Mc Cartney, John Lennon, Ringo Starr et l’autre, celui dont je ne me rappelle jamais le nom. En les voyant entrer, j’étais très contente, mais inquiète aussi, à cause de ce trou de mémoire récurrent. Qu’arriverait-il si je devais les présenter à quelqu'un ? Au moment de nommer le quatrième Beatle, toc, le blanc, rien ne vient, ou plutôt si, mais c’est pire : Jim Morrisson, Jimi Hendrix, Lou Reed. Heureusement, il n’y a pas d’autres clients. Je n’ai donc pas à redouter l’interrogation surprise. Je leur dis combien je les aime, ils répondent avec une modestie touchante et s’asseyent à la table la plus proche de la cuisine. Nous plongeons aussitôt dans une intimité radieuse, moi aux fourneaux, eux en salle mais comme complices, comme s’ils avaient choisi cet emplacement exprès pour pouvoir converser avec moi. Je suis honorée et, en même temps, je considère cs égards comme naturels ; il s’agit d’un rêve, je le rappelle.

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