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10.11.2007

Blandine Le Callet – une pièce montée

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C’est un mariage que décrit la jeune auteur dans son premier roman. Chaque personnage raconte un épisode de cette journée inoubliable, ses attentes, ses doutes, ses joies. Dans cette belle famille bourgeoise, la cérémonie doit être parfaite et la vision d’ensemble correspond à l’idée que l’on s’en fait. Mariée éclatante, cortège d’enfants en tenue assortie (Lucie, la petite fille trisomique est discrètement reléguée au second plan sur les photos), A la façon d’un puzzle, on suit le déroulement de cette belle journée dans le récit d’une petite fille « enfant d’honneur », du curé qui juge durement son assemblée et se trompe dans le prénom du marié , de la grand-mère acariâtre aux pics acérés, de la sœur célibataire que tout le monde veut caser, d’un jeune bellâtre séducteur qui collectionne les conquêtes, …
Chaque chapitre porte le prénom de son protagoniste et pourrait constituer une petite nouvelle à part entière. Les récits se croisent, des détails de l’un se complètent dans un autre, le tout formant une trame crédible. Le ton est mordant, drôle et les conventions bourgeoises sont dynamitées à l’acide ironique. Seul bémol, le personnages féminins me paraissent plus crédibles que les hommes un peu caricaturés. A travers des dialogues finement ciselés que s’échangent les 9 personnages cyniques, émouvants ou attachants de ce roman, on dérive sur les thèmes de l’amour, du mariage, de la fidélité, de la vieillesse. Entrez dans la noce, vous ne le regretterez pas !

Extrait :
Il est fier de sa nouvelle voiture de fonction. Une luxueuse 806, intérieur cuir. Elle déteste l’odeur du cuir, mais elle ne la sent que durant le premier quart d’heure. Après, elle s’habitue. Tout est réglable à l’intérieur : les stores, les appuie-tête, l’inclinaison et jusqu’à la forme des siège. Tout est prévu pour qu’on voyage le plus confortablement possible.
Lorsqu’ils ont appris qu’on peut faire pivoter les sièges et pique-niquer à l’intérieur de la voiture, les enfants étaient tout excités. Mais Alexandre a immédiatement coupé court à leur joie : pas question de manger dans la voiture. Rien qu’à l’idée d’une miette au chocolat sur la moquette, il est au bord de l’apoplexie :
- Merde, tu te rends pas compte ! C’est moi qui accueille les Allemands de Düsseldorf à l’aéroport ! Tu crois que j’aurai le temps de faire nettoyer d’ici là ?
Evidemment, mon chéri, c’est une raison parfaitement valable pour n’utiliser ni les sièges pivotants, ni les tablettes et leur petit réceptacle à gobelet si amusant ! Que pourraient penser les Allemands de Düsseldorf ? Ces gens là ont horreur du laisser-aller, c’est bien connu. Comment ai-je pu être assez bête pour oublier qu’une miette de biscuit sur la moquette à l’arrière pourrait compromettre la signature du contrat ! Pardon, mon chéri, d’avoir été aussi bête.

Commentaires

J'ai bien aimé le livre... sauf la fin qui m'a semblé bien trop mièvre et tombe à mon avis comme un cheveu ds la soupe !

Ecrit par : amanda | 13.11.2007

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