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16.01.2008

Thomas Paris - Pissenlits et petits oignons

Voilà le premier roman de Thomas Paris, 35 ans, chercheur au CNRS, spécialiste de l'économie des industries culturelles. La vie bien ordonnée et le froid professionalisme de M. Koulechov, entrepreneur de pompes funèbres de la région de Vannes, est dérangée par deux veuves qui se disputent le lieu d'enterrement de leur défunt mari. Jusqu'à ce que l'une d'elle braque le corbillard pour arriver à ses fins.

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M. Koulechov, fier du professionalisme dont il a fait preuve lors de chacune des quatre mille deux cent vingt-quatre inhumations qu'il a organisé, est cette fois-ci entraîné dans une aventure rocambolesque. Il tente de reconstituer la vie du défunt, ce paisible retraité des chemins de fer. Pourquoi a-t-il quitté sa femme?

Le récit raconté par le narrateur est fait de parenthèses, de disgressions. On retrouve la froide méticulosité d'un entrepreneur de pompes funèbres dans le ton utilisé. La distance affichée avec le monde des vivants, l'ironie et l'humour, noir bien sûr, permettent de passer un bon moment à la lecture de ce court récit.

Extrait:

- Vous serait-il possible d'enterrer mon mari?
- Il est mort?
Il arrivaît que cette question surprît. Je la posais systématiquement, par professionalisme. Ce n'était pas pour me prémunir d'enterrer des vivants qui auraient pu se retourner ou dans leur tombe ou contre moi, car vous seriez étonné de constater à quel point les gens ne recourent aux pompes funèbres qu'à bon escient, toujours pour des raisons valables.
Contrairement aux avocats, on ne prend pas un croque-mort pour un oui ou pour un non. Notre métier est encore épargné par le mercantilisme et les pratiques douteuses et il n'est, pour ainsi dire, jamais fait appel à nous à des fins lugubres. Je touche du bois: je ne crois jamais avoir enterré quelqu'un à son corps défendant. Toujours est-il que c'est par une éthique irréprochable que nous pouvons préserver la pureté de notre profession.

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