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01.02.2008

Dan Brown – Deception point

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Ce livre paru aux Etats-Unis en 2001 évite les délires religieux auxquels Dan Brown nous avait habitués avec Da Vinci Code ou Anges et Démons. L’intrigue ici est scientifico-politique, proche de celle d’un Robert Ludlum ou Tom Clancy.
Rachelle Sexton, jeune et brillante membre du NRO (Office National de Reconnaissance) en froid avec son père, sénateur et candidat ambitieux à la présidence des Etats-Unis, est convoquée par la maison blanche.
Au centre de la campagne présidentielle, la NASA pointée du doigt pour ses dépenses outrancières est sur le point d’annoncer l’une des plus grandes découvertes de l’histoire. Avant d’annoncer cette grande nouvelle au monde entier, Herney, le Président des Etats-Unis, missionne Rachelle pour attester la véracité de l’information sur la foi des travaux menés par les scientifiques militaires et de la société civile. Expédiée en Arctique, celle-ci découvrira, au péril de sa vie, qu’il s’agit d’une grosse supercherie.

On retrouve le style qui a rendu populaire cet auteur : des chapitres courts qui se terminent avec un rebondissement, des histoires simultanées, enlacées. On suit le héros, les méchants, un ou deux personnages secondaires et l’ensemble se noue dans un combat final qui verra triompher les forces du bien. C’est caricatural comme les codes de ce type de livre : complot, course poursuite meurtrière, histoire d’amour … Mais, à la façon d’un James Bond, on sait à quoi s’attendre et finalement, malgré quelques longueurs (700 pages tout de même !), cela se lit avec plaisir.
L’histoire est d’autant plus crédible que les explications scientifiques semblent plausibles pour un ignare scientifique comme moi. On imagine l’énorme travail de documentation préalable à l’écriture de ce roman. C’est de la grosse production américaine, honnête, efficace et sans surprise.

Extrait :
Le restaurant Toulos, à proximité de la colline du Capitole, propose un menu politiquement incorrect, où le veau de lait côtoie le carpaccio de cheval, et paradoxal pour un lieu où le tout-Washington se retrouve au petit déjeuner. Ce matin-là, le restaurant était bondé ; on entendait les assiettes et les couverts s'entrechoquer, les machines à espresso siffler, et les téléphones portables sonner sans arrêt.
Le maître d'hôtel sirotait furtivement une gorgée de son bloody mary matinal quand la femme entra ; il se tourna vers elle avec un sourire professionnel.
- Bonjour ! fit-il. Puis-je vous aider ?
Elle était séduisante, âgée d'environ trente-cinq ans, vêtue d'un pantalon de flanelle grise à pinces, d'une veste de tailleur stricte sur un chemisier Laura Ashley en soie ivoire. Elle se tenait très droite. Son menton légèrement relevé, mais sans arrogance, attestait de son assurance.
Sa chevelure châtain clair était coiffée dans le style le plus tendance de Washington, celui de la présentatrice télé : une multitude de boucles cascadait jusqu'à ses épaules. Une coiffure assez longue pour être sexy, mais assez courte pour vous rappeler que vous aviez affaire à une professionnelle intelligente.
- Je suis en retard, fit-elle d'un ton un peu gêné. J'ai rendez-vous avec le sénateur Sexton.
Le maître d'hôtel tressaillit involontairement. Le sénateur Sedgewick Sexton était un habitué du restaurant et l'un des plus célèbres hommes politiques du pays. La semaine précédente, il avait écrasé les douze candidats républicains lors du "Super Tuesday", le jour le plus important des primaires du Parti. Il était donc virtuellement le candidat républicain à la présidence. Nombreux étaient ceux qui pensaient que le sénateur avait de très grandes chances, à l'automne suivant, de ravir la Maison Blanche au Président en place, enlisé dans les difficultés. Ces dernières semaines, on avait vu le visage de Sexton s'étaler sur la plupart des couvertures des grands magazines nationaux, et son slogan de campagne clamait un peu partout dans le pays : "Arrêtons de dépenser sans compter, un sou est un sou !"
- Le sénateur Sexton déjeune dans son box, fit le maître d'hôtel, et vous êtes... ?
- Rachel Sexton, sa fille.
Quel idiot je fais, pensa l'employé. La ressemblance crevait les yeux. Même regard pénétrant, même prestance aristocratique, même air policé réservé à l'élite de vieille souche. Le bon ton qui avait façonné l'allure et les manières du sénateur s'était clairement transmis à sa progéniture, et pourtant Rachel Sexton semblait porter ces dons avec une grâce et une modestie que son père aurait pu imiter.
- Bienvenue au Toulos, mademoiselle Sexton.

En précédant la fille du sénateur à travers la salle à manger, le maître d'hôtel était embarrassé par la multitude de regards masculins qui la suivaient, certains discrets, d'autres plus insistants. Rares étaient les femmes qui prenaient leur petit déjeuner au Toulos et plus rares encore celles qui ressemblaient à Rachel Sexton.
- Elle est bien fichue, chuchota l'un des convives, Sexton s'est déjà trouvé une nouvelle épouse ?
- C'est sa fille, espèce d'idiot ! répliqua son voisin.
L'autre ricana.
- Connaissant Sexton, il serait capable de la baiser quand même si l'envie lui en prenait.
Le mobile collé à l'oreille, le sénateur évoquait à haute voix l'un de ses récents succès. Il jeta un coup d'œil à Rachel avant de tapoter sa montre Cartier d'un petit coup sec pour lui signifier qu'elle était en retard.
Toi aussi tu m'as manqué, songea ironiquement Rachel.
Le vrai prénom de son père était Thomas mais cela faisait bien longtemps qu'il ne se faisait plus appeler que Sedgewick. Rachel le soupçonnait de n'avoir pas pu résister à l'allitération en s : sénateur Sedgewick Sexton, ça sonnait si bien... Sexton était le type même de l'animal politique grisonnant à la langue déliée, aussi persuasif qu'un médecin de famille de feuilleton télévisé, une comparaison appropriée, si l'on songeait à son incontestable talent d'acteur.
- Rachel !
Sexton raccrocha et se leva pour embrasser sa fille.
- Bonjour, papa.
Elle ne lui rendit pas son baiser.
- Tu sembles épuisée, ma fille.
Voilà que ça recommence..., se dit-elle.
- J'ai eu ton message, que se passe-t-il ?
- Et si je t'avais fait venir uniquement pour le plaisir de prendre mon petit déjeuner avec toi ? répondit-il.
Rachel avait appris depuis longtemps que son père ne l'appelait qu'en cas de nécessité.
Sexton sirota une gorgée de son café.
- Comment va ta vie, ma chérie ?
- Du travail par-dessus la tête... J'ai l'impression que ta campagne se passe on ne peut mieux, reprit-elle.
- Oh, ma chérie, laissons la politique pour le moment.
Sexton se pencha au-dessus de la table et poursuivit en baissant le ton :
- Comment va ce type du département d'État que je t'ai présenté ?
Rachel poussa un soupir, luttant déjà contre l'envie de regarder sa montre.
- Papa, je n'ai vraiment pas eu le temps de l'appeler, et je voudrais que tu arrêtes d'essayer de...
- Tu dois savoir prendre le temps quand il s'agit des choses importantes, Rachel. Sans amour rien n'a plus de sens.
Toute une série de répliques vint aux lèvres de Rachel mais elle préféra se taire. Ça n'était guère difficile pour elle de se montrer plus mature que son père.
- Papa, tu voulais me voir, tu m'as dit que c'était important, de quoi s'agit-il ?
- C'est important.
Les yeux de son père la scrutaient attentivement.
Rachel sentit que, sous ce regard, ses défenses commençaient à vaciller et elle maudit le pouvoir de cet homme. Les yeux du sénateur étaient son arme suprême, un don qui, soupçonnait sa fille, allait être responsable de son accession à la Maison Blanche.
Ses yeux pouvaient se remplir de larmes et l'instant d'après s'assécher, ouvrant une fenêtre sur une âme noble et pure qui inspirait confiance à tous. L'essentiel c'est la confiance, répétait toujours son père. Le sénateur avait perdu celle de Rachel longtemps auparavant, mais il était en train de gagner rapidement celle du pays.
- J'ai une proposition à te faire ! lança Sexton.
- Laisse-moi deviner, riposta Rachel, tâchant de reprendre la main. Quelque divorcé brillant cherchant une jeune épouse ?
- Ne te raconte pas d'histoire, ma chérie. Tu n'es plus si jeune que ça.
Rachel éprouva une sensation familière de rapetissement, comme souvent lorsqu'elle se trouvait face à son père.
- Je veux te lancer une bouée de sauvetage, dit-il.
- Je ne savais pas que j'étais en train de couler.
- Ce n'est pas de toi qu'il s'agit. C'est du Président. Tu devrais quitter le navire avant qu'il ne soit trop tard.
- Est-ce qu'on n'a pas déjà eu cette conversation ?
- Pense a ton avenir, Rachel. Tu n'as qu'à travailler avec moi.
- J'espère que ce n'est pas pour me dire ça que tu m'as invitée.
Le sénateur commençait à perdre patience.
- Rachel, tu ne comprends pas que le fait que tu travailles pour lui nuit à mon image ? Et à ma campagne ?
Rachel soupira, ce n'était pas la première fois qu'elle abordait ce sujet avec son père.
- Mais enfin papa, je ne travaille pas pour le Président, je ne l'ai d'ailleurs jamais rencontré. Je travaille pour le NRO1 !
- En politique, tout est une question de perception, Rachel. Ce qu'on retient c'est que tu travailles pour le Président.
Rachel soupira à nouveau et tâcha de se maîtriser.
- J'ai travaillé dur pour décrocher ce boulot, papa. Je ne vais pas le quitter.
Les yeux du sénateur s'étrécirent.
- Tu sais, parfois, ton attitude égoïste me porte vraiment...
- Sénateur Sexton ?
Un reporter venait de surgir à côté de lui.
L'attitude de Sexton changea instantanément. Rachel poussa un soupir et prit un croissant.
- Ralph Sneeden, Washington Post, fit le reporter. Puis-je vous poser quelques questions ?
Le sénateur sourit, tout en se tamponnant la bouche avec une serviette.
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1. NRO : National Reconnaissance Office.

Commentaires

Ce n'est pas son meilleur livre, trop cinématographique.

Ecrit par : kitty241 | 01.02.2008

Je ne connais pas l'auteur mais l'extrait me donne envie de le lire pour le découvrir un peu plus !

Ecrit par : Nana | 01.02.2008

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