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13.03.2008
Mirabassi sous la pluie

Deuxième concert de la semaine avec, cette fois, une ambiance nettement plus feutrée que l'hystérie juvénile des BB brunes. Les places sont assises, de confortables fauteuils de velours rouge, des éclairages de la même couleur pour distiller les notes bleues du jazz de Giovanni Mirabassi dans une formule trio (avec Leon Parker à la batterie et Gianlucas Renzi à la contre-basse). L'acoustique est excellente et arrivé en légère avance, j'ai l'opportunité de pouvoir me placer en face de la scène, au premier rang, à deux mètres à peine des musiciens. Du coup, ce concert devient passionnant. Je peux observer chacun de leurs regards de connivence, entendre leurs souffles courts lorsqu'il executent des solos et le martélement du pied du pianiste.
Giovanni Mirabassi est italien comme son nom l'indique. Il commence à jouer du piano dès l'âge de 3 ans et à 17 ans, sans jamais avoir appris à jouer, il accompagne au pied levé Chet Baker, de passage à Pérouse pour un concert. Deux ans plus tard, il participe à une tournée du saxophoniste Steve Grossman.
Ce soir est le dernier concert d'un festival qui chaque année, la première semaine de mars, se tient à Vitré, aux portes de la Bretagne. Initialement les concerts se tenaient dans les cafés puis la ville a voulu institutionnaliser l'évènement. L'affiche en est plus belle, les conditions d'écoute optimums mais l'esprit jazz s'en est quelque peu allé.
Mirabassi, parti à 3h00 du matin de Pologne, improvise une session en trio. A l'origine, un trompettiste devait les rejoindre ce soir sur scène et s'est désisté peu avant le début de la représentation ne laissant pas assez de temps aux organisateurs pour le remplacer.
Le public est âgé, discret, bien habillé, sérieux, concentré. Le jazz, musique de vieux?
A 37 ans, le leader de ce trio a déjà reçu le Django d'or du meilleur jeune talent, une victoire du jazz et est considéré comme "un artiste majeur de sa génération" selon les Inrocks. Comparé à Brad Mehldau ou Bill Evans par Nicolas Ungemuth dans le Figaro Mag, il livre une prestation parfaite. Peut-être trop parfaite. Sa virtuosité est froide et les solos s'enchaînent sans flamme. Une musique à écouter les yeux fermés les jours de pluie.
02:09 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mirabasi, trio, giovanni, concert























Commentaires
Oui, musique froide, Giovanni Mirabassi, que j'ai la faiblesse d'apprécier, plus en disque en outre qu'en concert où moi aussi je suis allé le voir, à Paris au Sunside un soir, et c'était certes ce soir-là un peu trop froid. Musique de blanc, me dirait un camarade...
Mais j'aime ses mélodies, par exemple lorsqu'il joue une adaptation du thème du Château Ambulant de Miyazaki, ou ses adaptations de chants révolutionnaires.
Peut-être que l'on peut aimer certaines musiques froides de même qu'on aime les lumières du nord, leur mélancolie, leur suavité... C'est un peu comme ça aussi quand on écoute Brad Mehldau...
Ecrit par : le sciapode | 21.03.2008
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