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12.04.2008

Patrick Eudeline – Soucoupes violentes

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Le pape de la rock critic qui débuta à Best sous l’influence d’Yves Adrien et publie chaque mois sa chronique « la vie en rock » dans Rock&Folk, le Gainsbourg des claviers, le chanteur lunetté vintage qui débuta avec Asphalt Jungle et continue à se produire sur scène (dernièrement, il est apparu au Gibus devant les jeunes générations de baby rockers), le poète rock aux costards Versace, la légende vivante adulée par les écrivains comme Ann Scott et Virginie Despentes, le directeur de collections aux éditions Scali, c’est tout ça Eudeline.

C’est aussi un écrivain. Son roman « Soucoupes violentes » décrit les hallucinations de Lancelot, un jeune glandeur, cinéaste sans succès et fraîchement largué par son amie. A la terrasse d’un café, Steve Marriot (leader des Small Faces puis d’Humble Pie et icône 60’s) et Alain Pacadis (journaliste et star des nuits parisiennes dans les 80’s) s’assoient à sa table et lui taxent une clope. Puis, lors d’un autre rêve, Lancelot croise de nouveau Steve Mariott en pleine session photographique avec Jimmy Page qui lui conseille de dire à Johnny d’arrêter la coke. L’idole des jeunes meurt le lendemain.


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Alors, Lancelot se convainc que ses rêves sont prémonitoires. La machine s’emballe lorsqu’il annonce par Internet l’assassinat du Pape et de Phil Collins le lendemain. Une fois de plus, la prédiction s’avère exacte. Il devient une star médiatique et annonce sur un plateau de télévision que « notre civilisation, le monde tel que nous le connaissons, n’a plus de centre, de but. Le monde est comme un … chaudron de sorcières ! Et ce qui se prépare …ça va nous exploser à la figure. Je ne sais pas comment. Je ne sais pas quand mais « eux » le savent. La grande peur de l’an 2000, les sectes qui foisonnent, tout cela, ce sont des signes. Nous avons voulu plier la nature à notre convenance, elle va se révolter. Devant nous, il n’y a plus que … Un grand trou noir. Voilà. »

L’intrigue est surtout l’occasion pour Eudeline de dénoncer le tout-médiatique avide de nouvelles sensations « le médium est le message : l’image de la bête parle, ne se nourrit que d’elle-même ».

Adepte du name-dropping, il cite animateurs, stars jetables de la TV et des restes de l’industrie musicale. On y fume des Camel allumées avec des Zippo, on marche sur les grands boulevards, traîne dans Montmartre, vêtu d’un « manteau de cuir façon fripe seventies, Ray-Ban mercurisées et cuissardes Charles Jourdan »… Si l’intrigue new-age est un peu poussive, je ne me suis pas ennuyé car j’ai aimé l’écriture du dandy, pleine de fulgurances, de trouvailles, de pépites linguistiques. C’est aussi un hommage à la science-fiction comme il le souligne « La Science-fiction, cela a été un domaine très très fort dans les années 60-70, qui effectivement a disparu depuis. Moi même, j’ai écrit dans des journaux de Science-fiction, fait des nouvelles et tout ca. C’était important l’édition Optage, Fiction, Galactie; c’était des trucs très cools a aimer. Tous les grands mecs du rock disaient en lire, ils adoraient ca. Mais il y avait une force dedans, parce que le domaine est tellement large. Entre la vieille garde: Asimov, puis les trucs comme Normand Spinrad, Philip Joseph Farmer ou Philip K. Dick. C’est large ». source: gonzai.com

Extraits :

« Trois cent millions de pages Web et mille nouveaux livres chaque jour. La loi vérifiée de Moore prévoit que la puissance des ordinateurs double chaque année. Clusters de computers. Codes génétiques révélés, le secret de la Création reconstitué : Bill Gates comme maître du monde, Antéchrist. Egal de Dieu .

Plusieurs faux prophètes s’éléveront, et ils séduiront beaucoup de gens (Matthieu 24,11).

Deux cent mille sorcières pratiquantes aux States. Croix à l’envers en prime time sur MTV. Goth, baby, goth ! Show me you’re real! Gamines en larmes et boys bands. Raéliens, adventistes du septième jour, mormons, temple solaire. (…) Politiques, marchands du Temple et chanteurs de charme. Tous sur un même niveau. Et chacun son quart d’heure de gloire ».


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