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27.04.2008

Elliot Murphy live

Quelques notes sur le concert d'hier soir.

Sur la place du château, le soleil se couche et les tourelles se dessinent en ombres chinoises. Les lumières colorées de la scène peuvent éblouir à leur arrivée sur scène les membres du Normandy All Stars. Olivier Durand, ex compagnon d’arme de Little Bob Story est le premier à égrener des notes avec sa guitare électro-acoustique. Puis Alan Fatras l’accompagne derrière ses futs. Il a joué avec Moon Martin, Marc Minelli et accompagne Crumble Lane. Enfin, Laurent Pardo fait vrombir sa basse (il a accompagné Kid Pharaon). Le backing band est en place, ne manque plus que la star du show.

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Elliot Murphy investit à son tout l’espace. La dégaine est rock. Il porte un chapeau de cow-boy sous un foulard redneck qui laisse dépasser de longs cheveux blonds. Une chemise aux motifs colorés dépasse d’un petit gilet noir étriqué. Le son est difficile, la configuration de la place renvoie un écho désagréable, la voix est trop mise en avant. Très vite, pourtant le concert se rode et on oublie ces désagréments.
Le répertoire oscille entre ballades folk et rock bavard. De longues introductions permettent d’entendre les guitares cristallines d’Elliot Murphy et Olivier Durand jouer en duo.

Mais, c’est la voix qui impressionne le plus, grave et profonde. Une voix d’outlaw, de baladins de la cause folk. Elliot Murphy est américain. Il est né à Garden City, près de New-York en 1949.

Selon Wikipedia : « Encouragé par sa mère Josephine, Elliott Murphy apprend la guitare à l’âge de douze ans. Avec son époux Elliott Senior, elle lui transmet sa passion de la musique et du spectacle. Elliott Murphy a seize ans lorsque son père décède. Fils aimant, il leur dédiera deux chansons : "On Elvis Presley Birthday " et "Time Flies". Adolescent, il joue dans de petits groupes amateurs de rhythm'n'blues. Il part ensuite pour l'Europe et y fortifie sa formation de musicien en jouant dans les rues de nombreuses villes.
Elliott Murphy enregistre en 1973 chez Polydor un premier album prometteur "Aquashow" pour lequel il est accompagné par un groupe de folk-rock dont son frère Matthew Murphy à la basse.
»

A cette époque, il a chatouillé le succès. Ce premier disque, impeccable est encensé unanimement par la critique. Des articles lui sont consacrés dans les journaux Rolling Stone, Newsweek, The New Yorker. Les radios, télévisions le qualifient de « nouveau Dylan » et d’ « héritier naturel de Lou Reed ». Ils louent son écriture, ses textes proches de l’univers de Scott Fitzgerald. Chacun lui promettait un bel avenir fait de disques dorés, de hits, de popularité, de stades emplis d’une foule extatique. Pourtant, il en fut autrement.

Le succès ne vint pas. Le grand public passe à côté de cet artiste. Alors, il décide de rejoindre la France et s’expatrie à Paris en 1989. Il y restera jusqu’à ce jour.

Ici et ailleurs, sur les routes d’Europe, à arpenter des kilomètres et jouer chaque soir. « Désormais, si vous voulez savoir où me trouver, sachez que je serai probablement sur la route. »
« Depuis de nombreuses années maintenant, je suis un musicien américain expatrié vivant entre Paris et la route, à vrai dire, je ne sais plus du tout où est mon « chez moi » ».

Parmi les admirateurs d’Elliot Murphy, on peut citer Peter Buck (REM), The Violent Femmes, Paul Rothchild (le producteur des Doors), Lou Reed, Tom Petty, Elvis Costello et Bruce Springsteen qui fait appel à lui pour l’accompagner à la guitare lors de ses passages à Paris comme ce fut le cas dernièrement, le 10 mai 2006, au stade de France.

200px-1969Live.jpg L’homme est aussi un écrivain. C’est lui qui rédigea les notes de la mythique pochette du double album « 1969 live » du Velvet Underground sorti en 1974. C’est le deuxième album live du groupe de Lou Reed mais cette fois, le son est propre et de nouvelles compositions viennent enrichir un track listing impeccable contenant une nouvelle version de « Sweet Jane ».

Il publie également « café notes » en 2002, un recueil de textes écrits dans des cafés lors de ses tournées européennes. Puis Poetic Justice en 2005 (un roman reprenant l’univers du western).

Sur scène, il compare son parcours de rocker américain échoué à Paris à celui de Jim Morrison dont il reprend le LA Woman (des Doors) ce soir. Mais si Morisson succomba après en 1971 après quelques mois passés dans la capitale française, Elliot Murphy, lui, « is still alive ».
Et bien, vivant. Il profite du rappel pour enlever sa chemise et exhiber de beaux pectoraux. S’ensuit un medley de reprise blues, « baby please don’t go ». Un final magnifique, à l'image d'un concert plein d'émotions. Merci Monsieur Murphy !



On pourrait dire qu'il a tout vu, tout vécu, tout connu du métier de rock star. Et, peut-être ne serait-on pas si loin que cela de la vérité .... Elliott brille d'une lueur toute particulière, au firmament du rock'n'roll, dont il a fait reluire les initiales comme peu d'autres avant lui ... Dans un genre de plus en plus squatté par de jeunes auteurs rapidement à sec ou vite prétentieux, il poursuit le sans-faute en solitaire.
' (ROCK'N'FOLK)

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