05.10.2009

Ecrire pourquoi ?

Ce matin, à propos d'un procès et d'un témoin (le général Rondot), le journaliste a employé le terme "graphomane" décrivant la facheuse manie d'un gradé du renseignement de tout noter, compulsivement. Et de m'interroger sur l'intérêt de tout ça. Ecrire pour quoi ? Pour soi? Pour les autres? Etre lu ? Se relire ? Témoigner ? Exister ?

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Et si l'écriture se suffisait à elle-même, comme un moyen de coucher sur le papier, de manière ordonnée ou non, le moment. Le figer, l'enfermer entre des pages ou une clef USB. Si le simple plaisir des crépitements du clavier, du crissement de la plume sur le papier blanc n'appelait pas de suite: une publication, une mise en ligne. Ecrire comme on collectionne les moments. Comme un collectionneur qui n'a de plaisir que dans la quête et qui, une fois son butin amassé, n'en a que faire.


Chaque année, le vide-grenier de ma ville permet de se recueillir sur les livres en fin de vie, les best-sellers qui n'interessent plus personne, les livres pour enfants qui vieillissent, les auteurs démodés, les couvertures aux couleurs passées, les tranches jaunies, les bords cornés. Est-ce cela le destin de ces paroles qui ne veulent pas s'envoler et qui encombrent nos étagères et prennent la poussière du temps ? L'éternité des mots couchés sur papier blanc n'existe plus. Pas plus que celle des pages qui encombrent Internet, tous ces écrivains qui discourent comme moi, à longueur de blogs, et qui au final, sous une apparence communautaire, ne s'interesse qu'à eux. C'est à dire à personne.


Alors, une fois balayées les notions de partage, de gloire et d'éternité, la question se pose de nouveau: écrire pourquoi ? Et finalement, se dire qu'on ne se pose pas la question du pourquoi nous respirons, du pourquoi nous mangeons. C'est naturel. A moins que cela ne soit qu'une facheuse et perverse manie de ... graphomane.

13.04.2009

Participation au quai des Ecrits

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Les membres de l'association Café Castor seront présents le 10 mai 2009 à Quimper pour le 1er rendez-vous des écritures (dans les jardins de l'évêché).

L'objectif pour Café Castor est de:
* promouvoir le concours auprès des nouvelistes, des écrivains amateurs et des auteurs indépendants présents à cette manifestation.
* présenter les parutions de l'association et une souscription au projet éditorial de l'édition 2009
* goûter aux barbe à papa et faire honneur à la buvette

Ce nouveau rendez-vous est organisé le 10 mai, le même jour que le marché des fleurs d'été, l'occasion d'une belle ballade alliant nature et culture et nous l'espérons, de belles rencontres.

26.01.2009

Tips for Better Life

Non, le Café Castor n'est une secte.
Non, les trucs neu-neu du Web ne trouvent pas de place ici.
Mais des fois, on se laisse aller ...

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1. Take a 10-30 minutes walk every day. And while you walk, smile.
2. Sit in silence for at least 10 minutes each day.
3. Sleep for 7 hours.
4. Live with the 3 E's -- Energy, Enthusiasm, and Empathy.
5. Play more games.
6. Read more books than you did the previous year.
7. Make time to practice meditation, yoga, and prayer. They provide us with daily fuel for our busy lives.
8. Spend time with people over the age of 70 & under the age of 6.
9. Dream more while you are awake.
10. Eat more foods that grow on trees and plants and eat less food that is manufactured in plants.
11. Drink plenty of water.
12. Try to make at least three people smile each day.
13. Don't waste your precious energy on gossip.
14. Forget issues of the past. Don't remind your partner with his/her mistakes of the past. That will ruin your present happiness.
15. Don't have negative thoughts or things you cannot control. Instead invest your energy in the positive present moment.
16. Realize that life is a school and you are here to learn. Problems are simply part of the curriculum that appear and fade away like algebra class but the lessons you learn will last a lifetime.
17. Eat breakfast like a king, lunch like a prince and dinner like a beggar.
18. Smile and laugh more.
19. Life is too short to waste time hating anyone. Don't hate others.
20. Don't take yourself so seriously. No one else does.
21. You don't have to win every argument. Agree to disagree.
22. Make peace with your past so it won't spoil the present.
23. Don't compare your life to others'. You have no idea what their journey is all about. Don't compare your partner with others.
24. No one is in charge of your happiness except you.
25. Forgive everyone for everything.
26. What other people think of you is none of your business.
27. However good or bad a situation is, it will change.
28. Your job won't take care of you when you are sick. Your friends will. Stay in touch.
29. Get rid of anything that isn't useful, beautiful or joyful.
30. Envy is a waste of time. You already have all you need.
31. The best is yet to come.
32. No matter how you feel, get up, dress up and show up.
33. Do the right thing!
34. Call your family often.
35. Your inner most is always happy. So be happy.
36. Each day give something good to others.
37. Don't over do. Keep your limits.

13.11.2008

Exposition Golf Drouot – Palais de Tokyo à Paris


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Une fois franchie la billetterie de la caravane du Palais de Tokyo, on découvre l’exposition « d’une révolution à l’autre ». On tente de comprendre les œuvres d’Ed Hall, Scott King et les autres. Puis, au détour, d’une salle, on entend retentir une guitare électrique.
Intrigué, on s’avance vers ce son bizarre en ces lieux habituellement habités par le silence. Sur la mezzanine, une exposition est consacrée à une révolution qui apparu en France en 1955. Il s’agit du rock, alors à ses premiers balbutiements. C’est surtout l’occasion de découvrir l’histoire d’un lieu mythique : le golf Drouot. Drouot du nom de la rue et golf car l’endroit abrité un mini-golf couvert avant d’accueillir des prestations de jeunes artistes pour la plupart inconnus du grand public. Pour le reste, d’autres sites détaillent parfaitement l’histoire de ce club.

On comprend qu’un homme a participé à l’envol des pionniers du rock français : Henri Leproux, barman de ce lieu dansant puis animateur et programmateur.

L’univers du musée pour accueillir ce thème surprend. Des sociologues ont découvert à l’occasion de leurs recherches sur le terrain une « tanière rock » représentant la « patrimonialisation de la vie urbaine électro amplifiée ». Il s’agit d’un studio de répétition d’un groupe d’Annecy de rock hardcore.

La confrontation de l’univers « muséal » à celui d’une musique populaire interroge. Va-t-on vers une momification d’un mouvement « spontané », une analyse sociologique permettant de décrypter une révolution culturelle ? Verra-t-on une reproduction d’une rave, si caractéristique des années 90, dans un musée en 2053 ? Possible. Il sera sans doute temps de passer à autre chose.

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14.09.2008

Weblog 2008

La salle est comble. Générique de début. Le lourd rideau pourpre s'ouvre et le patron des lieux, le Café Castor, une boule dans la gorge, ouvre la cérémonie.

Face à lui, ils sont tous là. Tous ceux qu'au hasard des clics, j'ai visité le temps d'un rapide coup d'oeil ou plus si affinité.

En habits d'apparat, ils sont tous venus, ils le regardent à présent. Il se sent seul dans son smoking guindé. Il va falloir être drôle, émouvant, juste.

"Je déclare ouverte la première cérémonie des Brillante Weblog Premio 2008".

(là, j'avoue qu'un malheureux copier/coller a pu pervertir le nom de cette belle cérémonie mais une âme charitable pourrait-elle m'expliquer le sens caché de ce curieux Brillante Weblog Premio 2008?)

Jingle, applaudissements polis.

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Les vainqueurs 2008 de cette édition sont:

Roulement de tambours

Topito
Des tops souvent drôles, parfois futiles, de l'insignifiant au fondamental. J'adore !

Cafe book
Un autre café où l'on parle de livres.

Blandine Langre, traductrice et critique littéraire, un blog passionant autant dans la teneur des notes que dans la qualité des commentaires.

Quelles nouvelles?
Sabine nous parle de livres, de littérature et de nouvelles avec passion. On y trouve de belles nouvelles également.

Passion de libraire
Tout est dit dans le titre, non?

Tiers livre, le projet de François Bon.

Mon blog t'emmerde est magnifiquement écrit. Sur un ton définitivement rock, drôle et inventif, on suit les aventures de Camille, membre du groupe Les Tartiflettes. Les aventures, réelles cette fois, d'un groupe qui peut rappeler, pour ceux qui l'ont lu, l'ambiance d'une répét de "la loose"

Des lapins suicidaires: hilarant !

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Merci à Sabine de "Quelles nouvelles". de m'avoir transmis ce prix.

Le règlement?

1- A la réception du prix, indiquer le nom et le lien vers le blog qui vous a récompensé

2- Choisir un minimum de 7 blogs (ou plus) que vous trouvé créatifs et beaux.
Notez leurs noms, liens et les prévenir qu'ils ont obtenu "Brillante Weblog 2008"

3- Facultatif : exposer la photo des blogs gagnants





27.06.2008

sandale, barbe et rock'n roll

Voilà une note de Fred en réponse à un commentaire laissé par Virginie sur le TOP 5 des idées profondes sur les vacances,

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Ah ces profs !! Eternels frustrés, petitement étriqués dans leur corporatisme primaire, à l'étroit dans leurs costumes pourtant trop grands pour leurs bâsses idées de lâches. (On se bat pour le service publique et la réussite de vos enfants....mon cul ! on pense qu'à ses vacances et à en branler le moins possible, tout en tapant sur la tête du pouvoir pour peu qu'il fut de droite... on a pas les moyens par-ci... on ne nous écoute pas par là... nous, les intellectuels, comme si tout les autres étaient des imbéciles ...!!) Eux, oui eux !

Les profs, qui sont à la critique et à l'auto dérision ce que la vérole est à la capote.... dommage...

Cette armée d'êtres abscons pourrait pourtant être utile à la nation... je ne sais pas moi... en redressant bénévolement l'industrie sandalière du choletais, ravagée par une mondialisation galopante, ou plus simplement encore en assurant un service minimum pourtant si précieux aux parents isolés, et curieusement défendu bien moins promptement que lorsqu'il s'agit de défendre la retraite à 55 ans ou le refus d'assurer des heures de soutien scolaire supplémentaires, cette fois dans l'interêt des élèves... mais non, là, il n'y a plus de service publique et de solidarité qui tienne... cette confrérie du "tout pour ma gueule" qui essait pitoyablement de faire croire à ses congénères qu'elle travaille pour autrui me débecte définitivement.

Alors oui, je persiste et je signe, les profs ne sont bons qu'à porter des sandales à la con avec une sacoche en bandoulière, le poil hirsute et l'oeil mauvais envers son prochain, condescendant envers sa hierarchie et méprisante à l'endroit du peuple de travailleurs honnêtes, saignés jusqu'à plus soif par un fisc assassin pour assurer la solde de cette bande de trous du cul dont le QI ne dépasse que très rarement la température anale.

oui... J'ai un peu honte.. mais seulement un peu..!

25.06.2008

A quel moment parler d’un roman ?

A quel moment parler d'un roman?

Est-ce avant de le lire, quand l’imagination frétille à l’idée de parcourir le pavé que l’on a sous la main. Rien à ce moment ne peut décevoir et toutes les promesses sont encore intactes. Comme avec « les oiseaux de proie » de Wilbur Smith où j’espère m’embarquer dans un vaisseau de pirates et parcourir les mers du monde, pourchassé par de méchants contrebandiers. Je me vois à la nuit tombée, faire mon quart sur le pont fouetté par le vent et les embruns en observant l’horizon avec ma longue vue à la lueur orangées des torches. Voilà pour l’atmosphère. Mais, que recherche-t-on lorsque l’on achète un nouveau livre ? Quel mystère souhaite-t-on percer ? Quelles passions souhaitons-nous vivre, quelles aventures ?

Alors est-ce à ce moment qu’il faut en parler ? Comme le démontre Pierre Bayard, il s'avère « tout à fait possible de tenir une conversation passionnante à propos d'un livre que l'on n'a pas lu ou qu'on a rapidement parcouru ».
La vision de son contenu est-elle comparable au souvenir diffus d’une lecture exhaustive ?

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Est-ce au moment où l’on commence à s’imprégner de l’histoire, à entrer dans le suspens ou le fil narratif. Faut-il en parler lorsque l’on partage son quotidien avec les personnages et qu’ils sont présents dans nos pensées à tout moment, qu’ils nous accompagnent toute la journée et que l’on profite du moindre répit pour les retrouver et suivre leur évolution. A cet instant, le livre nous appartient et son atmosphère nous entoure. Peu importe la suite, le dénouement, l’essentiel est dans la promiscuité que l’on partage avec les protagonistes et la douce torpeur dans laquelle nous plonge la lecture.

D’autres, les plus consciencieux et raisonnables, pencheront pour décrire un livre une fois la dernière page tournée. A ce moment, enfin, on peut comprendre tout ce qu’à voulu exprimer l’auteur. Tous ces rebondissements pour en arriver là, bien sûr. C’est la dernière étape qui permet de faire le bilan du voyage.
Mais peut-être est-ce encore trop tôt.
Laisser reposer un livre comme on laisse reposer une pate pour qu’elle soit plus malléable et se laisse mieux pétrir sous l’influence de notre esprit critique.

Ecrire pour décrire une lecture ou tenter de convaincre son interlocuteur en cinq minutes comme au café « la cour des miracles » à Rennes qui pratique le Speed Booking comme certains pratiquent le Speed Dating. Le but est de convaincre un ou une parfaite inconnue de l’intérêt du livre pour lequel on a envie de se battre. Alors pour ceux que ça intéresse, rendez-vous chaque dernier vendredi du mois, à "La Cour des Miracles", 18 rue Penhoët, à Rennes.

A quel moment parler d’un roman ? Avant, pendant ou après sa lecture ? Peut-être faut-il en parler à tout moment.
Au fait, et si vous deviez défendre un livre en 5 minutes, ce serait quel livre ? Et pourquoi ?

19.04.2008

Courrier des lecteurs

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Tout cela pourrait paraître insignifiant. D’ailleurs, ça l’est. Mais, on a son petit ego.

A force de lire dans le courrier des lecteurs du mensuel Rock’n Folk, les bafouillages pour tenter de définir ce que c’est d’ « être rock en … » (ajouter ici l’année en cours), je m’y suis mis à mon tour. Histoire d’apporter ma pierre à l’édifice, de proposer une définition dont les termes pourraient varier chaque jour ? Mais voilà, il fallait fixer sur le papier pour la postérité la définition du rock en … mettons 2008.

Alors, cela a donné cette note précédemment publiée sur ce blog et transmis au courrier des lecteurs.

Et, voilà, ce matin, boîte aux lettres, déballage du magazine de sa couverture plastique, première lecture en mode zapping comme à mon habitude. J’avais oublié cette missive écrite un soir, tard, quelques semaines plus tôt. Et puis, au détour d’une page, elle était là cette belle lettre, encadrée, publiée dans le journal mythique.

Désormais, le terme Café Castor sera définitivement associé à Rock&Folk, pour la postérité. D’ailleurs, désormais, on les confond, non ? Rock& Castor ou Café & Folk ou Castor & Folk. On ne sait plus, tout cela se ressemble.

Pour le maniaco-fétichiste du magasine rock que je suis, je peux me repaître de cette belle lettre insérée sous le fameux logo, me dire que ce courrier a sans doute été lu par la fine fleur des journalistes, Patrick Eudeline, Nicolas Ungemuth, Philippe Manœuvre, Basile Farkas, Olivier Cachin aperçu récemment au festival de BD d’Angoulême, le très grand Jérôme Soligny, HM, Géant vert, …

Voilà, j’ai la tête et les chevilles qui gonflent, est-ce normal ? Une poussée anormale et soudaine de l’ego. De nouvelles perspectives s’ouvrent à moi. Et si, dorénavant, je ne publiais sur ce site que des lettres « courriersdeslecteurisables », que du lourd, du rock, de la formule qui fait mouche avec une pincée d’ironie et de second degré.
A bien y réfléchir, pas certain que ce soit une bonne idée.

Etre rock en 2008, c’est continuer à faire ce qu’on aime, non ?

PS: la belle illustration de cette note, la femme à la grosse poitrine qui terrorise la ville, a été dessinée par Thierry Guitard. scénariste dessinateur. Son univers, inspiré des films séries Z des 60's fait souvent apparaître des monstres difformes, des enfants bizarres, des adultes atrophiés, ... Il dessine pour Libération et ... le courrier des lecteurs de Rock&Folk.

Une galerie de ses oeuvres: ici

29.03.2008

Citations Woody Allen

extraites de "Dieu, Shakepeare et Moi opus 1"

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Idée de nouvelle: une tribu de castors s'empare du Metropolitan Opera et y interprète Wozzeck. (Grand sujet. Comment le développer?)

Pris le café avec Melnick aujourd'hui. Il m'a parlé de son idée d'obliger tous les officiels du gouvernement à se déguiser en poules faisanes. Y ai longuement réfléchi.

Le doute me ronge. Et si tout n'était qu'illusion? Si rien n'existait? Dans ce cas, j'aurais payer ma moquette beaucoup trop cher. Si seulement voulait m'adresser un signe de son existence ... S'il me déposait un bon paquet de fric dans une banque suisse, par exemple !

Nous nous disputés et elle a remis sur le tapis la question des enfants, mais j'ai réussi à la convaincre qu'ils seraient trop jeunes lorsque nous en aurions.

A mesure que l'on avance dans la vie, il est extrémement important de faire des économies, et l'on ne devrait jamais gaspiller son argent en achats inutiles, comme par exemple du jus de carottes ou des chapeaux en or massif.

L'argent n'est pas tout, mais il est préférable à la santé. Essayez donc d'aller dire à votre boucher: "regardez comme j'ai bonne mine, je n'ai jamais été malade de ma vie" et voyez ce qu'il vous donne en échange.

L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières.

09.02.2008

Tu seras un Homme, mon fils

ba49d94617e134fd13b03bc3e54db639.jpg Juste pour le plaisir de relire ce texte magnifique d'un auteur à l'incontestable talent narratif mais aux idées rances (nationalisme, impérialisme, militarisme, scoutisme):





Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING

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