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        <title>Cafe Castor</title>
        <description>Un endroit de passage pour échanger le temps d'un café</description>
        <link>http://cafecastor.hautetfort.com/</link>
        <lastBuildDate>Sat, 17 May 2008 10:42:42 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Rencontre hors cadre</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Sat, 17 May 2008 10:42:42 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lepapiercolonial.com/img/chaf_1/mar336.jpg&quot; alt=&quot;mar336.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un mur peint en blanc, en montant le magistral escalier en bois d’un riad luxueux, je m’arrête sur le palier. Au dessus de moi, quatre photographies sont exposées sur le mur blanc. Ce sont des reproductions de cartes postales anciennes, l’une d’elle est datée de 1912. Elle représente une partie de la ville, une entrée de la Médian. Des hommes sourient en portant leur regard vers l’objectif, sans doute intrigués par le drôle d’appareil en bois sur pied qui les fixe. Ils sont beaux dans leur djellaba blanche, témoins muets d’un passé évanoui. Ils me regardent, je les observe. Un échange à travers le temps, les lieux, les cultures, la mort. Je m’abime dans le sépia et plonge entre les baguettes de bois couleur ébène. J’atteins cette autre réalité que peu d’occidentaux connurent. Seuls les aventureux traversaient les terres espagnoles, le canal de Gibraltar puis de Casablanca rejoignaient Marrakech. A moins que ce fussent des navigateurs espagnols ou portugais. &lt;br /&gt;Derrière moi, j’entends des pas qui gravissent l’escalier, me croisent puis s’estompent. Je prends conscience du lieu où je me trouve. Ici, l’observation attentive de cette photo prend tout son sens. Je pourrai être ce photographe qui, ce jour de 1912, se pencha sous la cape noire de son appareil puis déclencha son objectif pour immortaliser une scène de la vie d‘ici. Une réalité qui n’était pas la sienne et qu’il a voulu domestiquer sur papier. Fier de cet instantané, il est retourné parmi les siens et a exposé ses clichés pour témoigner, pour faire découvrir cette autre réalité « exotique ». Cette image devint carte postale, griffonnée d’un côté, estampillée de l’autre. Elle traversa les mers. La finalité était la même. Elle rendait compte. C’est sans doute cette même motivation qui me fit sortir mon appareil photo numérique cet après-midi pour collecter des fragments d’ici. Je les diffuserai, les commenterai fièrement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ces hommes en blanc sourient-ils ? Peut-être sont-ils tout simplement heureux d’être là, ensemble, sur cette petite butte devant une des portes de la cité promise. Ce sont des voyageurs, le lourd attelage de leur mule en témoigne. Combien de jours de marche ont-ils effectué avant d’atteindre leur destination ? Comment cette carte postale a-t-elle voyagé à travers le temps ? Ces voyageurs ont-ils des descendants ? Ces descendants savent-ils que leurs glorieux ancêtres ornent les murs d’un riad ? Les questions se bousculent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon grand-père paternel fut lui aussi pris en photo dans les années 30. Cette photo devient, elle aussi, une carte postale qui le représente assis sur une moto, à l’arrêt, devant une pompe à essence, dans la rue principale d’un village breton. Peut-être cette carte postale est-elle exposée sur les murs d’un pallier d’escalier d’un luxueux hôtel de bord de mer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/02/01/1039054766.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/02/01/1669345339.jpg&quot; id=&quot;media-1020125&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1039054766.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fin de journée, après une longue journée de découverte de la côte, un touriste allemand gravit les marches pour rejoindre sa chambre. Il stoppe un instant son ascension et se laisse happer par l’image en noir et blanc au dessus de sa tête. Il se représente le quotidien de cette région au début du siècle dernier. Il observe ce motard immobile. Qui est-il ? A-t-il eu des descendants ? Sont-ils vivants ? &lt;br /&gt;C’est un allemand ou peut-être un marocain. &lt;br /&gt;Une rencontre improbable, hors cadre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Living legends</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 14 May 2008 22:32:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.fr/Cafecastor/Concerts/photo#5200322744473038514&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lh6.ggpht.com/Cafecastor/SCtB-82zLrI/AAAAAAAAEQA/u1T30Kh2xzc/s400/WE%20Mai%202008%20033.JPG&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Fleshtones à Brest, Le Vauban le 13/05/2008  &lt;/em&gt;Photo: Cafe Castor&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois de plus, les Fleshtones étaient à la hauteur de leur légende: tout simplement le meilleur groupe de scène actuel !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;&lt;em&gt;Rock and roll is a pretty egalitarian affair. On any given night any band can be the best band in the world, if only for ten minutes. The amazing thing about the Fleshtones is that every night for the last thirty years they have consistently been the best live band on earth. Year in, year out – high, low and in between – the Fleshtones have embodied the very essence of rock and roll. . Now it’s up to you to check out the Fleshtones when they hit your town.&quot; &lt;/em&gt;– Peter Buck, R.E.M.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/gB8iFVc9cYM&amp;hl=fr&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/gB8iFVc9cYM&amp;hl=fr&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
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                <title>Les chats du souk</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Mon, 12 May 2008 21:57:44 +0200</pubDate>
                <description>
                    Ils sont malingres, le poil sale et économisent leur gestes. Ils longent en silence les murs, aux aguets. Dans les ruelles étroites, les vélomoteurs pétaradent et font retentir leur avertisseur pour se frayer un chemin dans la masse grouillante. Les passants se retournent mollement, habitués au bruit strident des klaxons et se poussent pour laisser place à l’engin. On se croise, s’entrecroise, se bouscule, slalome sans ordre apparent. De loin, cette agitation pourrait ressembler aux vers se partageant la charogne d’un animal. Les uns sur les autres, derrière, devant, partout. Les vendeurs de cigarettes font aller et venir leur monnaie dans leurs mains pour signaler  leur présence. Les sollicitations sont continuelles. « Pour le plaisir des yeux », « juste pour voir », « c’est gratuit ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.marocantan.com/images/marocmarrakechsouk.jpg&quot; alt=&quot;marocmarrakechsouk.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chats observent ce chaos dans une indifférence et un calme surprenants. Ils plissent leurs yeux bridés, plein de la sagesse ancestrale de leurs ascendants. Les plus petits d’entre eux attirent la sympathie. Dans un bol, ils lapent un fond de lait sous le sourire bienveillant d’un marchand assis sur un tabouret au coussin fatigué. Le commerce s’organise, l’argent passe de main en main : tout se vend, tout s’achète dans la cohue. Lapins, œufs, sèche-cheveux, lecteurs MP3, lotions pour le corps, instruments de musique traditionnelle, épices, babouches, bijoux, chandeliers, tapis, tout y est. En ordre ou en désordre. En stock, exposé ou en arrière boutique mais accessible. Dans sa propre boutique ou une autre mais disponible. Chaque demande, chaque besoin à peine exprimé peut être satisfait. Tu demandes, tu as, tu paies. Les intermédiaires peuvent être nombreux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au delà du tourisme triomphant, du folklore, il y a un vrai commerce. Ce n’est pas que du décorum, les grandes surfaces n’ont pas encore envahi le centre ville et pour les habitants de la Médina, le souk reste le meilleur moyen de s’approvisionner que ce soit pour l’alimentaire ou pour le reste. Depuis le XIIème siècle, dès la fortification de la ville sous les Almoravides, il est le poumon de la ville rouge. Les caravaniers s’y arrêtaient sur la route du Sahara. Ici, les 40 000 artisans de la ville perpétuent un savoir-faire dont les rudiments étaient enseignés sur la place principale de la ville. Chaque corporation initiait les populations descendues des montagnes à leurs tours de main. &lt;br /&gt;Un chat erre sur une pile de détritus à la recherche d’un peu de nourriture, de quoi manger. Il est maigre et économise ses gestes. Comme beaucoup, ici. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcher ou piétiner, dans la cohue est riche de sensations. Les odeurs apparaissent, explosent, s’enchaînent, se fondent. On perçoit l’urine versée au petit matin et chauffée par le soleil, les bois de senteur en combustion qui apporte un parfum d’Orient, les cadavres de lapins en décomposition accrochés à un crochet et exposés à la vue des passants, des poissons évidés, du musc, de la poussière, du cumin, des peaux fraîchement tannées, des gaz des pots d’échappement. &lt;br /&gt;Avancer, porté par la foule, attentif à ne pas gêner le flux des cyclos, des porteurs avec leur chargement entassé dans une carriole métallique à la peinture écaillée, des calèches aux couleurs bleues et crèmes triomphantes, des ânes chargés de marchandise  dont les propriétaires tapent la croupe avec vigueur. Chacun se signale en gueulant, en klaxonnant. L’endroit est clos et tous ces bruits sont amplifiés par l’exiguïté des allées. C’est à peine si l’on distincte les miaulements du chat. Pourquoi miaule-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’oublie vite la question, embarqué par le flux, en route vers d’autres mystères. Du toit, des trouées de lumière percent l’obscurité, la poussière y est visible, presque palpable. Elle danse là-haut, scintille devant nos yeux dans un hale magique. Elle remonte vers le ciel que l’on devine entre les interstices des canisses. Il y a des avenues, des ruelles, des cours, des culs de sac. Difficile de se repérer dans ce dédale. On rentre motivé dans l’écheveau inextricable de ruelles, décidé à rejoindre un point précis. Ensuite, on oublie, le temps s’étire, on prend des détours, on se laisse entraîner par la curiosité loin des aspirations de départ. On musarde, le nez en l’air, sans but, ouvert à l’inconnu. Les chemins de traverse se multiplient. Tout à coup, sans prévenir, la lumière s‘éclaircit. L’éblouissement du soleil réveille, l’air libre surprend. Une très légère brise s’est levée, elle lave la saleté qui nous environne. Je me sens observé. Je m’éloigne. Le regard fixe d’un chat me suit longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime&lt;br /&gt;Tirées comme un aimant, &lt;br /&gt;Se retournent docilement&lt;br /&gt;Et que je regarde en moi-même,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vois avec étonnement&lt;br /&gt;Le feu de ses prunelles pâles,&lt;br /&gt;Clairs fanaux, vivantes opales,&lt;br /&gt;Qui me contemplent fixement.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C.Baudelaire - Les Fleurs du Mal  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://francesca-brenda.blog.lemonde.fr/files/2007/01/souk-21.JPG&quot; alt=&quot;souk-21.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MARRAKECH CANICULAIRE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Atlas mis à nu le paysage&lt;br /&gt;Est crucifixion incommensurable&lt;br /&gt;Les matins attendus saignent langueurs folles&lt;br /&gt;Vaincus les arbres désavouent toute fraîcheur &lt;br /&gt;Et même si les gens repensent par étés le temps&lt;br /&gt;En douces escapades de café&lt;br /&gt;Pressurant mots et maux en célestes orangeades&lt;br /&gt;Même s'ils fignolent à l'envi les charmes&lt;br /&gt;De la réalité&lt;br /&gt;Tu es là Marrakech ceinte d'épées&lt;br /&gt;Atrabilaires&lt;br /&gt;Encastrée&lt;br /&gt;Engouffrée&lt;br /&gt;Conjuguant l'apathie d'un peuple différé&lt;br /&gt;Tu es là dansant&lt;br /&gt;La gigue des calèches cagneuses&lt;br /&gt;Par groupes de cochers fouettant l'atonie&lt;br /&gt;Par cercles d'oisifs peuplant d'âmes qui errent&lt;br /&gt;L'espace de curiosités publiques&lt;br /&gt;Tu es là&lt;br /&gt;Endolorissant le sommeil de chaleurs telluriques&lt;br /&gt;Criant de tes blessures d'argile stérilisée&lt;br /&gt;Le jour et la nuit au soleil qui dégénère&lt;br /&gt;Jusqu'au retournement des temps&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abderrahmane BENHAMZA&lt;br /&gt;
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                <title>Viens voir la vie avec moi</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Sun, 11 May 2008 00:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Quel fut véritablement ton premier amour ? &lt;br /&gt;La toute première jeune fille qui te fit éprouver ce « &lt;em&gt;sentiment d’infini à la portée des caniches&lt;/em&gt; » comme l’écrivait Céline ? &lt;br /&gt;La scène se passait dans le salon familial, perché au quatrième étage d’une tour construite dans les années soixante. Allongé sur le tapis usé, la tête reposant sur le buffet en bois couleur ébène dans une position inconfortable, j’observais les images s’animer sur le gros poste de télévision en noir et blanc. Il fallait du temps pour le mettre en route, qu’il chauffe suffisamment. Nous attendions patiemment devant l’écran monochrome que l’image se précise. Puis, c’était l’heure du feuilleton. Il y avait des épisodes de Maigret qui m’ennuyaient. Trop longs, trop lents. J’aimais les histoires d’animaux, Rintintin le chien, Flipper Le Dauphin, Skippy le kangourou, Belle et Sébastien. &lt;br /&gt;Plus tard, je découvrais une autre série, « le jeune Fabre », programmée à la même heure. Je retrouvais l’acteur ayant incarné Sébastien dans un rôle de jeune homme dans le quartier de Montmartre des années 70. A 16 ans, il découvre le sentiment amoureux, la jalousie, les déceptions également. Il fait ses premiers pas dans la vie professionnelle, se confronte à son père, peintre instable, trop porté sur la boisson et incapable d’élever seul son fils. &lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.mange-disque.tv/fstb/tn_md_913.jpg&quot; alt=&quot;tn_md_913.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;La première diffusion date de 1973. J’avais 6 ans. Ai-je revu cette série plus tard ? Mes premiers émois furent-ils éprouvés dès 1973 ? A vrai dire, il fut rediffusé vers 1985/1986 « Ma mémoire est incertaine mais mon cœur, lui, n’oublie pas » comme le chantait Demis Roussos, alors en pleine gloire, qui signe le générique de ce feuilleton.&lt;br /&gt;Comment oublier les jupes courtes de l’actrice, son regard malicieux, son sourire, son charme ? Ces trucs là, ça marque une vie ! Cette douce romance, que je trouverai vraisemblablement kitch si je la revoyais après toutes ces années, me permettait de m’évader de l’univers des séries pour plus jeunes. J’étais sans doute trop naïf pour m’identifier au personnage masculin (Medhi, le fils de l’auteur, Cécile Aubry). Pourtant, je pressentais, en vivant ces aventures par écran interposé, la possibilité d‘une totale liberté. Ce jeune homme qui fréquentait une belle jeune fille, qui courait dans les rues de la ville sans se soucier de l’heure, qui séchait les cours, s’évadait de chez lui, se construisait un avenir, s’opposait à son père, quel choc ! Et cette relation toute particulière entre les deux personnages centraux, Jérôme et Isabelle, de quoi s’agissait-il ? Que savais-je de ce qui pouvait unir un homme et une femme ? Il n’y avait là aucune sexualité identifiée comme telle. Pourtant ces deux là, ils se tournaient autour d’une façon qui m’intriguait. Ils paraissaient si contents d’être ensemble, si heureux de se retrouver. Elle le regardait avec de grands yeux plein d’espoir. Ce beau sentiment était exacerbé par la musique romantique du générique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’âge de 14 ans, j’avais commencé à approcher les jeunes filles et cernait mieux ce que pouvait être une belle relation fleur bleue. C’est à cette époque que la belle actrice m’apparue de nouveau sur l’écran de télévision pour jouer le rôle de Joëlle Mazart, une assistante sociale dans un lycée difficile. Elle était devenue une jeune femme, raisonnable, prodiguant de bons conseils à des adolescents en difficultés. L’effet d’identification fonctionna de nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, ce fut dans ce salon du quatrième étage d’une tour des années soixante, la tête inconfortablement posée sur le buffet, que je découvrais ce que pourrait être le sentiment amoureux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/nvIoZ1krTzw&amp;hl=fr&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/nvIoZ1krTzw&amp;hl=fr&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;Elle, chante la vie&lt;br /&gt;C'est une fille, belle&lt;br /&gt;Comme Montmartre dans ses vignes&lt;br /&gt;Elle, te dit Viens, descends donc par la rue des Saules&lt;br /&gt;Tu as le soleil sur ton épaule&lt;br /&gt;Viens, voir la vie avec moi &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Paroles du générique du « jeune Fabre»&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>L’excitation du départ</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Voyage</category>
                                                <pubDate>Sat, 10 May 2008 12:24:37 +0200</pubDate>
                <description>
                    A bien y réfléchir, je ne vois pas plus grand luxe que celui de ne pas être à ma place. Ne pas être dans les lieux habituels, sortir du cadre de la photo, s’éloigner des rives connues pour explorer de nouvelles contrées dont l’observation m’interroge. Je me compare à un passager clandestin qui s’immisce dans un voyage sans y être invité.&lt;br /&gt;Bientôt le départ et il faut penser à ne rien oublier : brosse à dent, maillot de bain, livre, carnet d’écriture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mondialisation n’a pas tout envahi. Même si l’on se déplace de plus en plus, même si le brassage de population est de plus en plus important et que la notion d’ « étranger » devient souvent relative, je reste adepte de ce luxe de changer de lieu comme l’on change de peau.&lt;br /&gt;Combien de générations avant nous ont pu ainsi voyager, découvrir de nouveaux horizons ? Pour ce qui me concerne, seule la génération de mes parents a voyagé avant moi. Mes ascendants ne disposaient qu’en petites quantités du temps libre et n’éprouvaient sans doute pas l’envie de crapahuter à travers le monde. Ils vivaient dans leur réalité, heureux, aucunement frustrés de leur statisme et satisfaits des récits des grands explorateurs qui nourrissaient leurs imaginaires et forgeaient leurs à priori. Quant à l’avenir, la raréfaction des ressources pétrolières et leur hausse tarifaire continuelle pourrait rendre onéreux les longs déplacements.&lt;br /&gt;Chaque fois, c’est pareil. La proximité du départ me transporte et j’imagine, je fabule, j’envisage les prochains jours. Ce sont les zones d’ombre qui m’excitent, les plans galères, les programmes mal ficelés. Dès mes tous premiers voyages, je cherchais le sommeil la veille du départ. Dernière nuit dans mon lit, après … &lt;br /&gt;L’inconnu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.amboise-valdeloire.com/espace/images/pages/cheverny3.gif&quot; alt=&quot;cheverny3.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me compare à mon modèle d’explorateur ultime : Tintin. Il paraît si à l’aise dans son &lt;a href=&quot;http://moulinsart3d.free.fr &quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;château de Moulinsart &lt;/a&gt;au début et à la fin de ses aventures. Il faut ensuite aller sauver le monde, quitter son univers feutré pour les cimes enneigées du Tibet ou les cratères de la lune. Et quels que soient les périls encourus, les pays visités, il revient inévitablement à son point de départ, dans son univers familier dans le château des ancêtres de son ami, le capitaine Haddock. Seuls quelques discrets objets insolites, une statuette, un poignard, attestent de ses précédentes aventures. Tintin est aussi un explorateur de l’ancien temps, ancré dans ses certitudes, vaguement condescendant avec les indigènes, colonialiste et nourri de préjugés envers les « petits noirs » comme dans ses aventures au Congo. Sa présence apportait le « progrès », la civilisation, l’évangélisme auprès de populations locales. J’aimerai penser que je ne suis pas comme lui, m’écarter du modèle du petit blondinet en short et aux hautes chaussettes, de l’occidental aux poches pleines de monnaie que les populations locales viennent quémander et que l’on jette comme l’on jetterait des cacahuètes aux singes. Chacun dans son rôle. Le riche et le pauvre. Le donneur, le quémandeur. Suis-je réellement différent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être que vouloir céder au luxe de ne pas être à ma place, c’est aussi cela. Oter le costume de Tintin, ne plus me déguiser, être soi-même sans jouer les intrus et vouloir me fondre dans le décor ; mieux encore, en faire partie intégrante. Il ne s’agit plus de vivre de grandes aventures mais tenter, d’un point fixe, de comprendre l’environnement, ne pas y arriver car je n’aurai pas les clefs. Alors, je me contenterai d’éprouver, de ressentir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le simple déplacement n’est pas un voyage. Le fait d’aller d’un point à un autre correspond d’avantage à un trajet. L’uniformisation des zones urbaines, de la musique, de la nourriture, de certains usages permettent aux hommes d‘affaires pressés de se retrouver dans leur Moulinsart, dans chaque ville. La chaleur rassurante des couloirs d’hôtels moquettés, le goût uniforme des hamburgers spongieux, les affiches publicitaires pour les produits de beauté, tout concourre à une standardisation rassurante. Pour les autres, il y a les chemins de traverse, les rues d’à côté. Je me souviens d’un bistrot mal fréquenté à Portici, dans la baie de Naples ou d’une cantine pour Chicanos sur Miami Beach. Je fuyais le groupe, l’organisation de voyages professionnels trop bien huilés pour me mélanger et tenter de mieux comprendre la vie locale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque fois, c’est pareil. La proximité du voyage m’envahit, tel un vertige devant la profondeur de l’inconnu. Il y a ces quelques secondes d’éternité que l’on peut éprouver avant de sauter dans le vide, un élastique accroché au bout de ses chaussures. Je voyais mes camarades en bas, tous petits qui me criaient des mots que je pouvais pas comprendre. Les pieds à quelques centimètres du vide, les yeux fixant alternativement l‘horizon et l’espace me séparant du sol. On se dit que c’est contre nature et l’instinct de protection lutte pour empêcher cette folie. Le taux d’adrénaline monte. C’est ainsi que je ressens cette proximité du départ. A présent, il est temps de sauter, de quitter Moulinsart et de concrétiser mes &lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/list/les_livres_du_cafe_castor/envies_d_ailleurs.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;envies d’ailleurs&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/04/27/elliot-murphy-live.html</guid>
                <title>Elliot Murphy live</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 27 Apr 2008 14:47:50 +0200</pubDate>
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                    Quelques notes sur le concert d'hier soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la place du château, le soleil se couche et les tourelles se dessinent en ombres chinoises. Les lumières colorées de la scène peuvent éblouir à leur arrivée sur scène les membres du Normandy All Stars. Olivier Durand, ex compagnon d’arme de Little Bob Story est le premier à égrener des notes avec sa guitare électro-acoustique. Puis Alan Fatras l’accompagne derrière ses futs. Il a joué avec Moon Martin, Marc Minelli et accompagne Crumble Lane. Enfin, Laurent Pardo fait vrombir sa basse (il a accompagné Kid Pharaon). Le backing band est en place, ne manque plus que la star du show. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.festivaldesgranges.com/2006/images/Elliot.jpg&quot; alt=&quot;Elliot.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elliot Murphy investit à son tout l’espace. La dégaine est rock. Il porte un chapeau de cow-boy sous un foulard redneck qui laisse dépasser de longs cheveux blonds. Une chemise aux motifs colorés dépasse d’un petit gilet noir étriqué. Le son est difficile, la configuration de la place renvoie un écho désagréable, la voix est trop mise en avant. Très vite, pourtant le concert se rode et on oublie ces désagréments. &lt;br /&gt;Le répertoire oscille entre ballades folk et rock bavard. De longues introductions permettent d’entendre les  guitares cristallines d’Elliot Murphy et Olivier Durand jouer en duo. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, c’est la voix qui impressionne le plus, grave et profonde. Une voix d’outlaw, de baladins de la cause folk. Elliot Murphy est américain. Il est né à Garden City, près de New-York en 1949.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Wikipedia : « &lt;em&gt;Encouragé par sa mère Josephine, Elliott Murphy apprend la guitare à l’âge de douze ans. Avec son époux Elliott Senior, elle lui transmet sa passion de la musique et du spectacle. Elliott Murphy a seize ans lorsque son père décède. Fils aimant, il leur dédiera deux chansons : &quot;On Elvis Presley Birthday &quot; et &quot;Time Flies&quot;. Adolescent, il joue dans de petits groupes amateurs de rhythm'n'blues. Il part ensuite pour l'Europe et y fortifie sa formation de musicien en jouant dans les rues de nombreuses villes.&lt;br /&gt;Elliott Murphy enregistre en 1973 chez Polydor un premier album prometteur &quot;Aquashow&quot; pour lequel il est accompagné par un groupe de folk-rock dont son frère Matthew Murphy à la basse.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette époque, il a chatouillé le succès. Ce premier disque, impeccable est encensé unanimement par la critique. Des articles lui sont consacrés dans les journaux Rolling Stone, Newsweek, The New Yorker. Les radios, télévisions le qualifient de « nouveau Dylan » et d’ « héritier naturel de Lou Reed ». Ils louent son écriture, ses textes proches de l’univers de Scott Fitzgerald. Chacun lui promettait un bel avenir fait de disques dorés, de hits, de popularité, de stades emplis d’une foule extatique. Pourtant, il en fut autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le succès ne vint pas. Le grand public passe à côté de cet artiste. Alors, il décide de rejoindre la France et s’expatrie à Paris en 1989. Il y restera jusqu’à ce jour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici et ailleurs, sur les routes d’Europe, à arpenter des kilomètres et jouer chaque soir. « &lt;em&gt;Désormais, si vous voulez savoir où me trouver, sachez que je serai probablement sur la route.&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Depuis de nombreuses années maintenant, je suis un musicien américain expatrié vivant entre Paris et la route, à vrai dire, je ne sais plus du tout où est mon « chez moi &lt;/em&gt;» ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les admirateurs d’Elliot Murphy, on peut citer Peter Buck (REM), The Violent Femmes, Paul Rothchild (le producteur des Doors), Lou Reed, Tom Petty, Elvis Costello et Bruce Springsteen qui fait appel à lui pour l’accompagner à la guitare lors de ses passages à Paris comme ce fut le cas dernièrement, le 10 mai 2006, au stade de France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/3/3c/1969Live.jpg/200px-1969Live.jpg&quot; alt=&quot;200px-1969Live.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt; L’homme est aussi un écrivain. C’est lui qui rédigea les notes de la mythique pochette du double album « 1969 live » du Velvet Underground sorti en 1974. C’est le deuxième album live du groupe de Lou Reed mais cette fois, le son est propre et de nouvelles compositions viennent enrichir un track listing impeccable contenant une nouvelle version de « Sweet Jane ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il publie également « café notes » en 2002, un recueil de textes écrits dans des cafés lors de ses tournées européennes. Puis Poetic Justice en 2005 (un roman reprenant l’univers du western).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur scène, il compare son parcours de rocker américain échoué à Paris à celui de Jim Morrison dont il reprend le LA Woman (des Doors) ce soir. Mais si Morisson succomba après en 1971 après quelques mois passés dans la capitale française, Elliot Murphy, lui, « is still alive ».&lt;br /&gt;Et bien, vivant. Il profite du rappel pour enlever sa chemise et exhiber de beaux pectoraux. S’ensuit un medley de reprise blues, « baby please don’t go ». Un final magnifique, à l'image d'un concert plein d'émotions. Merci Monsieur Murphy !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/-cyS6TOE_SM&amp;hl=en&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/-cyS6TOE_SM&amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;On pourrait dire qu'il a tout vu, tout vécu, tout connu du métier de rock star. Et, peut-être ne serait-on pas si loin que cela de la vérité .... Elliott brille d'une lueur toute particulière, au firmament du rock'n'roll, dont il a fait reluire les initiales comme peu d'autres avant lui ... Dans un genre de plus en plus squatté par de jeunes auteurs rapidement à sec ou vite prétentieux, il poursuit le sans-faute en solitaire.&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;' (ROCK'N'FOLK)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Une fière chandelle</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 26 Apr 2008 00:03:02 +0200</pubDate>
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                    &lt;br /&gt;Tout cela est totalement ridicule. Une simple phrase prononcée avec enthousiasme pour féliciter une collaboratrice qui m’avait rendu un service et voilà. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous connaissez mon entreprise ? Les transports Michard sont spécialisés dans le transport de matières dangereuses ou nécessitant beaucoup de soins (donc à forte valeur ajoutée). L’entreprise a été crée par mon père et mon oncle Jacques et j’y ai fais mes premiers pas. Je veux dire que j’y ai réellement appris à marcher dans ce long couloir. Ma mère m’a raconté que les employés avaient applaudi lorsque j’avais commencé à avancer seul d’une démarche mal assurée. Puis, j’y ai fait mes premiers pas de commercial et j’en suis aujourd’hui le directeur. Là, les employés n’ont pas tous applaudi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est marrant ce terme de directeur. Je ne suis pas arrivé à intégrer qu’il s’agit de moi lorsque l’on m’appelle ainsi. Monsieur le Directeur, ça vous pose un homme, non ? On imagine des berlines de luxe, des appartements de fonction, le week-end au golf de Deauville (invité par un fournisseur généreux), des secrétaires ravissantes. Mais, je vous arrête. Vous faîtes fausse route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez plutôt une zone industrielle, des repas le midi pris à la cafétéria de l’hypermarché. C’est rapide, pas cher, pas besoin de réserver et chacun peut choisir ce qu’il veut. C’est pratique. Le lundi, j’y accompagne l’équipe commerciale région nord, le mardi, les administratifs et le reste de la semaine, je squatte les tables des esseulés qui, comme moi, traînent devant leur plateau en faisant semblant de ne pas m’avoir vu. Qui aurait envie de manger avec le patron sur le peu de temps libre qu’il a entre midi et deux ? &lt;br /&gt;Pourtant, je vous assure, j’essais d’être sympa, à l’écoute, de réduire la distance qui pourrait y avoir avec mon équipe. Je voudrais être proche, dans tous les sens du terme, juste à ma place. Peut être même un peu plus, au-delà du professionnel. Je vous l’ai dit, j’ai toujours connu cette entreprise, elle fait partie de moi et certains de ses collaborateurs y étaient sans doute déjà à ma naissance. Vous imaginez ? Ils m’ont connu tout petit, m’ont vu grandir et aujourd’hui je les dirige. Je me sens investi d’une mission. Penser à l’avenir, assurer un boulot pour tous mes gars sur la route. C’est de plus en plus difficile, le contexte concurrentiel devient très agressif avec les pays de l’Est qui … Bon, bref, on ne va parler politique ou économie, ça ne sert à rien, ça ne vous intéresse pas et ce n’est pas le sujet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai repris les rennes de l’entreprise après le décès de mon oncle. Il y a …. Combien de temps …. 7 ans ? Oui, je crois que c’est ça. Déjà 7 ans ! J’ai bien vu que les gars n’allaient pas me faire de cadeaux mais j’ai su gagner leur confiance au fil du temps en réglant tous les petits problèmes du quotidien, en poussant des coups de gueule de temps en temps. Il a fallu aussi mettre le holà avec certains commerciaux. Comme j’avais été leur collègue pendant quatre ans sur la région centre ouest, certains ont eu du mal à respecter mes nouvelles fonctions. Il a fallu modifier le type de relations que nous pouvions avoir. Cela a pris du temps car je ne voulais pas d’électrochoc, je souhaitais que les choses se fassent naturellement. Il fallait respecter la culture de l’entreprise Transports Michard, « laissez vous transporter avec Michard ». Après ma nomination, ma charge de travail ne me permettait plus d’aller visiter les clients. Ce fut l’occasion de mieux connaître le personnel des bureaux de Courbevoie, les administratifs : Sylvain, le jeune comptable, Karine et Fatima, les deux standardistes en charge de la saisie et du suivi des commandes, Mme Jocelyne Coutard, ma secrétaire. C’est ainsi, j’appelle certains par leurs prénoms, je les tutoie. Avec d’autres, je veux garder une distance. C’est le cas avec Mme Coutard. Pourtant, curieusement, ce vouvoiement n’arrive pas à masquer la proximité que nous avons établie. Elle est, avec ma femme, la personne qui me connait sans doute le mieux. Pensez-donc. Sept ans que l’on vit l’un à côté de l’autre, qu’elle m’observe, déchiffre mes humeurs et anticipe le moindre de mes besoins. C’est une excellente collaboratrice, impliquée, et responsable. Son dévouement m’épate. D’ailleurs, je m’interroge parfois sur ses vraies motivations. Que cache ce total investissement ? Quelle contrepartie attend-elle ? Son salaire est correct, sans plus. Alors qui a-t-il derrière ce labeur ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me porte une grande admiration dont je ne me sens pas toujours à la hauteur. Ok, je suis un bon professionnel, j’essaie. Mais, elle m’idéalise. Je le sens. Elle porte une attention aux remarques anodines que je peux lui faire. Ce sont les commerciaux avec leurs grandes gueules qui m’ont mis la puce à l’oreille un midi, à l’heure du café. Nous plaisantions sur les femmes en général, une conversation un peu lourde entre mecs, des rires francs lorsque Bernard Le Foll, en charge du Sud Ouest,  s’est exclamé en s’adressant à moi: « et Jocelyne, t’as vu les yeux qu’elle te fait ? A mon avis, faudrait pas trop la pousser. D’ailleurs, il parait qu’elle l’a confié. Pas directement mais c’est tout comme. Elle parle tout le temps de toi. Ses collègues l’a trouvent même lourde avec ça. Et Monsieur Michard par ci, et Monsieur Michard par là. Tu es son seul centre d’intérêt. Tu travailles trop, tu n’as pas l’air en forme, tu ne t’es pas rasé ce matin. Elle réussi à savoir où tu pars en vacances,  te tire les vers du nez pour récolter quelques anecdotes estivales, s’intéresse à la réussite scolaire de tes gamins. Elle diffuse ensuite ces informations indispensables au reste de l’entreprise qui s‘empresse de les interpréter et les déformer, tu t’en doutes. Bref, nous, on se marre. Mais, ne t’inquiété pas. Il n’y a pas de ragots. Chacun sait ce que tu en penses. D’ailleurs Jocelyne n’essaie pas de faire croire que vous pourriez avoir des relations particulières … privilégiées si tu vois ce que je veux dire… Il ne s’agit pas de cela. L’autre, elle est tout simplement dingue de toi ».&lt;br /&gt;Je n’ai pas renchéri. D’ailleurs que répondre ? Alors qu’ils guettaient un commentaire ironique sur la situation, je souriais poliment et me taisais. Je ne voulais pas la dévaloriser, en faire une victime, la risée du reste du personnel, la transformer en baudruche pathétique. Je savais que mes propos seraient repris. Alors, je me dis que cet excès de zèle pourrait lui nuire et qu’il faudrait que je lui en parle. Tout ça devenait exagéré, gênant. Le seul commentaire que je m’autorisais fut « c’est une excellente collaboratrice ». Je n’avais pas habitué les commerciaux à cette langue de bois, aussi ma petite phrase glaça l’ambiance. Ils avaient senti qu’il s’agissait d’un sujet sensible et cela me conforta dans un embarras dont je ne savais comment me défaire. J’avais le sentiment que tout le monde avait compris. Oui, c’était une pauvre fille, non ? Elle avait, quoi ? Quarante ans ? Célibataire, pas vraiment d’atouts pour elle. Je veux dire pas vraiment belle, pas vraiment hideuse non plus. Juste une bonne femme transparente, insignifiante qu’il faut du temps pour remarquer. Un physique passe-partout qui s’oublie vite. Une petite voiture, des petites habitudes, une petite vie de vieille fille. Je me souviens d’elle lorsqu’elle a été embauchée dans l’entreprise. Je crois que c’est mon père qu’il l’a recruté. Elle était plutôt jolie fille à l’époque. Et puis, comme une fleur, je l’ai vu se faner. Sa garde robe ne se renouvelait plus. Elle abandonnait l’époque pour rester bloquer au milieu des années quatre vingt et devenir gentiment ringarde. Le temps avait passé sur elle, des poches avaient poussé sous ses yeux et d’actrice, elle était devenue spectatrice des autres et de sa propre vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a environ huit mois, nous avons reçu un courrier de la Direction Générale des Impôts nous informant qu’une enquête fiscale était en cours sur nos dernières déclarations. Jusque là, l’entreprise était passée à côté de ce type de contrôles mais il fallait bien que ça arrive un jour. Un inspecteur du fisc s’est présenté, un type au regard de fouine qui souriait tout le temps mais dont la bonhommie apparente m’inspirait la plus grande méfiance. Il s’est installé dans mon bureau et a réclamé tous nos documents comptables. C’était un excellent professionnel. A la fin de la première matinée, avec son œil avisé d’expert, il a tout de suite découvert les retards dans le paiement de la TVA. Cela commençait mal. Puis, il a tout épluché, méthodiquement, sans empressement. Les liasses fiscales s’accumulaient sur mon bureau, il en réclamait sans cesse de nouvelles. Puis ce furent les justificatifs des notes de frais, les déclarations d’investissement. Comme toute PME, nous avions nos approximations. Je ne savais pas vraiment comment répondre à toutes ses requêtes et Sylvain, notre jeune comptable s’est vite montré dépassé. Alors que je comptais sur lui pour nous sortir de ce mauvais pas, il brillait par son incompétence et ne semblait pas affecté par la menace qui pesait sur l’entreprise. &lt;br /&gt;Il me fallait du renfort.&lt;br /&gt;Le lendemain matin, de bonne heure, j’ai convoqué toutes les personnes occupant un  poste administratif dans l’entreprise pour une réunion de crise. Je souhaitais mettre chacun face à ses responsabilités, solliciter l’esprit de groupe, rappeler les valeurs des transports Michard. J’avais répété un discours avec trémolo dans la voix et grandes envolées lyriques. A vrai dire, les regards mornes devant moi ne semblaient pas véritablement interpellés par mes talents d’orateur et je les soupçonnais d’avoir réactualisé leur CV la veille au soir. Seule Mme Coutard semblait subjuguée par mes propos alarmistes. &lt;br /&gt;A peine avais-je clôturé mon intervention et renvoyé chacun à son poste qu’elle prit les choses en main. Elle réclama à Sylvain les archives de l’année passée, elle éplucha chaque liasse, classa, souligna. Elle lista les documents manquants, notifia les erreurs de notre comptable et établit un plan d’action. Elle acquit une autorité inédite et quelque soit son poste, on s’appliqua à lui fournir tout ce qu’elle désirait. Pendant deux mois, elle arrivait avant moi et partait après que tout le monde eut quitté l’entreprise, à part Mustapha, notre gardien. De nouvelles rumeurs commencèrent à circuler sur ces deux là mais personne n’y croyait vraiment. C’était une histoire que l’on se racontait pour se changer les idées, des ragots quoi !  Et puis, il fallait bien répliquer à cette pimbêche qui nous mettait tous dans l’embarras avec sa façon de nous renvoyer à nos médiocrités. Et ne croyez pas que ma position de patron de cette foutue boîte aurait pu me sauver de cette disgrâce. Elle m’énervait mais je sentais qu’elle était en train de sortir l’entreprise dont j’avais la charge d’un mauvais pas. Le midi, nous la laissions à regret seule et nous lui ramenions un sandwich et une canette de soda de la cafeteria. Elle montait de la cave de gros cartons d’archives puis s’enfermait seule ou avec Sylvain qu’elle semblait avoir pris en otage. Elle était naturellement devenue l’interlocutrice privilégiée de notre contrôleur et une véritable complicité s’était installé entre eux deux. Après plusieurs semaines, l’enquête se solda par un rehaussement minime et la réputation et la situation financière de l’entreprise furent épargnés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ouvre.com/wp-content/pub-appleIIc.jpg&quot; alt=&quot;pub-appleIIc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour fêter l’événement, je profitais des fêtes de fin d’année pour convier l’ensemble de mes collaborateurs dans un hôtel restaurant clinquant au décorum de velours rouge, lustres en cristal, boiseries anciennes et au personnel peu avare en courbettes. J’avais insisté pour que les conjoints soient présents et les épouses avaient sorti leurs plus belles toilettes. A leur arrivée dans le salon que j’avais réservé, elles ressemblaient à des dindes apeurées, mal à l’aise dans cet environnement de luxe plus propice à une réunion de notables provinciaux à cravates à fleur qu’à des femmes de conducteurs routiers. J’avais sincèrement voulu faire plaisir mais je m’apercevais de leur embarras en observant leurs pas mal assuré sur la moquette usée. La location d‘une salle des fêtes avec buffet froid, verres en pyrex et guirlandes en crépon aurait été plus adaptée.  Il était trop tard à présent. Lorsque tout le monde fut présent, un verre de champagne à la main, je proposais de porter un toast.&lt;br /&gt;« Je vous remercie tous et toutes d’être venus et tout particulièrement ceux qui viennent de loin et dont le métier, toute la semaine, est de rouler. J’ai conscience de l’effort que vous avez fait pour être présents ce soir. J’ai souhaité que nous soyons tous réunis car c’est un moment important dans la vie des transports Michard. Comme vous l’avez appris, nous avons vécu une période difficile en cette fin d’année, pleine d’incertitudes. Chacun y a donné du sien, s‘est impliqué pour surmonter cette épreuve. Je tiens à remercier tout particulièrement et très chaleureusement Mme Coutard. Son rôle a été déterminant dans l’issue heureuse du contrôle que nous avons vécu. Nous lui devons une fière chandelle. Je voudrais que l’on vous applaudisse ».&lt;br /&gt;Des clapotements timides s’ensuivirent puis un silence de cathédrale. Raclements de gorge, on regarde le bout de ses chaussures soudain absorbés par la couture de sa semelle. Puis  Bernard Le Foll, pris d’une inspiration soudaine, lança : «  ça vaut un repas en tête à tête, ça, non ? » Les femmes gloussèrent, les chauffeurs lancèrent leurs rires épais et retentissants de stentor. Puis, de nouveau, le calme succéda à cette agitation soudaine. Les regards m’encourageaient à répondre à cette invective. Que répondre ?&lt;br /&gt;«  Je crois que je ne peux vraiment rien refuser à Mme Coutard. Alors, si elle est d’accord, c’est avec  grand plaisir que je lui propose ce repas avec moi. Que diriez-vous Mme Coutard du restaurant de la Tour Eiffel ? » Les mots s’étaient enchaînés trop vite, sans réflexion, à l’instinct. Il allait falloir assumer. Le regard interrogateur de ma femme d’abord, indiqua la perplexité puis le soupçon. Les commerciaux buvaient du petit lait et Le Foll était très fier de son coup. Je les voyais s’esclaffer au bout du buffet en me jetant des regards à la dérobé et s‘essuyant les mains graisseuses de cacahuètes sur les jambes de leurs costumes lustrés. Je m’étais laissé aller, j’avais juste voulu être sympa, humain, proche. J’avais été grotesque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le quotidien de l’entreprise reprit et l’on oublia l’incident noyé dans le souvenir diffus d’une soirée un peu coincée, loin des repères habituels. Six mois plus tard, je commençais à espérer pouvoir laisser le temps et les vacances d’été effacer définitivement cette invitation des mémoires. Mme Coutard, elle, n’oublia pas. &lt;br /&gt;Elle se confia à ses collègues Karine et Fatima qui relayèrent efficacement ses propos jusqu’aux commerciaux. Je fis la sourde oreille. Puis, son coup d’éclat fut d’inclure la relance de ce repas dans l’ordre du jour de la réunion du comité d’entreprise. La date fut fixée (au mardi soir de la semaine suivante) avec les représentants de salariés comme témoins. J’étais pressé d’en finir avec cette mascarade et je souhaitais préserver ma collaboratrice des moqueries de couloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité, c’est que le jour dit, j’avais oublié le rendez-vous. Certes, le restaurant était réservé mais mon esprit amnésique avait totalement occulté le programme de la soirée. Mme Coutard d’ailleurs était absente ce matin. Elle avait posé une demi-journée de congés et je pestais déjà de devoir me débrouiller seul. &lt;br /&gt;A 14h00, elle est apparue dans mon bureau, transfigurée. Ses cheveux, d’habitude filasses, avaient subi les outrages d’un coiffeur mal inspiré et son brushing lui faisait ressembler à une publicité pour électroménager des années soixante-dix. Elle portait une robe noire à dos nu, totalement inadaptée à l’univers du bureau et tentait de se donner une contenance perchée  sur ses escarpins en vernis noir à talons hauts. J’avais honte pour elle. Ses yeux pochés étaient trop maquillés et ses pommettes étaient soulignées d’un rouge agressif assorti à son rouge à lèvre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela est totalement ridicule. Une simple phrase prononcée avec enthousiasme pour féliciter une collaboratrice qui m’avait rendu un service et voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.a-1video.com/Jack%20Benny%20&amp;%20Lucy%20%20tight%202-sh.jpg&quot; alt=&quot;Jack%20Benny%20&amp;%20Lucy%20%20tight%202-sh.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
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                <title>Achetons gaiement</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Thu, 24 Apr 2008 11:37:41 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;I’m all lost in the supermarket&lt;br /&gt;I can no longer shop happily&lt;br /&gt;I came in here for that special offer&lt;br /&gt;A guaranteed personality&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;The Clash &lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assis dans un fast-food, une tasse de café fumant devant moi, j’observe les allées et venues de consommateurs à l’entrée d’un centre commercial de la périphérie d’Angoulême. Je pense à ces images diffusées quelques jours plus tôt lors d’un reportage sur les femmes aux Emirats Arabes Unis. Elles s’ennuyaient profondément, tournaient en rond dans un pays où la seule occupation est de dépenser l’argent de leur mari (la majorité d’entre elles ne travaillent pas). Pour effectuer ces achats, des espaces marchands poussent comme des champignons dans le pays. Les vitres fumées, l’air conditionné, tout concoure à assurer le bien être de leurs visiteurs. Acheter pour tromper l’ennui, acheter pour exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kollectif.files.wordpress.com/2007/11/kollectif_copy.jpg&quot; alt=&quot;kollectif_copy.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Empiler des objets inutiles pour éprouver le frisson du moment où l’objet exposé devient le sien, se rassurer par le sourire obséquieux et la déférence du vendeur qui flatte l’ego (ça vous va vraiment bien, vous savez le porter), oublier la vacuité des existences.&lt;br /&gt;Et ici ? Dans ce temple de la consommation de la province française, est-ce différent ? Les achats semblent programmés par l’absorption quotidienne de 3h40 d’images télévisées (c’est la dernière statistique et ce chiffre, chaque fois que j’y pense, me paraît toujours aussi énorme). Les consommateurs sont hypnotisés par ces écrans animés puis, comme des automates, vont remplir leur caddie et faire fonctionner l’économie mondiale.&lt;br /&gt;Ils poussent leur chariot avec l’illusion de pouvoir choisir, se disent qu’ils ne sont pas uniquement une cible.&lt;br /&gt;Mais, c’est trop tard.&lt;br /&gt;Cela fait maintenant longtemps que les experts du marketing nous ont criblés (de dettes parfois), de slogans, d’images conditionnées du bonheur, de fantasmes de perfection. Le rasoir à 4 lames, la 2ème paire de lunettes pour 1€ supplémentaire, la brosse à dent à manche incurvé, un nouveau parfum de savon liquide.&lt;br /&gt;Ils nous transmettent par voie cathodique des messages que l’on stocke dans le disque dur de nos mémoires, passent au rouleau compresseur nos idées, les formatent puis nous sondent, analysent le moindre de nos désirs pour s’assurer que nous choisirons les bons produits pour remplir nos réfrigérateurs. &lt;br /&gt;Rassurez-vous messieurs les stratèges, nous prendrons bien le bon emballage coloré et inutile à portée de main, bien visible en tête de gondole : le café « commerce équitable », la lessive « développement durable », la housse de couette en coton naturel, les ampoules à économie d’énergie, le déodorant de voiture au parfum zen. Tout ceci est totalement en phase avec nos convictions les plus profondes. &lt;br /&gt;Bien sûr.&lt;br /&gt;Sommes-nous si différents de ces femmes voilées qui errent chaque jour dans les grands centres commerciaux des Emirats Arabes Unis ? Travailler la semaine pour dépenser joyeusement, en famille, le samedi en arpentant les allées des rayons bien achalandés. Un rêve de publicitaire. &lt;br /&gt;Comment échapper à ce cauchemar ?&lt;br /&gt;Mon café devant moi est tiède à présent. J'avale une gorgée. &lt;br /&gt;Il est temps. J'ai quelques courses à faire. &lt;br /&gt;Je penserai à ces femmes à Dubaï.&lt;br /&gt;
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                <title>Dieu, Lester Young et Lobo Antunes - extrait</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Tue, 22 Apr 2008 23:24:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Un extrait d'une chronique d'Antonio Lobo antunes, extrait de son livre de Chroniques III. Un livre que je découvre actuellement et que j'aurai envie de citer dans son intégralité.  Ici, il s'agit d'un morceau tiré de &quot;&lt;em&gt;Dieu comme amateur de jazz&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.allaboutjazz.com/gallery/snitzer/lesteryoung_1958.jpg&quot; alt=&quot;lesteryoung_1958.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;(…) le Ben Webster de la fin, celui d’atmosphère pour amants et voleurs, où l’on apprend davantage sur les métaphores directes et les non-dits que &lt;br /&gt;dans n’importe quel manuel de technique littéraire. Lester Young, lui, m’a appris le phrasé. Il avait commencé par jouer de la batterie, plus tard, un critique lui demanda les raisons qui l’avaient conduit à abandonner la batterie pour un instrument à vent, et il répondit :&lt;br /&gt;- Vous savez, la batterie est un instrument terriblement compliqué. A la fin des concerts, quand j’avais fini de la démonter, tous mes collègues étaient déjà partis avec les plus belles filles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le désir d’avoir de jolies filles l’a conduit également à créer, entre autres chefs d’œuvre, &lt;em&gt;These foolish things&lt;/em&gt; où chaque note semble le dernier soupir d’un ange illuminé. La photo que j’ai de Lester Young montre un homme dans une chambre d’hôtel, assis sur le bord d’un lit, avec un sax ténor près de lui. Maigre et vieilli, il vous fixe à travers les années avec les yeux les plus doux et les plus tristes que j’aie jamais vus, il porte une cravate de travers et une veste froissée, mais peu de gens ont rarement été aussi proche de Dieu que ce vagabond céleste. Ben Webster, pour sa part, ressemblait à un boutiquier qu’une auréole invisible mais réelle transfigurait. Ces trois êtres sont assis à la droite du Père et je m’étonne de ne pas les retrouver sur les autels des cieux de marbre et de plâtre, pour des alcooliques déréglés et des pécheurs invétérés. Il y a visiblement des gens qui se sentent mieux en compagnie de personnes édifiantes qui n’ont rien édifié, sinon des vies sans joie s’achevant dans une agonie vertueuse embaumée de lys. Mais je pense que dieu n’est pas un sot, et je suis sûr que tant de bonté mélancolique et de médiocrité rachitique lui donne la nausée. Je parie même qu’il joue de la batterie histoire de laisser aux autres les plus jolies filles, et qu’il reste sur scène à ranger discrètement tout son barda, caisses et cuivres, tandis que Charlie Parker, Lester Young et Ben Webster emportent tranquillement gin, marijuana et jolies filles dans un studio d’enregistrement, où Billie Holiday  se met à l’instant même à chanter Sa puissance et Sa gloire jusqu’à la fin des temps&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/eLUCbglVFw4&amp;hl=en&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/eLUCbglVFw4&amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
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                <title>Etrange nostalgie</title>
                <link>http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/04/21/etrange-nostalgie.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Mon, 21 Apr 2008 21:00:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/01/00/155759386.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/01/00/2124699632.JPG&quot; id=&quot;media-977500&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;155759386.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Dimanche, jour du seigneur, du gigot, des réunions familiales qui n’en finissent pas et des ballades digestives ennuyeuses « pour voir la mer ».&lt;br /&gt;En cette mi-saison, on hésite encore entre pulls et chemises. L’allée Pablo Picasso longe la grande plage de Dinard. Sur sa gauche, des cabines de plage donnent des envies d’été, de gaufres dégoulinantes de chocolat liquide et de glaces italiennes. La &lt;a href=&quot;http://www.villa-reine-hortense.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;villa Reine Hortense &lt;/a&gt;les surplombe et sa façade est colorée d’une couleur vieux rose bonbon qui lui donne des airs de vieille lady. Sa terrasse donne envie de paresser en écoutant le bruit des vagues et en relisant une vieille intrigue de Miss Marple. Je pense à Agatha Christie qui a fait ses premières brassées ici même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/00/02/1806256189.JPG&quot; id=&quot;media-977522&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;183824333.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur une tablette, le long de la promenade, il est écrit que «  le premier établissement de bains de Dinard est un édifice rudimentaire qualifié de « cabane fixe » équipée d’un tonneau et de quelques cabines roulantes ». Plus loin, on apprend que la mode des bains de mer débuta au milieu du XIXème siècle. &lt;br /&gt;Au dessus de nous, les mouettes virevoltent et se laissent porter par le vent tiède. L’une d’entre elle tente d’emporter un brin d’algue mais elle le perd en plein vol. Le temps semble se ralentir, le bruit des conversations se perd dans le paysage, avalé par cette immense étendue de sable, ce grand amphithéâtre naturel.&lt;br /&gt;Une étrange nostalgie m’envahit. Celle de tous ces étés passés dans ce décor naturel, des heures à jouer au soleil. Des souvenirs qui ne sont pas les miens, qui auraient pu être les miens. Une nostalgie déplacée, portée par ce lieu chargé d’empreintes d’hier. Un portique surmonté d’une enseigne « club des écureuils », des marchands d’articles de plage, de bouées en plastique, de boules de pétanque colorées, de seaux, de pelles, de réglisse, de lunettes de soleil de pacotille, de cartes postales, de colliers en coquillages vernis. L’odeur des pins, le rire des enfants, le ressac de la mer, des empreintes intemporelles qui marquent à jamais nos mémoires universelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/02/02/1255138583.JPG&quot; id=&quot;media-977508&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;237471831.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plage de l’Ecluse, chemin de ronde, … Je pense aux contes d’été d’Eric Rohmer, aux longues discussions en marchant sur les chemins du bocage sur les amours de vacances, l’indécision de Gaspard à choisir parmi ses conquêtes, à la pluie, un repas dans une crêperie, une 4L pour faire l’aller retour à Rennes, une guitare pour jouer des chants de marin … Souvenirs d’un film qui pourraient se confondre là encore avec mes propres souvenirs.&lt;br /&gt;J’ai connu des étés comme ceux là, des longues après-midi à construire des châteaux de sable, à dresser des murailles protégeant des bassins contre la marée montante. Je me souviens des goûters, assis sur une serviette jaune en coton, des gâteaux BN au chocolat rendus mous par la chaleur, les dents qui croquent des grains de sable, des bains toujours trop courts à mon goût et jamais froids, jouer avec le rouleau des vagues et traîner sur le bord, profiter encore quelques instants de la tiédeur de l’eau puis retourner en grelottant à sa place, un peu inquiet de ne pas la retrouver. Cette nostalgie étrange est sans doute celle de l’enfance.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/01/01/1038851907.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/01/01/452912255.JPG&quot; id=&quot;media-977515&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1038851907.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« &lt;em&gt;…j’ai reconnu aussitôt cette odeur, cette lumière. Si seulement, on pouvait me rendre, fût-ce une minute ce que j’ai perdu. Assieds-toi sur ces marches bordées de vigne. Tu t’en souviens &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;Antonio Lobo Antunes – Livre de chroniques III&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/B9FI8SjBCQg&amp;hl=fr&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/B9FI8SjBCQg&amp;hl=fr&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Hasards et lecture</title>
                <link>http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/04/21/hasards-et-lecture.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Livres</category>
                                                <pubDate>Sun, 20 Apr 2008 08:19:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Antonio Lobos Antunes – Livre de chroniques III&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie tout simplement. Et ses hasards. Le travail puis les vacances. Partir, sans trop savoir où, juste envie de se barrer, de changer d’air. Alors, on rêve de levers matinaux sous le ciel bleu d’une île grecque, de ballade en vélo sous la pluie autour d’un lac irlandais ou bouffer de la morue dans une gargote du cœur de Lisbonne. L’image se précise, un vieux funiculaire coloré, une rue en pente, un étal de fruits, une terrasse, un café.&lt;br /&gt;Bonne idée.&lt;br /&gt;Une fois débarrassé des aspects pratiques comme la réservation d’une location, je peux mieux me concentrer sur le voyage. Cela commence par l’achat d’un guide sur le pays, une envie de connaître, de comprendre, de commencer à voyager. Je commence par la musique, tente de percer le mystère du Fado, me berce des complaintes d’Amalia Rodrigues, découvre la scène portugaise plus actuelle, toutes ces jeunes femmes aux voix sensuelles comme Cristina Branco ou Sara Tavares.  Et de fil en aiguille, je cherche des livres sur la ville, le pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a « histoire du siège de Lisbonne » de Saramago Jose dont j’avais commencé la lecture sans jamais la terminer. Un vieux funiculaire coloré ornait la couverture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.bibliomonde.com/images/img_pres_long_967.jpg&quot; alt=&quot;img_pres_long_967.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens d’une lecture ardue, de petits caractères qui finissaient par se brouiller les soirs de fatigue.&lt;br /&gt;J’avais reposé le livre puis l’avais rangé à sa place, par ordre alphabétique et collection, dans ma bibliothèque, entre Arturo Perez Reverte et Luis Sepulveda. Il y est resté longtemps jusqu’à ce projet de voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les caractères sont toujours aussi petits et le fil narratif, plein de digressions, nécessite  une trop grande concentration. Pourtant, le vieux funiculaire de la couverture est tellement beau. Alors, je l’ai exposé, mis en évidence en le posant devant les tranches d’autres livres moins décoratifs.&lt;br /&gt;Il me fallait, dès lors, d’autres matières pour ce voyage littéraire. Alors, je traînais longuement dans les allées d’une grande librairie, cherchait le rayon « littérature étrangère », Asie, Amérique, Europe. Je progressais. Italie, Espagne, Portugal. J’approchais.&lt;br /&gt;Du doigt, je parcourais les tranches pour ne rien rater. &lt;a href=&quot;http://www.comme-un-roman.com/auteur/lobo-antunes/antonio-lobo-antunes.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Antonio Lobo Antunes&lt;/a&gt;... Connais pas ...Paulo Coelho, partout, encore et encore…Non, pas envie de lire ça. Je continuais à parcourir l’étagère. Les noms aux consonances ensoleillées se succédaient sans rien m’évoquer… Jorge Amado, Luis de Camoes, Fernando Pessoa, … En fin de section, je revenais au début de l’étagère, décidé à trouver l’auteur qui me permettrait de plonger dans l’atmosphère de la capitale, de commencer à sentir les odeurs de morue, apercevoir la tour de Belem au loin.&lt;br /&gt;Antonio Lobo Antunes, pourquoi pas ? Je passais l’index sur le livre, le penchais vers moi, le sortais du rayon, consultais la quatrième de couverture, attiré par le titre « la splendeur du Portugal ». Mais, déçu, je le reposais : l’action se déroulait en Angola (bizarre de nommer un livre ainsi vu le sujet). Le livre voisin s’intitulait  « livre de chroniques III ». Je cherchais le premier volume quelques secondes. En vain. Seul, le troisième livre était en stock. Je supposais que sa sortie en format de livre de poche avait conditionné son exposition  car, cela me revint, je l’avais déjà repéré sur la table de présentation des sélections du libraire en littérature étrangère. Sur la couverture, une photo floue, en noir et blanc, représente un tramway. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je parcourais rapidement le verso : &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Ces chroniques captent l'instant perdu, les anecdotes anodines et les songeries sans suite... L'enfance resurgit, la pâtisserie Paraiso, les femmes aimées, les amis partis et la guerre en Angola. On se laisse porter par la plume talentueuse sur une plage, humant &quot; l'odeur des vagues à l'instant où l'air est plus froid que l'eau &quot; ou partageant la mélancolie d'&quot; une sensation d'à quoi bon &lt;/em&gt;&quot;...&lt;br /&gt;Pourquoi pas ? &lt;br /&gt;L’exploration méthodique du rayon me fit ensuite sélectionner « train de nuit pour Lisbonne » de Pascal Mercier. Cette fois, un train apparaît sur la pochette et je m’interroge : pourquoi toujours représenter des moyens de transport pour écrire sur cette ville ?&lt;br /&gt;De retour à mon domicile, j’hésitais, par quel livre débuter la lecture ? J’optais par le livre de chroniques, des textes courts, plus facile à lire, en picorant ça et là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces hasards mis bout à bout, du choix de la destination de voyage, de la photo de couverture, d’une rupture de stock, d’un quatrième de couverture pour arriver à tourner la première page.&lt;br /&gt;Et là, les mots d’Antonio Lobo Antunes m’envahissent , me transportent. Ils représentent l’idée que je me fais aujourd’hui de la littérature, de la poésie même. Ces chroniques, destinées à des journaux, n’avaient pas pour vocation d’être publiée sous cette forme. En aucun cas, ces souvenirs éparses, ces morceaux de vie, ces interrogations d’un homme vieillissant ne sont présentées comme de la poésie. Pourtant, pour moi, cela y ressemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens des longues séances à apprendre par cœur de longs poèmes calibrés du patrimoine français, de ma difficulté à les mémoriser. Depuis, j’avais tenté quelques essais de lecture de poèmes sans jamais véritablement trouver ce qui me correspondait,  me parlait. &lt;br /&gt;J’imagine que chacun  porte en lui sa propre poésie, que parfois nous croisons des phrases, des suites de mots qui nous interpellent, des slogans publicitaires sur une affiche dans le métro, un tag sur un mur, une formule journalistique bien sentie dans le journal, une réflexion d’un collègue… La poésie est partout.  &lt;br /&gt;Et pour moi, beaucoup dans ce « livre de chroniques III ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Extrait &lt;/u&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ça s'est sans doute passé autrement, mais faisons comme si &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce qui me fascinait le plus quand nous arrivions dans la Beira Alta, c'était la surdité de mon grand-père. Il portait une sorte d'écouteurs d'où partait un fil tire-bouchonné qui rejoignait une pile&lt;br /&gt;énorme&lt;br /&gt;dans la poche de sa veste, j'avais l'impression, en voyant son air attentif, qu'il était en perpétuelle communication avec les anges ou avec ces voix sans corps que je croyais percevoir dans les pins, alors que lui les entendait vraiment. Quant à nous autres, terriens, il ne nous entendait tout simplement pas : ma grand-mère lui hurlait par des gestes que nous étions arrivés, mon grand-père baissait les yeux, souriait, ébauchait un mouvement vers nous mais l'oubliait aussitôt pour répondre à l'appel des pins ou à quelque urgence céleste. Il n'avait plus rien d'un être humain : je ne me souviens pas de l'avoir entendu rire, ni même de l'avoir vu manger ; il restait muet au balcon donnant sur une montagne, ou bien il lisait le journal qui arrivait par le train de midi et qu'il fallait aller chercher à la gare. Dans sa veste en lin blanc, adossé à un pilier, il tournait les pages dans un froissement d'ailes de pigeon sans que jamais ne bouge le moindre trait de son visage. Sans doute ne lisait-il pas : il parcourait les titres le temps de nous faire croire qu'il lisait, puis abandonnait ses feuilles sur le siège en toile et descendait vers la vigne sans toucher le sol de ses talons, avec la lenteur rêveuse d'un séraphin. Sa présence, une silencieuse absence qui embaumait la brillantine : le soir, après le bain&lt;br /&gt;(on pompait l'eau du puits et un seau percé de trous servait de douche)&lt;br /&gt;j'avais le droit de m'appliquer une noix de ce gel blanc qui durcissait mes cheveux et m'enveloppait dans un doux parfum de paradis. Mais contrairement à ce que j'avais imaginé la brillantine n'agissait pas, j'entendais toujours les bruits de la maison&lt;br /&gt;(les châtaigniers continuaient à crépiter contre les fenêtres)&lt;br /&gt;et les anges s'obstinaient à m'ignorer. Je dînais en pyjama, fâché contre le ciel.&lt;br /&gt;Je garde de mon grand-père le souvenir d'un homme qui ne faisait rien d'autre que léviter. Parfois il glissait une cigarette dans un fume-cigarette et fabriquait avec sa bouche de gros nuages. La construction de ces nuages était sans doute son vrai travail : les servantes l'appelaient monsieur l'ingénieur. Pour moi, les ingénieurs étaient des gens qui érigeaient des ponts et des immeubles. Mais mon grand-père, attiré par les matières impondérables, préférait les architectures gazeuses qui épousent les caprices du vent. Ses caravelles de fumée, parfaites, rigoureuses, naviguaient vers l'ouest durant tout le mois de septembre, emportant avec elles l'été et les canards sauvages. Fatigué de façonner l'automne, mon grand-père s'endormait dans le fauteuil du salon.&lt;br /&gt;Tout comme je ne l'ai jamais vu faire quoi que ce soit, je ne l'ai jamais vu saluer personne. Les visiteurs allaient et venaient, nous allions et venions, les journaux qui s'amoncelaient dans la poubelle annonçaient le jour suivant&lt;br /&gt;(le départ des journaux à la poubelle annonçait les lendemains)&lt;br /&gt;mon grand-père restait là, silencieux et absent, à dormir dans son fauteuil ou à bâtir des nuages sur le balcon, le seul être immuable dans un monde où même les arbres mouraient. La même veste en lin blanc, le même gel blanc, les mêmes cheveux blancs, le même sourire blanc, distrait et un peu triste, me semble-t-il après tant d'années, ce qui peut se comprendre car les joies du ciel sont caverneuses et lugubres, et le latin&lt;br /&gt;(langue officielle des sacristies)&lt;br /&gt; &lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://rascunho.rpc.com.br/imagemanager/images/rascunho81/antonio_lobo_antunes.jpg&quot; alt=&quot;antonio_lobo_antunes.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Courrier des lecteurs</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 19 Apr 2008 09:48:51 +0200</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.smartcucumber.com/16_guitard/img_guit/01_geante.jpg&quot; alt=&quot;01_geante.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela pourrait paraître insignifiant. D’ailleurs, ça l’est. Mais, on a son petit ego.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A force de lire dans le courrier des lecteurs du mensuel Rock’n Folk, les bafouillages pour tenter de définir ce que c’est d’ « être rock en … » (ajouter ici l’année en cours), je m’y suis mis à mon tour. Histoire d’apporter ma pierre à l’édifice, de proposer une définition dont les termes pourraient varier chaque jour ? Mais voilà, il fallait fixer sur le papier pour la postérité la définition du rock en … mettons 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, cela a donné cette &lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/03/26/rock.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;note précédemment publiée sur ce blog &lt;/a&gt;et transmis au courrier des lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, voilà, ce matin, boîte aux lettres, déballage du magazine de sa couverture plastique, première lecture en mode zapping comme à mon habitude. J’avais oublié cette missive écrite un soir, tard, quelques semaines plus tôt. Et puis, au détour d’une page, elle était là cette belle lettre, encadrée, publiée dans le journal mythique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, le terme Café Castor sera définitivement associé à Rock&amp;Folk, pour la postérité. D’ailleurs, désormais, on les confond, non ? Rock&amp; Castor ou Café &amp; Folk ou Castor &amp; Folk. On ne sait plus, tout cela se ressemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le maniaco-fétichiste du magasine rock que je suis, je peux me repaître de cette belle lettre insérée sous le fameux logo, me dire que ce courrier a sans doute été lu par la fine fleur des journalistes, &lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/04/12/patrick-eudeline-–-soucoupes-violentes.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Patrick Eudeline&lt;/a&gt;,  Nicolas Ungemuth, &lt;a href=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/04/02/note-de-faineant.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Philippe Manœuvre&lt;/a&gt;, Basile Farkas, Olivier Cachin aperçu récemment au festival de BD d’Angoulême,  le très grand Jérôme Soligny, HM, Géant vert, …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, j’ai la tête et les chevilles qui gonflent, est-ce normal ? Une poussée anormale et soudaine de l’ego. De nouvelles perspectives s’ouvrent à moi. Et si, dorénavant, je ne publiais sur ce site que des lettres « courriersdeslecteurisables », que du lourd, du rock, de la formule qui fait mouche avec une pincée d’ironie et de second degré. &lt;br /&gt;A bien y réfléchir, pas certain que ce soit une bonne idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre rock en 2008, c’est continuer à faire ce qu’on aime, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;PS:&lt;/u&gt; la belle illustration de cette note, la femme à la grosse poitrine qui terrorise la ville, a été dessinée par Thierry Guitard. scénariste dessinateur. Son univers, inspiré des films séries Z des 60's fait souvent apparaître des monstres difformes, des enfants bizarres, des adultes atrophiés, ... Il dessine pour Libération et ... le courrier des lecteurs de Rock&amp;Folk.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une galerie de ses oeuvres: &lt;a href=&quot;http://celm.free.fr/animation.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Rock &amp; pop : et après ? 1. Le film</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 17 Apr 2008 01:20:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;img src=&quot;http://www.bbc.co.uk/schools/gcsebitesize/img/mu05004.jpg&quot; alt=&quot;mu05004.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est cette semaine que sortent en même temps un film sur les Stones (Shine a light, la rencontre de Martin Scorcese et des Rolling Stones) et un ex-Beatles (les USA contre John Lennon, la description de l’engagement antimilitariste du chevelu lunetté au moment de la guerre du Vietnam).&lt;br /&gt;Pour les budgets serrés où ceux dont le temps est compté, il faudra faire un choix, se reposer une fois encore la sempiternelle question Stones ou Beatles ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A croire que la postérité n’arrivera pas à départager ces deux groupes&lt;br /&gt;Jamais&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut aussi voir dans cette double sortie une nouvelle illustration de la diversification de l’industrie musicale. Le disque ne se vend plus ? Inventons d’autres médias pour recycler l’énorme potentiel commercial des icones et mythes créés depuis 50 ans.&lt;br /&gt;Le cinéma permet d’assister dans des conditions aseptisées des concerts mais aussi de réécrire sur pellicule et pour la postérité une belle histoire morale, version Disney, dont on a gommé les taches trop visibles. &lt;br /&gt;Les biopics (contraction de biography et de pictures) se multiplient dans le domaine du rock. Après Ray (Ray Charles), Walk the line (Johnny Cash), 8 mile (Eminem), Dreamgirls (Dianna Ross), on annonce les biopics d’Abba, d’Iggy Pop et the Stooges, James Brown, Blondie, … Ces productions seront filmées sur le même base scénaristique (l’ascension, la chute, la rédemption vers une gloire éternelle, la postérité). Ils permettront aux grands studios américains de drainer dans les salles noires des spectateurs par ailleurs grands consommateurs culturels (les mêmes qui achètent de disques, DVD, livres, MP3, …). La cible est identifiée, il reste à refourguer les fonds de catalogue ultra amortis, les compilations, BO de films, … En gros, toujours et encore les mêmes morceaux sous packaging différent. Faire vivre le mythe et générer du cash.&lt;br /&gt;D’autant que ces grands studios américains et mondiaux ont également des parts dans les maisons de disques et d’édition. Le livre est également concerné par cette diversification tout azimut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/uQnFaQiAQS8&amp;hl=fr&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/uQnFaQiAQS8&amp;hl=fr&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
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                <title>Quai de gare</title>
                <link>http://cafecastor.hautetfort.com/archive/2008/04/15/quai-de-gare.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                                <category>Le café lecture</category>
                                                <pubDate>Tue, 15 Apr 2008 23:05:56 +0200</pubDate>
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                    &lt;img src=&quot;http://cafecastor.hautetfort.com/media/02/01/2147170075.JPG&quot; id=&quot;media-962968&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;2138767971.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours aimé les gares. A la sortie des trains, regarder la foule qui envahit les quais, en un instant. Chacun est enfermé dans ses pensées, prêt à tout pour gagner quelques secondes, concentré sur la suite de son trajet. Prendre le métro, marcher, penser à téléphoner pour confirmer le rendez-vous, se saisir d’un journal gratuit, escalier ou escalator ?&lt;br /&gt;Tous ces gens qui sans cesse passent, repassent, des milliers de personnes chaque jour, des individus, des hommes, des femmes, des petits, des paumés, des hypers pressés, des cravatés, des vieilles dames qui prennent le temps de regarder autour d’elles, des habitués blasés par le décor, des provinciaux en voyage, des étrangers, des travailleurs en déplacement, … &lt;br /&gt;Ils ne se connaissent pas, viennent de régions différentes, ne vont pas au même endroit mais l’espace d’un instant, tous regardent dans le même sens, tous marchent dans la même direction.  &lt;br /&gt;Ils envahissent l’espace, apparaissent dans mon champs de vision comme les motifs animés qui passent et repassent sur l’écran noir de mon ordinateur. &lt;br /&gt;Pour que le phosphore n’endommage pas l’écran.  &lt;br /&gt;Ils apparaissent et disparaissent, proches et pourtant si virtuels. Une proximité physique uniquement, sans contact, des images qui bougent devant moi, irréelles.&lt;br /&gt;Parfois, on croise un couple qui ne veut pas se séparer, se serre, veut profiter des derniers instants passés ensemble. Et la foule les croise, les happe.&lt;br /&gt;Parfois, l’un de ces passants observe plus attentivement devant lui, il sait qu’on l’attend. Alors, ses voisins, sans un mot, par mimétisme ou curiosité, fixent eux aussi devant eux, le  petit groupe immobile en bout de quai en se demandant lequel de ces individus l’accueillera. &lt;br /&gt;Juste comme ça. &lt;br /&gt;Sans un mot. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours aimé les gares. Elles offrent l’occasion de s’interroger sur le sens de tout ça. Cette concentration grouillante me renvoie à moi, individu parmi une masse d’individus, unité parmi un ensemble, une société dont je fais partie, qui m’observe, que j’observe. Etre parmi les autres, se croire différent, comme tout le monde, et se mouvoir dans le flot, participer au rythme trépidant de journées réglées avec précision, organisées, efficaces et inutiles. Et rêver aux instants privilégiés des vacances, celles passées, celles à venir. Surtout, rêver d’espaces vierges, de terres arides, de ciels bleus, de paysages absolus, de couchers de soleil dans un horizon rougeoyant, de mer déchainée. D’ailleurs. &lt;br /&gt;De solitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du temps de l’adolescence m’est resté le fantasme du départ vers l’ailleurs.&lt;br /&gt;Partir.&lt;br /&gt;Dans la foule des voyageurs, marcher sur le quai. Prendre un billet, s’installer dans un fauteuil près de la fenêtre, se conforter dans sa décision lorsque les haut-parleurs annoncent le départ imminent. Se dire que c’est déraisonnable puis ne plus penser. &lt;br /&gt;Faire le vide. &lt;br /&gt;Essayer de faire le vide. Ne pas y arriver. Avoir une boule dans le ventre et l’impression d’un sol qui se dérobe sous mes pieds. Comme un inconscient qui saute dans le vide. Le vertige du départ, contre nature.&lt;br /&gt;Puis commencer à voir le paysage défiler, le quai s’éloigner, se laisser bercer par le rythme sourd des wagons. Entrer sans prévenir dans un tunnel, être absorbé tout entier, les oreilles qui se bouchent et s’accrocher à ses rêves, en la foi d’un avenir différent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://02.img.v4.skyrock.com/028/lavoixdunange/pics/489635715_small.jpg&quot; alt=&quot;489635715_small.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce départ, je l’ai pris. Je m’en souviens. C’était un jour de semaine, propice à une fuite. Il faisait noir et blanc, le ciel bas, des lunettes noires, un blouson noir. La tête posée contre la vitre, je souhaitais me fondre dans le paysage qui défilait, être le paysage, absorber chaque kilomètre au fond de moi pour me repasser plus tard, dans l’intimité de ma chambre, le film de tous ces kilomètres. J’écoutais de la musique triste, grave, froide, industrielle. Il y avait une guitare basse et une voix de héro fatigué, impersonnelle, universelle. C’était Bowie hier, peut-être serait-ce Radiohead aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce train m’a séparé du quai de mon enfance, une échappée inéluctable. Je changeais de peau, muais, disparaissais et j’avais peur. Parfois, la nuit, lorsque je cherche le sommeil, je mesure la distance parcourue en me passant et repassant les vieilles images de ce voyage. Mon esprit est en veille comme sur l’écran noir de mon ordinateur, le phosphore retarde la putréfaction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que des trains, j’en prendrais d’autres qui me mèneront vers l’inconnu d’autres voyages, d’autres visages. J’ai toujours aimé les gares.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;&lt;It's late and I can't sleep&lt;br /&gt;I've made promises that I can't keep&lt;br /&gt;Cobblestones and broken bones, has a kingdom but he's got no home&lt;br /&gt;Last night is still ringing in my head like that lonesome whistle in the rain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I'm a fool for a lonesome train&lt;br /&gt;I'm a fool for a lonesome train&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The lifetime we've left behind with strangers&lt;br /&gt;Promises and lies both have their dangers&lt;br /&gt;I just can't be wrong enough and I can't hide for long enough&lt;br /&gt;So far away, but I still feel your pain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I'm a fool for a lonesome train&lt;br /&gt;I'm a fool for a lonesome train&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben Harper&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;width:180px;height:25px;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;180&quot; height=&quot;25&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget.swf?idSong=183635&amp;colorBackground=0x525252&amp;colorButtons=0xDDDDDD&amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;autoplay=0&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget.swf?idSong=183635&amp;colorBackground=0x525252&amp;colorButtons=0xDDDDDD&amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;25&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/&quot; style=&quot;border:none;margin:0;padding:0;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.deezer.com/embedded/footer.jpg&quot; alt=&quot;free music&quot; title=&quot;free music&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;border:none;margin:0;padding:0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Jean Teule – Darling</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
                                <pubDate>Mon, 14 Apr 2008 21:20:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.decitre.fr/pi/72/9782266178372TN.gif&quot; alt=&quot;9782266178372TN.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès le plus jeune âge, elle en bave. Fille non désirée, son père est brutal avec elle et sa mère lui préfère ses deux frères. Elle a une idée fixe, elle ne veut pas devenir « paysante » comme sa famille, elle veut sortir de là, arrêter de travailler à la ferme. Alors, elle se met à rêver en voyant passer les camions sur la route nationale devant chez elle, en  Basse-Normandie. Elle les suit du regard et se dit que l’un d’eux pourra peut être l’emmener loin de chez elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une nuit qu’elle écoute la CB, un appel est lancé : « attention , les stations. Est-ce qu’il y a une YL dans cette zone qui voudrait rencontrer l’amour, le vrai, celui qui a des couilles au cul ? ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré les avances d‘un jeune paysan voisin, elle  épouse son camionneur et ils auront trois enfants. Commence alors une descente en enfer. Son mari lui file des raclées et n’hésite devant aucune humiliation. C’est une véritable ordure, un salaud dont les agissements n’ont aucune limite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’Express, on apprend que « &lt;em&gt;une psychologue écoute le récit de sa vie. «Mais c'est un roman!» lâche la professionnelle, médusée. Et de souffler le nom de Jean Teulé, alors chroniqueur à Nulle Part ailleurs, sur Canal +, à la recherche de sujets forts. «C'est mon cousin!» s'exclame Darling. Mythomane, en plus? C'est ce que croit l'hôtesse de la chaîne qui prévient Teulé: «J'ai devant moi une fermière qui dit être votre cousine et veut vous raconter sa vie en vue d'un roman.» Jean Teulé, intrigué, descend à l'accueil. La surprise passée, il reconnaît la fille de son oncle, qu'il n'a pas croisée depuis l'âge de 5 ans. Et l'emmène déjeuner: «A la moitié du repas, c'était décidé: j'allais démissionner de Canal + pour me consacrer à l'écriture d'un livre sur Darling.» Jean Teulé reçoit sa cousine qui souhaite lui raconter l’histoire de sa vie pour en faire un livre.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce livre rencontre un vif succès (40 000 exemplaires vendus) et deviendra un film avec dans le rôle de Darling Marina Foïs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis ressorti de ce livre avec une drôle d’impression, un malaise, une boule dans le ventre, ému par le personnage de Darling, sa foi en la vie, en sa capacité à rebondir chaque fois, en sa confiance dans l’humanité malgré tous ses déboires. &lt;br /&gt;Pourtant, le récit n’est pas larmoyant, l’auteur ne s’apitoie pas sur le sort du personnage, il y a même parfois de l’humour. Une seule critique finalement pourrait être formulée : c’est le côté monolithique de l’histoire racontée sur un seul mode. La souffrance est multiple et la narration est trop linéaire pour, au delà de l’énumération des faits, pouvoir réellement comprendre ce qui se passe dans la tête de la narratrice.&lt;br /&gt;Si elle a eu le courage de raconter son calvaire, combien de drames de la misère sociale, se déroulent près de chez nous ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/films-et-seances/film-a-l-affiche/darling/4852964-5-fre-FR/darling_imagesfilm.jpg&quot; alt=&quot;darling_imagesfilm.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Extrait &lt;/u&gt;:&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Que penses-tu de « Tom » ?&lt;br /&gt;- Connais-pas. C’est qui celui là ?&lt;br /&gt;- Ton fil qui naîtra en janvier prochain. Tu aimes ce prénom ?&lt;br /&gt;Roméo changea de visage.&lt;br /&gt;- Tu plaisantes, j’espère …&lt;br /&gt;- Non ? Tu n’aimes pas ? Tu trouves que ça fait trop américain peut être ? s’inquiéta Darling en posant le fer, sur son support, au bout de la table à repasser.&lt;br /&gt;- Ah, ne me dis pas que tu es encore en cloque, connasse ? » gronda Joël.&lt;br /&gt;- Ben, si. Pourquoi ?&lt;br /&gt;- Alors, tu va gicler ça de ton ventre, vite fait.&lt;br /&gt;- Ben, non. Pourquoi ? C’est la nature…&lt;br /&gt;- La nature, je l’emmerde ! Et depuis quand tu prends des décisions sans d’abord m’en parler, toi, hein ?&lt;br /&gt;En disant cela, le bras de Roméo s’était emparé du fer à repasser et son bras partit en arrière .. Darling eut le sentiment d’avoir vécu cette scène là. Lorsque le bras revint en courbe, elle se prit le fer en pleine tête sur le côté gauche au dessus de l’oreille. (…) Les cheveux roux roussirent d’avantage et devinrent crépus dans une odeur de cochon grillé. Darling en tomba du lit.&lt;br /&gt;- Je vais te faire avorter, moi !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Présentation éditeur &lt;/u&gt;:&lt;br /&gt;Elle voulait qu'on l'appelle «Darling».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle y tenait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour oublier les coups reçus depuis l'enfance, les rebuffades et les insultes, pour effacer les cicatrices et atténuer la morsure des cauchemars qui la hantent. Elle voulait que les autres entendent, au moins une fois dans leur existence, la voix de toutes les «Darling» du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a rencontré Jean Teulé.&lt;br /&gt;Il l'a écoutée et lui a écrit ce roman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un livre unique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«(...) Jean Teulé a tant de talent que, l'histoire de Darling, on la suit, captivé. Comme lui.» Jean-Pierre Tison - Lire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Vertu de l'écriture, grâce du style, miracle d'empathie (...).» Gilles Perrault - Le Nouvel Observateur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;338&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x3ay7q&amp;v3=1&amp;related=1&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x3ay7q&amp;v3=1&amp;related=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;338&quot; allowFullScreen=&quot;true&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x3ay7q_darling_shortfilms&quot;&gt;Darling&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;envoy&amp;eacute; par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/caro8049&quot;&gt;caro8049&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Patrick Eudeline – Soucoupes violentes</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 12 Apr 2008 16:02:10 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;img src=&quot;http://www.itopus.com/images%20site%20/portraits%20images/Eudeline,patrick.jpg&quot; alt=&quot;Eudeline,patrick.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Le pape de la rock critic qui débuta à Best sous l’influence d’Yves Adrien et publie chaque mois sa chronique « la vie en rock » dans Rock&amp;Folk, le Gainsbourg des claviers, le chanteur lunetté vintage qui débuta avec Asphalt Jungle et continue à se produire sur scène (dernièrement, il est apparu au Gibus devant les jeunes générations de baby rockers), le poète rock aux costards Versace, la légende vivante adulée par les écrivains comme Ann Scott et Virginie Despentes, le directeur de collections aux éditions Scali, c’est tout ça Eudeline. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi un écrivain. Son roman « Soucoupes violentes » décrit les hallucinations de Lancelot, un jeune glandeur, cinéaste sans succès et fraîchement largué par son amie. A la terrasse d’un café, Steve Marriot (leader des Small Faces puis d’Humble Pie et icône 60’s) et Alain Pacadis (journaliste et star des nuits parisiennes dans les 80’s) s’assoient à sa table et lui taxent une clope. Puis, lors d’un autre rêve, Lancelot croise de nouveau Steve Mariott en pleine session photographique avec Jimmy Page qui lui conseille de dire à Johnny d’arrêter la coke. L’idole des jeunes meurt le lendemain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://medias.fluctuat.net/livres/20/1967-small.jpg&quot; alt=&quot;1967-small.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Alors, Lancelot se convainc que ses rêves sont prémonitoires. La machine s’emballe lorsqu’il annonce par Internet l’assassinat du Pape et de Phil Collins le lendemain. Une fois de plus, la prédiction s’avère exacte. Il devient une star médiatique et annonce sur un plateau de télévision que « notre civilisation, le monde tel que nous le connaissons, n’a plus de centre, de but. Le monde est comme un … chaudron de sorcières ! Et ce qui se prépare …ça va nous exploser à la figure. Je ne sais pas comment. Je ne sais pas quand mais « eux » le savent. La grande peur de l’an 2000, les sectes qui foisonnent, tout cela, ce sont des signes. Nous avons voulu plier la nature à notre convenance, elle va se révolter. Devant nous, il n’y a plus que … Un grand trou noir. Voilà. »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L’intrigue est surtout l’occasion pour Eudeline de dénoncer le tout-médiatique avide de nouvelles sensations « &lt;em&gt;le médium est le message : l’image de la bête parle, ne se nourrit que d’elle-même &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adepte du name-dropping, il cite animateurs, stars jetables de la TV et des restes de l’industrie musicale. On y fume des Camel allumées avec des Zippo, on marche sur les grands boulevards, traîne dans Montmartre, vêtu d’un « manteau de cuir façon fripe seventies, Ray-Ban mercurisées et cuissardes Charles Jourdan »…  Si l’intrigue new-age est un peu poussive, je ne me suis pas ennuyé car j’ai aimé l’écriture du dandy, pleine de fulgurances, de trouvailles, de pépites linguistiques. C’est aussi un hommage à la science-fiction comme il le souligne « &lt;em&gt;La Science-fiction, cela a été un domaine très très fort dans les années 60-70, qui effectivement a disparu depuis. Moi même, j’ai écrit dans des journaux de Science-fiction, fait des nouvelles et tout ca. C’était important l’édition Optage, Fiction, Galactie; c’était des trucs très cools a aimer. Tous les grands mecs du rock disaient en lire, ils adoraient ca. Mais il y avait une force dedans, parce que le domaine est tellement large. Entre la vieille garde: Asimov, puis les trucs comme Normand Spinrad, Philip Joseph Farmer ou Philip K. Dick. C’est large &lt;/em&gt;». source: gonzai.com&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Extraits&lt;/u&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Trois cent millions de pages Web et mille nouveaux livres chaque jour. La loi vérifiée de Moore prévoit que la puissance des ordinateurs double chaque année. Clusters de computers. Codes génétiques révélés, le secret de la Création reconstitué : Bill Gates comme maître du monde, Antéchrist. Egal de Dieu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Plusieurs faux prophètes s’éléveront, et ils séduiront beaucoup de gens&lt;/em&gt; (Matthieu 24,11).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux cent mille sorcières pratiquantes aux States. Croix à l’envers en prime time sur MTV. Goth, baby, goth ! Show me you’re real! Gamines en larmes et boys bands. Raéliens, adventistes du septième jour, mormons, temple solaire. (…) Politiques, marchands du Temple et chanteurs de charme. Tous sur un même niveau. Et chacun son quart d’heure de gloire ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Jugn3sW204w&amp;hl=en&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/Jugn3sW204w&amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>rock is back</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 06 Apr 2008 07:33:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;img src=&quot;http://sigma.typepad.com/tigerlily_illustrations/images/rnrfdec.jpg&quot; alt=&quot;rnrfdec.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela a commencé par ce mail reçu d'un pote (amateur du groupe Queen - voir note précédente): &quot; &lt;em&gt;Juste pour le fun, nos petits amis de Naast, petit protégés de l'ami Manoeuvre de la soi disant nouvelle scène Française ... pathétique..et consternant !!!. Finalement tiens, je préfère encore la vieille scène ...&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fallait une réponse. Je sautais sur mon clavier, énervé par ce flot d'inépsies et voilà:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, malgré leur jeune âge, ils représentent la vieille scène, Monsieur. &lt;br /&gt;Des années que les jeunes avaient délaissé les guitares/batterie... On sortait de 15 années électro, hip hop, R&amp;B et puis des branleurs ont repris des guitares pour rejouer à l'ancienne des morceaux rock. Ils ont envahi les scènes de l'hexagone, des caves au Gibus. Partout, les jeunes reprenaient le chemin des concerts et le mimétisme a fait que les jeunes rejouaient sur des guitares! Provisoirement au placard, les platines DJ.&lt;br /&gt;Au final, comme dans tout mouvement, il faut virer la majorité des groupes et ne garder que les meilleurs. Ce qui bouge malgré tout, c'est l'existence d'une scène française avec des groupes décompléxés qui chantent en français ou en anglais, indifférement. De mémoire de vieux rocker, je ne me souviens pas d'une telle ébullition de nouveaux groupes français prometteurs: Pravda, Fancy, Brats, Prostitute, Second Sex, Shades, Plasticines, BB Brunes, Hellboy, Parisians, Moonflowers, the Dadds, Gomm, Hushpuppies, ... &lt;br /&gt;Depuis combien de temps, on n'avait pas eu autant de nouveaux groupes ....? Alors même s'il n'ont pas encore mué, ne sont pas trés doués pour la promo et les interviews, s'ils sont maladroits sur scène, j'échange tout Britney Spear contre un simple des Naast. &lt;br /&gt;Non, Monsieur, le rock en France, ce n'est pas Kyo et Luke. Selon M.Merle, producteur d'une compilation de cette nouvelles scène, ces groupes, c'est &quot;&lt;em&gt;de la variété à guitare et pas du rock'n roll, insupportables toutes ces hordes de chanteurs qui sous couvert de faire passer de l'émotion chantent tous les yeux fermés en geignant et se prennent pour des poètes maudits&lt;/em&gt;&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons à des choses simples, directes et efficaces. N'ayons pas ce complexe français de supériorité qui a fait que la majorité des groupes français de ces 20 dernières années étaient particulièrement chiants avec leurs textes au 3ème degré, vachement compliqué et torturé. Prenez Noir Désir, par exemple ... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour démontrer la chose, voici les paroles traduites d'une petite chanson que vous reconnaitrez aisément:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;  Quand je voyage autour du monde &lt;br /&gt;  Et que je fais ceci et que je signe cela &lt;br /&gt;  Et que j'essaie de me faire une fille &lt;br /&gt;  Qui me dit bébé tu ferais mieux de revenir la semaine prochaine &lt;br /&gt;  Car tu vois je suis dans ma période de déveine &lt;br /&gt;  Je ne peux en trouver aucune, oh non non non &lt;br /&gt;  Hey hey hey, c'est ce que j'ai à dire &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;  Je ne peux en trouver aucune, je ne peux en trouver aucune &lt;br /&gt;  Je ne peux trouver aucune satisfaction &lt;br /&gt;  Aucune satisfaction, aucune satisfaction, aucune satisfaction &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors combien de temps, cela va-t-il durer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Rock'n Folk, &quot;&lt;em&gt;cliché en vogue par les temps viciés qui courent, le retour du rock'n roll entamé début 2000 sous la triple égide des Strokes, White Stripes et Libertines, c'est fini, kaput, affaire classée. Désormais la suspiscion est de mise dès que se pointe n'importe quel jeune voyou habillé cuir et jeans déchiré sortant d'un rêve de Hedi Slimane. Nous sommes en 2008. Nous pensons qu'il fait certainement meilleur être Hilary Clinton engagée dans une primaire sans pitié contre Barack Obama que d'être un gamin qui pense qu'il y a encore quelque chose de nouveau à dire sur le front du grage rock revival dans un monde musical en pleine crise d'inspiration&lt;/em&gt;&quot;.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon l'Express: &quot;&lt;em&gt;Certains critiques, mauvais coucheurs, prédisent qu'il ne s'agit là que d'un feu de paille. Et dénoncent ce qu'ils voient comme une tendance de plus, bourgeoise et parisienne. «Et alors?, s'insurge Manœuvre. David Gilmour était fils de chirurgien, Joe Strummer, fils de diplomate, Mick Jagger, fils de bourge. Il faut arrêter avec cette mythologie prolo du rock.» Un coup d'œil sur les affiches - Amiens, Montpellier, Rouen ou La Rochelle… - montre que la province n'échappe pas à la vague. Faisant taire les médisants, tous les groupes sont d'ailleurs en passe de signer avec des maisons de disques, si ce n'est déjà fait&lt;/em&gt;&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour la première fois peut être, les anglais commencent à regarder ce qui se passe en France et non le contraire. Jamais les critiques pour un mouvement auront été aussi vives, les forums brassés autant d'insultes, de perfidie, de montages trafiqués sous Youtube .. C'est bon signe, cela veut dire que le rock revient ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un membre des Buzzcocks interrogé sur le sujet :&quot; &lt;em&gt;A Manchester, il n'y avait aucun groupe quand on a démarré. C'et à ce moment là qu'on a créé notre scène. On a dit &quot;allez tous vous faire foutre&quot;. On va monter notre propre groupe. Donc, je comprends trés bien ce que vous faites&lt;/em&gt;&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/dB0NKsI7DkM&amp;hl=fr&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/dB0NKsI7DkM&amp;hl=fr&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>TOP 5 des meilleures chansons de QUEEN les moins connues (selon Thomas VDB)</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 05 Apr 2008 01:02:00 +0200</pubDate>
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                    Recueilli sur le site de &lt;a href=&quot;http://www.thomasvdb.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Thomas VDB&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://i7.ebayimg.com/01/i/000/c1/d5/a4dd_2.JPG&quot; alt=&quot;a4dd_2.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. &quot;It's late&quot; - News of the world (1977)&lt;br /&gt;Quand je vois des gens qui disent que Queen n'a jamais été un groupe de rock, ça me donne vraiment envie de leur briser les cervicales. Ce titre est un énorme morceau de rock de 500 kgs qui te tombe sur la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. &quot;Seaside rendez-vous&quot; -  night at the Opera (1975)&lt;br /&gt;Ce titre me donne l'impression que je veux vivre dans les années 30. Habituellement, les années 30, pourtant, j'en ai rien à foutre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. &quot;Liar&quot; - Queen (1973&lt;br /&gt;Le meilleur morceau du premier album de Queen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. &quot;Dead on time&quot; - Jazz (1978)&lt;br /&gt;Un des titres les plus rapides de Queen, composé par la main du guitariste Brian May, que j'allais serrer quelques années plus tard (s'il avait su que je lui serrerais la main quand il a écrit le morceau. Vous vous rendez compte?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. &quot;Ride the wild wind' Innuendo (1991)&lt;br /&gt;Un des plus beaux titres de la fin de Queen, enregistré par un Freddy déjà sacrément amaigri. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, il s'agit d'un top 10. &lt;br /&gt;La suite est sur le &lt;a href=&quot;http://www.thomasvdb.com/index2.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;site de Thomas VDB&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réhabilitation tardive de Queen dans ce blog est totalement liée au fait que je passe le WE chez un fan de la première heure du groupe d'opérette métallique à moustache. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>William Boyd – Un anglais sous les tropiques</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 04 Apr 2008 12:29:19 +0200</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vivat.be/images/WilliamBoyd-JerryBauer-02.jpg&quot; alt=&quot;WilliamBoyd-JerryBauer-02.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Morgan Leafy est un notable de l’administration britannique à Nkongsamba, capitale du Kinjanja, état fictif d’Afrique Occidentale. Il s’y ennuie profondément, étirant ses journées entre le rangement de son bureau, son goût pour l’alcool, les prostitués africaines et les soirées entre expatriés qui tentent de reproduire les conventions sociales britanniques.  Son responsable, M. Fanshawe, le charge de corrompre un médecin anglais, le docteur Murray, pour plaire à M. Adekunlé, le leader politique local qui, selon eux, à toutes les chances de remporter les prochaines élections du pays,. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce livre est à la fois drôle, subtil et surtout terriblement ironique. Le pauvre Morgan, anti-héro à l’embonpoint prononcé est attachant. Il se débat, toujours en nage dans la moiteur tropicale, pour se débarrasser d’un cadavre encombrant, aguicher puis  repousser les ardeurs de la fille de son supérieur, soudoyer un fonctionnaire britannique… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.b2d2.net/t/ADULTS/ANGLAIS_SOUS_LES_TROPIQUES.jpg&quot; alt=&quot;ANGLAIS_SOUS_LES_TROPIQUES.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;« Un anglais sous les tropiques » est le premier roman, paru en 1980, de cet auteur, né à Akra dans le futur Ghana. Il y dénonce l’attitude colonialiste des anglais, leur incompréhension devant la montée des autonomistes, leur conception rétrograde de la politique face aux nouveaux responsables politiques africains moins portés sur la corruption, plus malins. On y comprend mieux les mœurs politiques qui ont liés la vieille Europe et certains pays d’Afrique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Extrait &lt;/u&gt;:&lt;br /&gt;&lt;em&gt;A présent, il examinait Dalmire debout près de la fenêtre : chemise blanche, short blanc, longues chaussettes beiges et chaussures de marche marron, bien cirées. Encore une chose, décida Morgan, qu’il méprisait chez ce type : son accoutrement affecté de vieux colonial. Vastes shorts, chemises flottantes en  cellular et cravate de son collège, étroite et discrètement rayée (…) Morgan détestait le spectacle de ces petits genoux gras passant chacun une tête de nouveau-né chauve et ridée entre l’ourlet du short et le haut des chaussettes.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Note de fainéant</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (castor)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 02 Apr 2008 03:27:00 +0200</pubDate>
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                    Manoeuvre, ce n'est pas seulement le jury de la Nouvelle Star, c'est aussi ça:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;307&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x4udge&amp;v3=1&amp;colors=background:DEDEDE;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:B8B3A3;&amp;related=0&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x4udge&amp;v3=1&amp;colors=background:DEDEDE;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:B8B3A3;&amp;related=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;307&quot; allowFullScreen=&quot;true&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4udge_le-mai-68-de-dylan-des-beatles-et-d_music&quot;&gt;Le mai 68 de Dylan, des Beatles et des Stones par Manoeuvre&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;envoy&amp;eacute; par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/micgauredimaur&quot;&gt;micgauredimaur&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/AqlcmePfzDU&amp;hl=fr&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/AqlcmePfzDU&amp;hl=fr&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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